Castelmaure
Mais quel mystère se cache derrière la malédiction de Castelmaure ?
Lewis Trondheim
Lewis Trondheim et Alfred mènent l'enquête dans ce récit choral poétique, dramatique, drôle et graphique aux airs de conte médiéval pour adultes. Depuis plus de vingt ans, le mythographe arpente routes et chemins de tout le pays afin d'en collecter les contes et légendes populaires. Il aime ce travail modeste qui lui fait rencontrer toutes sortes d'affabulateurs et autres baratineurs. Mais s'il est une histoire après laquelle il court depuis toujours, c'est bien celle de la Malédiction de Castelmaure, une légende extraordinaire à laquelle tant de destins sont étrangement liés.
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| Date de parution | 14 Octobre 2020 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Même si le début de Castelmaure m'a légèrement déstabilisé, avec l'impression de passer d'un conte à un autre et de suivre des personnages différents sans lien évident, tout se combine assez rapidement pour former quelque chose de beaucoup plus cohérent. Lewis Trondheim construit progressivement un véritable puzzle narratif où les différentes légendes finissent par se rejoindre autour de la disparition du roi Éric, dans un récit à la fois intelligent, bien construit et plein de multiples originalités. L'album joue avec tous les codes du conte médiéval (le roi disparu, la sorcière, les malédictions, les héritages familiaux, les personnages étranges), mais il ne se contente pas de les aligner. Les histoires racontées par le mythographe Zéphyrin Loreaux s'assemblent peu à peu pour révéler une intrigue plus vaste, avec une vraie logique interne. J'ai apprécié cette manière de raconter une histoire qui semble d'abord partir dans plusieurs directions avant de trouver progressivement son unité. Le dessin d'Alfred accompagne parfaitement cette ambiance de conte ancien revisité. Son trait est maîtrisé, lisible, avec un côté faussement naïf qui contraste bien avec certains aspects plus sombres du récit. Les couleurs participent beaucoup à l'atmosphère, entre enluminure médiévale et imaginaire fantastique, et donnent à l'ensemble un charme particulier. Derrière son apparence de récit médiéval classique, l'album propose une réflexion intéressante sur la famille, l'acceptation de soi et les conséquences des choix des personnages. Et ce qui m'a surtout plu, c'est que l'album assume pleinement son statut de conte. Là où beaucoup de récits modernes cherchent trop souvent la noirceur ou l'ambiguïté, Castelmaure n'a pas peur de proposer une histoire où les choses finissent bien. Et j'aime les contes où tout est bien qui finit bien quand ils le font avec sagesse, sans tomber dans la facilité.
3.5 Ben moi j'ai adoré ce conte même si je comprends les critiques. En gros, l'histoire est bonne et si au début on semble sauter du coq à l'âne, les différentes pièces du puzzle s'emboitent facilement et cela ne devient pas inutilement compliqué. J'ai trouvé que le scénario était prenant, les personnages sont attachants et comme c'est du Trondheim, les dialogues sont très bons. Le dessin d'Alfred est sublime. En fait, le seul reproche que je puisse faire est que ça manque de profondeur. Il y a le strict minimum pour faire une bonne histoire, mais les auteurs auraient pu plus approfondir leurs personnages et allez un peu moins vite. Je mets tout de même 4 étoiles malgré tout parce que j'ai bien aimé cet album que je compte relire souvent.
Trondheim est un touche à tout, qui a déjà réussi à surprendre ses nombreux lecteurs dans à peu près tous les genres (sauf le porno à ma connaissance !). En « vieux routier », il sait mener sa barque et construire un scénario fluide et agréable pour le lecteur. C’est le cas ici, la lecture est rapide (peu de textes finalement), et les différents chapitres permettent de reconstituer le puzzle de cette histoire. Lecture agréable aussi car le dessin d’Alfred – et sa colorisation tranchée – sont à la fois simples et efficaces. Par contre, il m’a manqué dans cette histoire la fraicheur, la surprise, qui d’ordinaire dynamisent certaines productions de Trondheim. En effet, j’ai trouvé l’ensemble un peu trop « retenu ». Bref, une lecture détente pas désagréable, même si je suis resté quelque peu sur ma faim, attendant sans doute autre chose de ce duo. Mais je recommande quand même cette lecture.
J’ai bien aimé l’originalité de ce conte. C’est, je trouve, son gros point fort alors qu’il est quand même difficile d’innover dans ce créneau. Et si le début du récit déroute car il semble dépourvu d’un fil conducteur, les auteurs parviennent rapidement à emboîter les pièces de leur puzzle pour nous offrir un ensemble cohérent et singulier. Le dessin d’Alfred est lui aussi très agréable à lire car très expressif et bien typé. En fait, il ne m’aura manqué qu’un peu plus d’émotion pour passer du « pas mal » au « franchement bien ». Les personnages et leur destin n’ont pas la dimension dramatique nécessaire à mes yeux pour que je m’émeuve de leur sort. Ça reste trop gentil, trop en surface à mon goût mais c’est un chouette album et je ne regrette en rien cette lecture.
Cet album réalisé par deux potes de longue date — Alfred et Lewis Trondheim — ayant eu l’occasion de collaborer sur la série des Donjons et qui lorgne du côté du conte de fées, ne risque pas de révolutionner le genre. Le projet s’avère davantage comme un exercice de style un peu récréatif que guidé par une véritable ambition narrative. On y retrouve quelques codes très classiques : un roi maudit, frappé d’une malédiction qui l’a poussé à quitter son château pour devenir ermite. Poussé par les événements (les retrouvailles avec ses enfants) et les conseils d’une sorcière recluse en pleine forêt, celui-ci finira par affronter l’usurpateur qui a endossé sa couronne. L’histoire comporte quelques passages horrifiques, sans quoi ce ne serait pas tout à fait un conte, mais rien de vraiment traumatisant s’il faut rassurer les plus jeunes. Et si l’on apprécie le trait d’Alfred, capable de s’adapter à des contextes narratifs divers, on se laissera conduire sans problème dans cet univers médiéval un brin caricatural où l’on retrouvera avec bonheur sa part d’enfance, un univers aux couleurs chatoyantes élaborées par Lou et Alfred lui-même. Un album qui peut donc facilement être destiné à un large public, et fournit une occasion opportune de s’échapper, le temps d’une lecture, vers un monde imaginaire où un seul virus sera peut-être à redouter : le confinovirus (ou Confin-20). Il s’agit d’une nouvelle et mystérieuse bactérie renforçant le désir de s’enfermer chez soi pour s’isoler du quotidien peu plaisant qui nous étreint depuis maintenant bientôt un an…
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