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L'Ecole buissonnière

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Ils auraient dû avoir leur bac en 1943. Certains le passeront à la Libération. D’autres n’en auront jamais l’occasion…


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale La Résistance Nouveautés BD, comics et manga

Décembre 1943. Pour Jacques, François et Jean, le baccalauréat est en ligne de mire. Mais une altercation avec un soldat allemand va bouleverser le cours de leur vie. D'autant que les racines juives de Jacques le mettent maintenant en grand danger. Accompagnés de Colette, cousine de François, et avec ce sentiment qu'un étau se resserre inexorablement sur eux, ils fuient vers la Corrèze. Là-bas, leur seule échappatoire est d'intégrer le maquis, et de résister.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Janvier 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Ecole buissonnière
Les notes (1)
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13/01/2021 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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L'Ecole buissonnière raconte l'histoire d'un petit groupe de lycéens durant l'hiver 1943. Alors que le Bac est pour dans quelques mois, ils subissent de plus en plus mal l'oppression exercée par l'occupant allemand et la police sous ses ordres. D'autant plus que l'un de leurs amis a une juive dans ses aïeux et se retrouve sur les listes de la Gestapo. Ils souhaiteraient du coup quitter la capitale, ne serait-ce que le temps des vacances de Noël, pour éviter à leur ami de se faire arrêter et aussi pour se retrouver loin de cette ambiance délétère. L'un des leurs, fils d'aristocrate, leur propose de passer Noël dans son château en Corrèze. Mais déjà qu'il est très difficile de circuler en France sans laisser-passer, les choses se précipitent quand le groupe attire encore plus l'attention sur eux suite à une altercation avec un soldat allemand éméché. Ce récit se démarque de ceux classiques sur la seconde guerre mondiale dans le sens où l'on y suit de jeunes héros qui, à la base, n'ont rien de farouches soldats, d'espions ou de juifs en péril, même si l'un d'eux est considéré comme tel bien malgré lui. Ce sont des adolescents avec les mêmes préoccupations que pourraient avoir ceux de nos jours. Ils pensent à leurs études, à leurs vacances, à leurs amours et à leur amitié... et ce sont les circonstances qui vont les ramener à une rude réalité et finalement - je suis obligé de vous dévoiler une part de l'intrigue - à la Résistance armée. C'est ainsi intéressant de voir comment certains jeunes français sans histoire ont pu devenir des combattants résistants, vieillissant brutalement alors qu'ils risquent soudain leur vie et celles de leurs proches. Le graphisme d'Alain Mounier est très appréciable. Il est peint en couleurs directes pour des planches soignées et agréables. Je lui reproche d'abuser des plans serrés sur les visages pour les nombreux dialogues, ce qui me gêne d'autant plus que certains d'entre eux se ressemblent vus ainsi de près et que j'ai parfois eu du mal à voir qui était qui. Mais pour le reste, les planches sont belles, surtout celles dans les décors enneigés. L'histoire est intéressante et abordée par un angle assez original. Je lui trouve toutefois un côté abrupt dans sa narration qui, si elle n'est pas forcément décousue, se révèle dotée d'un rythme assez haché. On saute parfois brutalement d'une situation à la suivante, comme si on avait manqué un épisode intermédiaire ou comme si les choses se passaient trop vite pour être assimilées. C'est l'effet que ça m'a fait quand les jeunes héros arrivent en Corrèze et se retrouvent en un instant enrôlés dans la Résistance, puis l'impression que dès la nuit suivante ils sont en pleine action armée. Cela reflète sans doute le ressenti des protagonistes qui ont vu leur vie basculer du jour au lendemain, mais cela donne aussi l'impression d'avoir manquer une étape dans la narration pour bien comprendre ses enchainements. Malgré ces reproches, j'ai apprécié l'état d'esprit de cette BD, son dessin de qualité, la plongée réaliste qu'elle permet dans l'atmosphère de cette époque, et l'émotion qu'elle réussit à dégager par moments, notamment sur sa conclusion. On ressent bien l'attachement entre ces jeunes amis, le fait qu'ils ont dû grandir trop vite, que leur jeunesse s'est évanouie brutalement et la peine que cela leur a causé. C'est bien fait et forcément on en vient à se demander comment on aurait réagi à leur place.

13/01/2021 (modifier)