Les Veuves électriques
Quand un directeur négligeant transforme sa centrale nucléaire en bombe à retardement, seules les veuves électriques se dressent face à son incompétence. Mais, novices en militantisme, leur combat promet d'être rude...
Énergie nucléaire Environnement et écologie
Un incident dans la centrale nucléaire de Chissouane provoque la mort de trois employés. Les autorités se contenteraient bien d'un hommage bien troussé mais pour les veuves des forçats de l'atome, c'est clair, la centrale doit fermer ! Affiches, tracts, banderoles, rien ne manque... si ce n'est le soutien d'une population aveugle aux évidences et la bienveillance de média en quête d'audimat...
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| Date de parution | 19 Mai 2021 |
| Statut histoire | Série terminée 2 tomes parus |
Les avis
Après la mort de leurs maris lors d'un accident dans une centrale nucléaire, trois veuves décident de lancer un mouvement de contestation qui va rapidement dégénérer en grosse farce médiatique et politique. Entre critique du nucléaire, satire des médias, récupération politique et colère populaire, la série tente de mélanger pamphlet social et comédie absurde. Mais très vite, tout bascule dans une caricature tellement appuyée qu'elle finit par affaiblir complètement son propos. Le problème, c'est que l'album ne nuance jamais rien. Les politiques sont tous des pourris grotesques, les médias des manipulateurs hystériques, les forces de l'ordre des brutes absurdes, les industriels des monstres cyniques, et même les héroïnes passent pour des idiotes dépassées par ce qui leur arrive. Toute la satire fonctionne à coups de gros sabots, avec un humour qui m'a donné l'impression de lire une espèce de caricature de discours militant populiste plus qu'une véritable critique sociale construite. Cela fait parfois penser à une version très lourde d'une satire façon "Les Simpsons", mais sans la finesse, le recul ni le sens du gag qui permettent normalement à ce genre d'exagération de fonctionner. Le récit enchaîne les situations volontairement outrancières autour de la corruption, des chaînes d'info, de la manipulation médiatique, des violences policières ou des intérêts privés, mais avec une telle insistance que cela finit par devenir plus embarrassant que percutant. À force de vouloir dénoncer tout le monde en permanence, l'album tourne souvent à la démonstration forcée plutôt qu'à une vraie comédie mordante.
Tome 1
Les veuves électriques c'est l'histoire du combat mené par 3 femmes qui ont perdu leurs maris dans l'accident de la centrale nucléaire du coin. Elles se retrouvent un peu laissées pour compte, mais elles n'ont pas l'intention d'en rester là et compte bien faire entendre leur voix pour dénoncer tout ça. La trame narrative de la série oscille entre 2 aspects. D'abord il y a un ton un peu militant qui essaye de dénoncer certains travers de notre société avec les problèmes environnementaux, mais aussi le contrôle des médias sur l'image et l'information. De l'autre il y a un ton humoristique avec des situations rocambolesques, des petits jeux de mots ou des traits d'esprits très axé sur la déconne.
C'est plus ou moins efficace. Ce qui est sur c'est que ça donne une lecture légère, vraiment pas prise de tête et très second degré. C'est pas toujours drôle, notamment car certaines séquences sont trop caricaturales. Comme par exemple quand les médias décident de s'emparer du fait divers de la manif et détourne naïvement et involontairement une situation quelconque pour la faire passer pour une agression caractérisée. Un peu trop exagéré pour qu'on rigole vraiment. A coté de ça les personnages de nos 3 veuves sont plutôt bien vu, leurs réactions et leurs idées pour essayer de se sortir de tout ça sont plutôt amusantes. Ça ne se passe bien sur pas comme prévu, et ce lot d'imprévus entraine une surenchère de situations improbables plutôt rigolotes.
Le dessin est efficace, contribuant bien au ton léger et décalé de l'ensemble. En conclusion un premier tome divertissant.
Tome 2
Suite de l'aventure. D'abord sur le plan visuel, le dessin, enfin surtout l'encrage s'est affiné et donne un style plus précis. Si au début c'est un peu déstabilisant car certains personnages secondaires ont l'air d'avoir changé un peu de tête, c'est quand même au final un peu plus esthétique.
Coté scénario c'est par contre décevant. L'humour moyennement drôle basé sur des situations caricaturales redouble d'intensité. Le président qui se comporte comme le larbin de l'oligarque qui a financé sa campagne, l'otage qui se dandine sur la danse des canards avec ses ravisseurs... ça vole vraiment pas haut. Ce qui essaye d'être léger et 38e degré se révèle assez lourdingue au final car c'est comme ça tout le long de l'album. Les mésaventures de nos veuves ne sont même plus tellement le centre du récit. On enchaine les situations clichées et forcées. Tout cela se révèle en fin de compte pas bien drôle. Dommage.
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