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Le Mahâbhârata

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Cette épopée foisonnante et démesurée est à l’origine de mille croyances et légendes qui irriguent l’âme indienne et inscrivent le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes.


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Ce « grand poème du monde » raconte la longue et furieuse querelle dynastique qui opposa deux clans de cousins à 5 contre 100. Il compte seize personnages centraux dont Krishna, avatar divin descendu sur terre, qui apparaît là pour la première fois dans la mythologie indienne et qui n’a encore rien de l’enfant espiègle ou du joueur de flûte qu’on connaît. C’est lui qui apporte néanmoins la Bhagavad-Gîta où il exprime l’amour divin pour l’homme. Cet inépuisable poème épique traite de religion, de politique, de sociologie, de loi, de morale, de cosmologie tout autant que de délivrance, but ultime de la condition humaine selon la tradition indienne.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Octobre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Mahâbhârata
Les notes (2)
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12/01/2020 | Ro
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Par Kadath
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Kadath

Avant de noter ce Mahabharata 5 étoiles, je me suis posé la question de savoir ce qu’est une BD culte. Une BD culte ce peut être une BD qui révolutionne un genre et qui marque son époque. Ce n’est peut-être pas le cas ici. Mais une BD culte c’est aussi une BD qui vous reste dans la tête longtemps après sa lecture. Une BD qu’on prend plaisir à rouvrir. Pas toujours pour la relire intégralement (cette BD fait quand même 440 pages) mais pour relire des passages, pour admirer certaines planches, certaines cases. Car le dessin de Jean-Marie Michaud est ici excellent, avec une belle construction de planches très dynamiques et variées et, de temps à autre, de superbes planches en pleine page. Le dessin est réalisé en couleurs directes sur du papier kraft et les planches laissent apparaître cette texture du kraft par endroits au gré des planches. Le Mahabharata est un livre dont le narrateur est également personnage et géniteur de la famille de rois et de héros qui vont s’affronter sous le regard des Dieux du panthéon indien (sous leurs regards mais aussi manipulés par Krishna...) Le fait de faire apparaître dans les planches la texture du papier n’est donc, je pense, pas innocent et illustre les liens étroits entre le livre / la réalité, le narrateur / le géniteur / le personnage... je trouve que c’est vraiment très bien vu ! Avant ma lecture je ne connaissais rien du Mahabharata et je n’avais pas lu non plus le livre de Jean-Claude Carrière, dont la BD est adaptée. Je ne sais donc pas à quel point cette adaptation est fidèle (que ce soit au livre de Carrière ou à l’immense fresque indienne). Pour son Mahabharata, Carrière voulait rendre accessible la trame narrative principale en faisant abstraction de nombreuses trames secondaires. L’adaptation en BD de Jean-Marie Michaud est effectivement très fluide et réussit à rendre accessible une partie de cette mythologie. Dans les premières planches, l’auteur parvient à faire passer avec humour une présentation des nombreux personnages qui aurait pu être rébarbative. Et après cette présentation, nous voilà embarqués dans une grande fresque mythologique, d’une mythologie que je ne connaissais pas... et personnellement, je n’ai pas lâché le bouquin jusqu’à la dernière page. Comme Ro, j’ai noté les anachronismes. J’ai particulièrement apprécié cette partition de Jean-Sebastien Bach, au chevet d’un Krishna endormi... tout cela donne une dimension intemporelle à l’histoire... Lecture vivement conseillée à tout amateur de mythologie, de grandes épopées, de culture indienne, ... En fait je conseillerais même à tout amateur de BD !

22/05/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Le Mahâbhârata est une grande épopée indienne datant du 4e siècle avant notre ère et racontant une fresque épique mêlant mythologie, saga familiale et guerres grandioses. Aux yeux des Hindous, elle a probablement la même valeur que l'Ancien Testament pour les religions du Livre, que l'Illiade pour les anciens Grecs ou que le Kalevala pour les Finlandais. Ce n'est pas le récit de l'origine des Dieux Hindous et de leur mythologie, mais c'est bien un récit impliquant les dieux et plus précisément Krishna, l'avatar de Vishnu, quand il s'est mêlé des affaires des premiers hommes et de leurs royaumes. Il met en scène une famille, les descendants du premier grand "roi du monde" Indien. L'introduction nous permet de découvrir les parents et circonstances qui ont amené à la naissance de deux fratries cousines, celles des 5 frères Pandavas et de leurs antagonistes, les 100 frères Kauravas. Autour d'eux gravitent bien d'autres héros dans une fresque où les trahisons, les combats, les malédictions, la fatalité et le destin forment la trame de fond. Tous ces récits ont pour objectif de mettre en scène le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes. A la base, le Mahâbhârata est un gigantesque poème, 10 fois plus grand que la Bible dit-on. L'écrivain Jean-Claude Carrière l'a clarifié, modernisé et résumé dans un livre pour qu'il soit plus accessible aux lecteurs occidentaux de nos jours. C'est cette version que Jean-Marie Michaud adapte ici en bande dessinée pour la rendre encore plus accessible. Et je les en remercie tous les deux car sans cela je pense que ce récit énorme me serait resté inconnu. L'album fait près de 450 pages. Il est composé de 5 chapitres qui sont autant d'étapes cruciales du récit, le premier racontant les complexes relations familiales et divines ayant amené à la naissance de tous les personnages, puis les suivant la mise en place de la rivalité entre les deux fratries cousines, et la dernière moitié de l'album raconte l'inévitable guerre qui finit par les opposer pour de bon sur un champ de bataille homérique. Une telle quantité d'informations aurait facilement pu être totalement indigeste. Et le premier chapitre reste un peu dur à avaler car les protagonistes sont vraiment nombreux, leurs noms indiens difficiles à retenir pour un occidental, et on aurait pu s'y perdre. Pourtant, les auteurs ont réussi à rendre cela suffisamment clair pour que la base du récit et de ses personnages soit bien posée. Et comme la suite de l'histoire est plus linéaire, cela devient plus simple à lire. Il s'y passe tout de même énormément de choses mais on la parcourt comme on suivrait une gigantesque fable, un récit où la magie et les prophéties sont légions entraînant les protagonistes dans un tourbillon de péripéties et d'épreuves à surmonter. Le dessin de Jean-Marie Michaud est tout à fait plaisant, clair, soigné et dynamique. Sa narration est vraiment moderne, avec certains détails anachroniques qui peuvent surprendre par leur incongruité ou leu côté léger presque humoristique mais qui se fondent finalement bien dans le décor pour rendre les choses plus accessibles aux lecteurs modernes. Ça se lit donc très bien malgré la densité des événements racontés et le côté indigeste qui aurait pu forcément en découler. Je reste tout de même circonspect sur le concept de Dharma, sur la morale de cette histoire et sur le message que Krishna et d'autres personnages clés tentent de faire passer. On sent qu'il y a là un discours philosophique sur la destinée, sur la merveille de vivre en sachant que la mort existe et sur le fait que toute chose a sa place dans le monde, mais je n'ai pas réussi à le comprendre pour de bon. Les textes métaphysiques, notamment ceux de la Bhagavad-Gita, discours de Krishna, poème central du Mahâbhârata et considéré comme un "abrégé de toute la doctrine védique", me sont restés abscons. Quant à l'histoire, même si on y retrouve un côté épique et un sens de la fatalité rappelant fortement l'Illiade et la mythologie grecque que j'apprécie grandement, elle me touche moins et me parait moins belle et fascinante, car je la trouve souvent trop confuse. Mais c'est inhérent à l'oeuvre originelle et pas à son adaptation ici réalisée. Celle-ci est de très belle facture, claire et très accessible, donc je salue grandement la réussite des auteurs.

12/01/2020 (modifier)