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Petite balade et Grande Muraille

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Petite balade et Grande Muraille est d'abord un projet personnel : celui de partir 3 mois à l'autre bout du monde, en Chine !


Carnets de voyages Chine La BD au féminin Pékin

L'autrice Maïté Verjux a ainsi décidé de retranscrire par l'image cette expérience émotionnelle et sensorielle. C'est un roman graphique où Maïté nous raconte avec humour et bonne humeur ses galères dans l'Empire du Milieu et nous livre une expérience unique qui est la communication par le dessin. Les anecdotes amusantes de Maïté en Chine n'auront pas fini de vous surprendre !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Janvier 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Petite balade et Grande Muraille
Les notes (1)
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22/05/2020 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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Petite balade et Grande Muraille est un carnet de voyage en BD dans ce que le genre est devenu d'assez classique. Il raconte le séjour de 3 mois qu'une jeune dessinatrice a passé en Chine, et plus particulièrement à Pékin. Spécificité de celui-ci : elle est partie sur place sans rien préparer ou presque. Elle s'est mise au défi de découvrir tout sur place, se contentant de prévoir à l'avance des cartes dessinées qui lui serviront à pouvoir dialoguer par l'image avec les chinois ne parlant pas anglais. Cette dernière idée n'est pas mauvaise mais finalement très peu exploitée au cours de l'album. Maïté Verjux débarque donc dans un appartement en colocation à Pékin. Ce dernier est assez miteux et surpeuplé mais l'ambiance y est bonne et après quelques jours d'adaptation, elle va finir par s'y plaire et nous permettre de découvrir avec elle une ville complètement dépaysante et parfois même assez incompréhensible pour elle. Plus tard rejointe par une amie qui va passer les deux derniers tiers du séjour avec elle, elle va également sortir quelques jours de la ville pour se rendre à Shanghai, dans les Montagnes Jaunes puis plus tard sur la Grande Muraille et aussi dans une ancienne ville de campagne plus authentique. L'ensemble est mis en image avec le dessin rond et agréable de l'autrice. Elle sortait d'une école de graphisme quand elle a réalisé son voyage et elle se révèle assez douée. Son style n'est pas très original mais il est très sympathique, et on peut voir aux quelques croquis pris sur le vif qu'elle inclut par-ci par-là qu'elle a un sacré coup d’œil et un sacré coup de crayon. Les couleurs, dans les tons roses et bleus, sont également harmonieuses et bien plaisantes. Sur la forme, l'autrice se livre en narratrice de son quotidien, n'hésitant pas à montrer son propre côté assez pitoyable ou ridicule quand elle fait preuve de son ignorance, de son angoisse ou de sa naïveté. J'ai par contre été un peu agacé par sa décision d'utiliser l'écriture inclusive dans sa narration. Il s'agit d'une forme d'écriture modifiant la langue française pour prôner l'égalité homme-femme et faire en sorte que le masculin ne l'emporte pas sur le féminin. Dès qu'elle parle d'un groupe mélangeant hommes et femmes, elle utilisent le pronom personnel iels et des adjectifs se terminant en i.e.s. Si l'intention est bonne, c'est assez pénible de se faire sortir du récit à chaque fois qu'elle utilise cette forme d'accord du genre car cela choque le lecteur habitué aux règles standards de la langue française qui se voit imposer dans un récit de voyage n'ayant rien à voir un certain militantisme politique orthographique. On peut d'ailleurs dire la même chose de ses rappels réguliers qu'elle est pesco-végétarienne (elle ne mange que des fruits et légumes et parfois du poisson) qui n'est pas sans s'apparenter à ces vegans qui rappellent sans arrêt qu'ils sont vegans, même si effectivement le régime alimentaire est une donnée importante dans un voyage en terre très étrangère. Hormis ces détails qui m'ont un peu empêché d'être complètement plongé dans ce séjour dépaysant, j'ai trouvé la lecture sympathique. Je connaissais déjà Shanghai et au vu de la plutôt bonne justesse dans la manière dont elle présente la ville dans son récit, j'imagine que sa vision de Pékin est aussi juste et du coup ça ne me donne vraiment pas envie d'y aller, contrairement à Shanghai qui m'a bien plu. Son appartement en colocation notamment a l'air franchement miteux, surtout ses toilettes que j'aurais trouvées ignobles, même si elle indique que ce sont loin d'être les pires qu'elle a croisées lors de son séjour. Ça n'a pas eu trop l'air de la déranger ceci dit et elle ressort plutôt heureuse de son voyage, ce qui n'est donc pas désagréable et permet au lecteur de partager avec elle un séjour dépaysant et souvent très instructif sur la manière de vivre et de penser de la société chinoise très différente de celles des occidentaux.

22/05/2020 (modifier)