Là où gisait le corps (Where the Body Was)

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Cette nouvelle plongée dans les tréfonds de l'âme humaine vous est proposée par les spécialistes de la Crime Fiction, Ed Brubaker & Sean Phillips, les auteurs de Criminal, Reckless, Pulp et Fondu au noir.


Auteurs et autrices britanniques Image Comics Les polars de Brubaker et Phillips Points de vue

Une pension pleine de drogués ; une femme au foyer négligée ; une jeune fille qui se prend pour une super-héroïne ; un flic qui veut qu'on le laisse tranquille et un détective privé à la recherche d'une fugueuse. Ces récits et ces tranches de vie s'entremêlent au cours d'un été fatidique. Là où gisait le corps est une histoire d'amour et de meurtre, racontée du point de vue de tous les personnages. Mais qui dit vrai ?

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Mai 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Là où gisait le corps © Delcourt 2024
Les notes
Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)
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14/05/2024 | Alix
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Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Un polar a visages multiples, où chaque personnage donnera son avis sur ce qu'il s'y passe, tandis que la petite banlieue pavillonnaire tranquille sera exposée à de plus en plus de choses qui clochent. La BD est un petit concentré de ces travers de l'Amérique si paisible en apparence, chaque personnage étant pétri de contradiction ou de problématique, tandis que se déploient progressivement les points de tensions qui aboutiront à une finalité tragique. La construction est lente et méthodique, chaque personnage apportant une pierre à l'édifice, en remettant en cause ce que d'autres ont dit ou mettant en lumière des travers de chacun. Le tout avec des petits drames humains qui sont présents à différents niveaux, de la gamine qui est triste de découvrir des voleurs à la femme délaissée qui remet en question toute sa vie. L'histoire est assez triste, la fin où chacun commente la suite a des accents de tragédie où personne n'aura finalement bien vécu ce qu'il s'est passé, tandis que la BD se conclue sur une pirouette un peu forcée mais qui rajoute aux accents de tragédie : tout ceci pour un banal évènement, en fin de compte. Cela dit, la BD n'est pas exempte de tout défaut et personnellement j'ai trouvé que le climax final, ce point de tension qui débarque sort un peu du chapeau et manque clairement de préparation. Il y a des liens qui sont présent avant, mais lorsque j'ai vu la situation et les raisons j'étais assez peu convaincu d'un évènement logique et bien amené. Certes, il y a un aspect camouflé qui est explicable, mais en tant que lecteur j'ai trouvé que ça faisait sortie du chapeau pour justifier la scène. En dehors de ce petit détail qui m'a fait tiquer, le reste de l'histoire est bien menée et tient la route, apportant son lot de surprises et d'Amérique déçue, de vies pas toujours réussies. Une BD qui reste dans le polar noir, malgré son apparence de banlieue gentille, pas une réussite incontestable à mes yeux mais qui tient la route. J'ai surtout aimé ces commentaires de fin, où chacun raconte l'histoire des années plus tard, apportant un autre éclairage sur leur comportement. Plutôt bon, en somme !

20/02/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Une nouvelle collaboration du duo Brubaker/Phillips (trio d’ailleurs avec le fils Phillips à la colorisation), les auteurs sont rodés, fonctionnent bien ensemble, et ont l’habitude d’installer ambiance et personnages dans un univers polar. Même si ici c’est un peu plus original dans la construction du récit – et plutôt décevant me concernant d’ailleurs. C’est une sorte de récit choral, centré autour d’un quartier et d’une dizaine de personnages. Chacun nous livre à tour de rôle sa vision, parlant de lui avant, pendant et après les « événements » ayant amené au « cadavre » gisant sur le sol (donnant le titre et occupant la couverture). L’intrigue se déroule durant les années 1980, plutôt bien retranscrites, et Brubaker parvient à donner de la profondeur à la plupart des protagonistes (à part la commère, qui au final se révèle transparente). Au fil des chapitres, les relations unissant les personnages sont précisées, chacun ayant un petit quelque chose dans sa personnalité ou son histoire d’intriguant (à part le docteur Melville, lui aussi en retrait dans le récit). La construction titille la curiosité, mais si je suis sorti quelque peu déçu de cette lecture, c’est que le côté polar n’est finalement pas très important. Les précédentes collaborations des auteurs, le titre et la couverture faisaient quand même penser à autre chose. Brubaker en joue d’ailleurs en présentant à la fin la clé de l’énigme, prenant à partie la curiosité et l’éventuelle frustration du lecteur. Mais du coup, je me suis dit « tout ça pour ça ? ». Le dessin de Phillips et la colorisation du fiston sont habituels pour eux, du travail efficace et lisible. Et l’album se laisse lire sans problème. Mais j’en attendais sans doute autre chose et du coup j’en suis sorti un peu sur ma faim.

23/08/2025 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

La 4e de couverture nous promet un WhoDunnit, ces enquêtes où le lecteur est amené à rechercher le coupable. Avec le Duo Brubaker / Phillips aux manettes, spécialiste du polar noir (Criminal, ...) c'est plus que prometteur. Et d'ailleurs la carte du quartier et le trombinoscope de personnage au début sont juste parfait pour nous mettre dans l'ambiance. Le début est des plus plaisant, la galerie de personnage qu'on nous présente tour à tour est parfaitement trouvé. On nous raconte sous plusieurs angles le quotidien de ce quartier, les petits secrets des habitants, bref tout ce qu'il faut pour introduire notre enquête. Mais le crime se fait attendre et au fil des chapitres on lit plus une chronique sociale qu'un polar. Des junkies, une histoire d'amour, un couple en déclin, une histoire d'adultère, un faux flic empêtré dans ses mensonges, tout cela est plaisant et bien raconté. L'accent est mis sur les relations humaines, et ça fonctionne très bien. Mais j'avais pas signé pour ça en ouvrant l'album. Il faudra attendre 90 pages avant de voir le cadavre, pour le WhoDunnit on repassera. Cela dit, l'album est plein de qualités, Brubaker a puisé dans ses souvenirs pour nous concocter ce voyage au coeur des années 80. Le résultat offre un bon moment de lecture à l'ambiance très agréable.

19/05/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Le nouveau polar du trio magique Brubaker/Phillips/Phillips m’a beaucoup plu. Brubaker s’éloigne un peu de son style habituel, et propose une enquête de voisinage intrigante mettant en scène une multitude de personnages racontant la même histoire, à savoir les évènements qui ont amené à la découverte d’un corps dans ce petit cul-de-sac habituellement calme. Le ton est très humain, on découvre petit à petit les secrets inavouables du voisinage, les drogués, la petite fille marginale qui fourre son nez dans les affaires des autres, et une aventure extra maritale représentée de façon assez explicite. La narration est aux petits oignons, avec des va-et-vient parfaitement orchestrés, notamment grâce à la mise en couleur judicieuse de Sean Phillips. Tout s’emboite parfaitement, et la fin est bien amenée, logique et satisfaisante. Le début de l’album propose un trombinoscope bien pratique, mais aussi une petite carte du voisinage montrant l’agencement des maisons, preuve de la rigueur narrative employée par l’auteur. J’ai passé un excellent moment de lecture. Pas le meilleur album de ces auteurs, mais un bon cru, assurément.

14/05/2024 (modifier)