Karoo

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Véritable succès littéraire lors de sa parution en France, Karoo trouve avec Bézian l’interprète idéal. Son style puissant et raffiné transcende proprement les intentions narratives du roman de Steve Tesich.


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Fumeur invétéré et alcoolique notoire, Saul Karoo aborde la cinquantaine séparé d'une femme qui le méprise et père d'un fils adopté qui aura grandi trop vite pour lui permettre d'établir un véritable dialogue. Script doctor au service d'Hollywood, on le croit cynique et dépourvu de talent. Aussi, quand l'opportunité de réécrire le scénario de sa propre vie se présente, il n'hésite pas un instant...

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Septembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Karoo
Les notes (1)
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03/10/2019 | Jetjet
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Par Jetjet
Note: 3/5
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Afin d'être très clair dans mon raisonnement, je dois d'abord confesser que je ne connaissais absolument pas ni même de nom le livre éponyme de Steve Tesich dont Bezian réalise ici l'adaptation. Avec ses codes graphiques si caractéristiques, l'auteur d'Adam Sarlech se l'est visiblement approprié. Usant d'un cadrage indomptable et d'une bichromie impeccable, le trait se veut épuré mais stylisé. Le découpage est audacieux cherchant à couper tout repère rassurant à un lecteur désemparé mais curieux de bien connaître où toute cette odyssée américaineval'emmener. Saul Karoo est un script doctor renommé à Hollywood. À lui donc de découper et de charcuter des films sans potentiel commercial pour en faire des succès destinés aux salles obscures. La cinquantaine bien tapée, en plein divorce et aussi cynique qu'alcoolisé, Karoo doit gérer une profession qui ne lui apporte plus de satisfactions, une ex-femme rancunière et un fils adoptif qu'il ignore. C'est par le biais d'un nouveau projet à remodeler qu'il reconnait la génitrice naturelle de son rejeton. De ce second rôle effacé, il veut la replacer au cœur du film et renouer ces liens inconnus entre jeune mère célibataire et son fils Billy, cet homme effacé et rejeté. Difficile d'en raconter davantage tant le parti pris de ce surprenant ensemble graphique agit en suggestions. Si les dessins sont superbes, Bezian peut nous perdre dans de longues joutes verbales ou ambiances délétères. L'histoire est simple mais il est difficile de s'attacher à Karoo, personnage méprisable reflétant une certaine Amérique désabusée mais aisée. La conclusion peut être surprenante mais l'ensemble manque un peu d'émotions. Je n'ai pu m'empêcher de penser au méconnu L'Ombre de moi-même de Petit Roulet et Martiny qui dressait également le récit d'un vieux bourgeois français cynique et dont j'ai apprécié chaque versant. En tant qu'objet purement graphique, Karoo est une tuerie mais m'inciterait davantage à lire le roman original tant il me manque quelques clés pour pouvoir apprécier le talent de Bezian à sa juste valeur sur une histoire finalement nébuleuse.

03/10/2019 (modifier)