Vivian Maier claire-obscure

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Qui était Vivian Maier, cette « nounou pas comme les autres » dont on découvrit à titre posthume le talent immense de photographe ?


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Vivian Maier décède en 2009, à 83 ans, dans le plus grand anonymat. On redécouvre ses photos pleines d'humanité et d'attention envers les démunis et les perdants du rêve américain par hasard dans des cartons oubliés au fond d'un garde-meuble de la banlieue de Chicago. Personnalité complexe et parfois déroutante, femme libre dont le destin s'est écrit entre la France et l'Amérique, elle avait choisi de vivre les yeux grands ouverts.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Janvier 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Vivian Maier claire-obscure © Dargaud 2024
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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01/02/2024 | Mac Arthur
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Bon, j'avoue ! Je finis ma lecture et je ne sais pas trop quoi en penser. En fait, je trouve la narration agréable (le récit se lit très facilement) mais, paradoxalement, les auteurs n’ont absolument pas réussi à me montrer en quoi le personnage de Vivian Maier méritait que l’on s’intéresse à elle. Commençons par les points positifs. En premier, je dirais le découpage des planches, qui leur donne une esthétique très personnelle (les cases sont très souvent carrées et ces carrés peuvent eux-mêmes être découpés en quatre carrés plus petits) tout en proposant une lisibilité sans faille. Ça, c’est vraiment très agréable ! Ensuite vient la fluidité de lecture : les textes sont peu envahissants mais suffisants pour garder mon attention tandis que le dessin, très simple d’aspect, ne me bloque pas dans ma lecture. Malheureusement, pour le positif, ça s’arrête là pour ma part. Côté négatif, le plus gros à mes yeux est le fait qu’alors que cet album est une biographie d’une photographe, il ne propose aucune reproduction de ces fameuses photographies (tout au plus des dessins qui semblent être la retranscription dessinée par Emilie Plateau, dans son style bien personnel, de photographies réalisées par Vivian Maier). Du coup, il m’est impossible de voir en quoi ces photographies sont d’une qualité telle qu’elles méritent que l’on s’extasie devant. Alors, certes, les auteurs insistent sur le fait que ce sont surtout les sujets choisis par Vivian Maier qui font tout l’intérêt de ses photographies mais j’aurais quand même eu le besoin de voir ces fameuses photographies pour pouvoir en juger par moi-même (et devoir faire une recherche par ailleurs me semble être peu pertinent dans le cas actuel). Le deuxième point négatif vient du trait d’Emilie Plateau. Il est de qualité et très personnel… mais je n’y suis pas spécialement sensible. Ces personnages aux très caricaturaux et simplifiés, souvent dessinés de face et semblant se déplacer en crabe (à la manière de ce que certains vieux jeux vidéo proposaient à une époque) me paraissent peu adaptés pour faire passer des émotions. Du coup, je trouve que cet album pêche dans la nécessité de créer une empathie entre le lecteur et les personnages (mais c’est peut-être un sentiment très personnel et d’autres lecteurs, eux, ressentiront cette empathie). Enfin, le parcours même de Vivian Maier ne me semble en rien exceptionnel. Je perçois le fait que ses photographies, par leur nombre et leurs sujets, aient une valeur testimoniale indéniable (aujourd’hui, photographier tout et n’importe quoi est devenu la règle, mais c’était loin d’être le cas avant l’avènement de l’appareil numérique, lorsqu’il fallait ouvrir largement les cordons de la bourse pour acheter les pellicules puis faire développer celles-ci avec la crainte de payer pour des photographies floues, mal cadrées ou sans intérêt), mais je ne vois pas en quoi il s’agissait d’une femme et d’une photographe exceptionnelle. Là, je ne retiens que l’image d’une nounou, souvent appréciée par les enfants dont elle a eu la charge, qui aimait observer et photographier ceux et ce qui l’entouraient, surtout lorsque cela semblait anodin aux autres. Donc voilà, je ne sais trop quoi penser de cet album. Il n’est pas désagréable à lire mais pour que je sois vraiment passionné par son sujet (Vivian Maier), il va me falloir faire des recherches par ailleurs. Je vais quand même dire « pas mal » malgré les différents défauts relevés parce que, après réflexion, je suis tenté d’en savoir plus sur cette photographe, mais c’est quand même très limite.

01/02/2024 (modifier)