La Ballade des frères Blood (The Blood Brothers' Mother)
Brian Azzarello retrouve Eduardo Risso, son collaborateur sur 100 bullets, pour une quête violente et sauvage où les trois personnages principaux tentent de sauver ce qui reste de leur famille. Des flingues, de la vengeance... Et encore des flingues.
Auteurs argentins DSTLRY Les Comanches
Le Far West de la fin du XIXe siècle. Trois enfants traversent la frontière sauvage du Texas pour secourir leur mère, kidnappée par une impitoyable troupe de hors-la-loi, qui ont aussi assassiné leur père, le pasteur du village. Tout au long de leur voyage, nos héros vont affronter l'hostilité d'une nature impitoyable, des animaux mortels, des chasseurs de primes sans foi ni loi et bien pire encore...
| Scénario | |
| Dessin | |
| Couleurs | |
| Traduction | |
|
Editeur
|
|
|
Genre
/
Public
/
Type
|
|
| Date de parution | 17 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Quand j’ai refermé La Ballade des frères Blood, j’ai eu cette sensation étrange d’avoir lu un western brutal, mais surtout profondément humain. Je m’attendais à une histoire de vengeance ou de survie dans un Far West violent, et au final j’ai surtout découvert un récit bouleversant sur l’enfance confrontée à la cruauté du monde. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont le récit prend trois enfants et les jette dans un univers d’une violence terrible, sans jamais chercher à en faire des héros. Ils avancent parce qu’ils n’ont pas le choix, parce que le monde autour d’eux s’est effondré, et tout au long de leur voyage, on sent que quelque chose se brise en eux. Ce n’est pas seulement une aventure dangereuse, c’est une lente destruction de leur innocence. C’est ça qui m’a touché : derrière le western, j’ai vu avant tout le drame de trois gamins obligés de grandir trop vite. J’ai trouvé que le récit dégageait une dureté incroyable, mais une dureté qui n’est jamais gratuite. La violence est omniprésente, mais elle n’est pas là pour impressionner. Elle sert à montrer un monde sans protection, un monde où l’enfance n’a pas sa place. Et c’est justement ce contraste entre la fragilité des frères et la brutalité du monde qui rend l’histoire aussi forte. Plus on avance, plus on comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes de ce voyage, et cette impression donne au récit une vraie puissance émotionnelle. Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est la relation entre les trois frères. Dans cet univers sale et cruel, leur lien devient la seule lumière possible. C’est ce qui rend l’histoire si poignante : malgré toute l’horreur qui les entoure, il reste cet attachement entre eux, cette volonté d’avancer ensemble. C’est sans doute ce qui donne autant d’âme au récit. Sans cette relation fraternelle, l’histoire serait seulement violente ; grâce à elle, elle devient profondément émouvante. Visuellement, j’ai trouvé l’album magnifique dans sa noirceur. Le dessin porte parfaitement cette ambiance sèche, rude, presque désespérée. Il n’essaie jamais d’embellir la violence ou de romantiser l’Ouest. Tout semble poussiéreux, hostile, étouffant, et cela renforce encore l’impression que ces enfants avancent dans un monde trop grand et trop dur pour eux. J’ai trouvé que cette atmosphère pesante participait énormément à l’impact émotionnel du récit. Ce que je retiens surtout, c’est que La Ballade des frères Blood ne raconte pas seulement une traversée de l’Ouest, mais une traversée de la perte : perte des repères, perte de l’innocence, perte de l’enfance. Et c’est ce qui en fait, à mes yeux, une lecture marquante. J’ai été touché par cette manière simple et brutale de montrer que, dans certains mondes, grandir revient surtout à apprendre la douleur. J’ai vraiment trouvé ce comics puissant, dur, profondément triste, mais aussi très beau dans ce qu’il raconte sur les liens familiaux. Ce n’est pas une lecture facile, mais c’est une lecture qui laisse une trace. Et pour moi, c’est souvent le signe des récits qui comptent vraiment.
Cacal69 compare cet album à Hoka Hey !, ce qui d’emblée place la barre assez haute. Il y a en effet quelques points communs. Des personnages écorchés dont on devine peu à peu les fêlures, des associations éclectiques, un dessin très joli. Mais, malgré ses qualités, je placerai quand même cette « ballade » un peu en deçà de Hoka Hey !. Ma principale surprise vient du dessin d’Eduardo Risso. Vraiment chouette, mais surtout différent de ce qu’il fait la plupart du temps. Pas de Noir et Blanc tranché, mais un travail à l’aquarelle semble-t-il dont j’ai bien aimé le rendu. Quant à l’histoire, elle se laisse lire. Empreinte d’une grande violence, de quelques moments de grâce, d’une belle noirceur aussi, à l’image de cet Ouest lointain, sans pitié pour les idéalistes. Aucun des personnages n’est droit dans ses bottes, la frontière entre Bien et Mal est floue. Le personnage de la Comanche Chouette enragée est sans doute le plus surprenant, sans doute le plus « pur », et c’est sans doute pour ça que les gamins s’attachent à elle… Un western relativement original, à l’ambiance crépusculaire – le soleil rougeoyant ressemblant à la mare du sang de tous ceux qui meurent durant ce récit. Note réelle 3,5/5.
Un western aussi bon, beau et fort que Hoka Hey !. Je sais, je prends un gros risque en commençant de la sorte. Les auteurs de 100 bullets nous proposent une ballade et non une balade. Cette triste histoire est racontée par l'un des trois frères Blood, tel un long poème mélancolique et désabusé à la fin tragique. Il faut avouer que ce Far West ne fera de cadeaux à personne. Pour ne pas te gâcher la lecture - en te dévoilant les rebondissements qui vont parsemer le récit - je vais t'en dire le moins possible, juste faire une présentation des personnages. Les trois jeunes frères Blood vivent avec leur mère et leur père adoptif, un homme de dieu. Des gosses qui vont voir trois cow-boys, trois frères aussi, assassiner leur père adoptif et enlever leur mère. Ces trois cow-boys connaissent cette femme et l'un d'eux pourrait être leur père biologique. Les frangins Blood vont partir à la recherche de leur maman. Des personnages crédibles, complexes et très bien campés. Je vais faire un zoom sur cette femme, elle n'a rien de frêle et soumise, elle ne subit pas les événements, elle fait ce qu'il faut pour survivre. Une seconde mère, au tempérament bien trempé aussi, aura un rôle important, une comanche. Voilà, tu en sais assez. Une histoire touchante et une narration onirique, on va suivre en parallèle ces deux fratries où les liens du sang, mais aussi du cœur seront mis à rudes épreuves, où rien n'est totalement noir ou blanc. Un récit violent, mâture et maîtrisé. La boucle est bouclée avec cette dernière planche : "Je suis le fils de mon père". J'aimais déjà beaucoup le dessin de Risso, mais là, il monte le curseur à un niveau très élevé. L'utilisation de l'aquarelle et le choix des couleurs rendent ce récit immersif, dépaysant et profondément humain. Les cadrages et la mise en page permettent d'être au plus près de l'action et de ressentir les émotions des personnages. Superbe ! De nombreuses couvertures alternatives en bonus en fin d'album, par Risso, Jock, Dave Johnson, Gabriel Ba, Howard Chaykin... Un incontournable de 2025, je persiste et signe : un western aussi bon, beau et fort que Hoka Hey !. Note réelle : 4,5. Gros coup de cœur.
Site réalisé avec CodeIgniter, jQuery, Bootstrap, fancyBox, Open Iconic, typeahead.js, Google Charts, Google Maps, echo
Copyright © 2001 - 2026 BDTheque | Contact | Les cookies sur le site | Les stats du site
© Delcourt 2025