La Dernière CroiZAD
L’alliance improbable d’un noble désargenté avec des ZADistes, pour sauver un territoire.
A priori, rien ne relie Godefroi Valence de Terney d’Argence, propriétaire terrien sans le sou, à Tancrède et son groupe de militants écologistes. Pourtant, la défense d’un terrain familial menacé par l’installation d’une zone commerciale va faire d’eux les meilleurs alliés. Entre charges de CRS rocambolesques et ruses extravagantes pour préserver la nature, cette comédie satirique décalée offre une vraie critique sociale d’un monde en pleine mutation, où la préservation de l’essentiel devient un enjeu vital.
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| Date de parution | 20 Août 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
BD humoristique sur le joli sujet de la désobéissance civile. La plutôt vilaine couverture annonce fort bien la couleur et si le sujet des ZAD sera à l'honneur, il est à craindre que son traitement soit pour le moins léger sinon bien caricatural et dépassionné. De passion idéologique, il ne sera en effet nullement question ici. Si le récit évoque la désobéissance civile, c'est en réponse à un drame intime que les auteurs dénoueront à la manière d'un Zidrou, sous l'angle de la chronique douce-amère, en fin d'histoire, afin de créer un bien artificiel moteur à l'action. L'inversion initiale des stéréotypes de classes sociales et l'humour lié à l'usage du subjonctif imparfait engendrent quelques bons moments de lecture, mais la BD ne parvient généralement pas à pleinement divertir tant la galerie de portraits apparaît bien fade et surtout caricaturale. L'intrigue cousue de fil blanc engendre un léger désintérêt, que les derniers rebondissements, peu habilement développés, ne parviennent à surmonter. Une lecture par moment sympathique, mais probablement bien vite oubliée. Et un auteur, Pelaez, qui déçoit une nouvelle fois ; l'habileté entraperçue dans Neuf semble n'avoir été qu'un heureux concours de circonstances, dommage !
Il ne faut pas chercher ici le réalisme et/ou la critique sociale et politique autour des conflits sociaux ayant donné lieu à la constitution de ZAD, avec une violence policière pour les démanteler – comme a pu le traiter Pignocchi dans La Recomposition des mondes par exemple. Non, s’il y a bien en arrière-plan un conflit et une sorte de mini « ZAD », ça reste du début à la fin trop caricatural, voire loufoque (voir les jets de ruches sur les CRS par exemple) pour être pris au sérieux. Je craignais d’ailleurs que la caricature ne soit trop poussée au départ, avec ce vieux noble péteux et snob, exprimant ses préjugés à coup d’imparfait du subjonctif. Mais finalement Pelaez trouve un certain équilibre, et ne force plus trop le trait par la suite. Reste qu’on est ici dans du feel good où le divertissement prend le pas sur l’aspect politique et social. L’humour gentillet et le casting caricatural se laissant apprivoiser, malgré quelques facilités (autour des enfants du couple de la Haute, mais aussi avec ce happy-end téléphoné), pour une lecture d’emprunt qui passe finalement. Note réelle 2,5/5.
Godefroi et Jeanne-Baptiste, couple d’aristocrates fauchés, mènent une vie paisible et un brin hors du temps dans leur vieux manoir décrépi, entre balades à cheval sur leurs terres et quotidien campagnard avec leurs deux grands enfants. Assez reclus sans être totalement coupés du monde, ils voient leur tranquillité menacée quand Godefroi découvre qu’un promoteur compte bétonner le champ d’à côté. Pour s’y opposer, ils font appel à des voisins militants bien plus ancrés dans le combat anti-système… et montent ensemble une improbable petite ZAD. La Dernière CroiZAD est une satire politique légère, aux allures de vaudeville champêtre. Le récit repose sur une galerie de personnages hauts en couleur, et s’amuse à faire se rencontrer deux mondes que tout oppose : noblesse ringarde et militants alternatifs, unis ici pour une même cause. Le message reste bon enfant : il faut de tout pour faire un monde. Le cœur du récit, c’est Godefroi Valence de Terney d’Argence, un aristocrate aussi ruiné qu’attachant, qui s’exprime dans un français suranné truffé d’imparfaits du subjonctif. Un Don Quichotte à la sauce provinciale, rigide dans ses manières mais fondamentalement bienveillant. Le voir interagir avec des zadistes militants et autres baba-cools donne lieu à des scènes savoureuses, pleines de décalage et de bonne humeur. Graphiquement, c’est soigné : les personnages sont vivants, expressifs, les décors bucoliques bien campés, et l’ensemble respire la légèreté. On est dans l’esprit d’un bon téléfilm de fin d’après-midi, avec ses exagérations assumées et son petit parfum de vacances. Évidemment, il ne faut pas chercher trop de réalisme. Les stéréotypes abondent mais restent sympathiques : le méchant promoteur est caricatural, la ZAD se monte un peu trop facilement, et certains rebondissements (comme l’histoire des amphores) tombent à plat ou sont trop prévisibles. La fin, bien que cohérente, manque elle aussi d’un vrai souffle. Mais malgré tout, j’ai passé un bon moment. Ce n’est pas renversant, ni très crédible, mais c’est drôle, rythmé, et porté par des personnages suffisamment bien écrits pour qu’on les suive avec plaisir. Une lecture divertissante et sans prétention.
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