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Portrait d'un buveur

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Guy est un pirate, et de la pire (la vraie) espèce : sans état d'âme, sans morale, sans couilles. Un obscur membre d'équipage, menteur comme il respire, ivrogne, voleur, paresseux.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Aire Libre Pirates

Guy est un pirate, et de la pire (la vraie) espèce : sans état d'âme, sans morale, sans couilles. Un obscur membre d'équipage, menteur comme il respire, ivrogne, voleur, paresseux. Loin des mythes littéraires ou des images de cinéma, Guy est un authentique gibier de potence, un horrible spécimen dont ne parlent pas les livres d'Histoire et qui s'approche pourtant davantage de la figure véridique du pirate que ses ersatz habituellement répandus dans la culture. Et Guy nous raconte son histoire, sa terrible et fastidieuse poésie entre bagarres, batailles et bitures, à courir les jupons, à rouler sous les tables et à trancher des cous.

Scénaristes
Dessinateurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Février 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Portrait d'un buveur
Les notes (1)
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18/02/2019 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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Cet album raconte l'histoire d'un homme, plus particulièrement d'un poivrot complet, un alcoolique sans aucune morale vivant aux alentours du 18e siècle. Commençant son récit comme un clochard aviné, jeté hors des bars car agressif, perturbateur et sans gêne aucune, il assassine crapuleusement un riche bourgeois et doit s'engager comme charpentier à bord d'un navire commercial pour échapper à la justice. Quand celui-ci se fait aborder par des pirates, le pochard, non sans avoir au préalable commis quelques méfaits supplémentaires, réussit à se faire intégrer dans l'équipage de coupe-jarrets. On y suit un véritable anti-héros. Le gars est détestable : égoïste, assassin, voleur et amoral. On le suit avec une certaine fascination pour savoir si une quelconque Justice Divine va enfin éventuellement s'abattre sur lui. Ou s'il va finalement se repentir, faire quelque chose de bien, de valable de sa vie. Ou s'il va continuer à s'enfoncer dans sa médiocrité haïssable. Olivier Schrauwen et le duo Ruppert et Mulot le mettent en scène dans une ambiance semi-onirique, avec les âmes des victimes du buveur qui continuent à l'observer et à commenter ses actes depuis les rideaux de la réalité. Ou bien encore quand ses hallucinations de délirium tremens en viennent à se mêler à la réalité. Sur le plan graphique, c'est un surprenant mélange des styles des trois auteurs, car on a parfois l'impression de lire du pur Schrauwen et parfois du pur Ruppert et Mulot. Contrastant avec des mises en page travaillées, les planches semblent juste croquées, volontairement laissées sans finition, avec des personnages aux visages souvent vidés, n'offrant régulièrement rien d'autre qu'une bouche voire rien qui ne puisse leur donner une âme. Mais de ces choix graphiques et de couleurs des auteurs se dégage une esthétique poétique surprenante. De même sur le plan de l'ambiance, nous sommes là encore dans un cocktail où l'on retrouve les univers des trois auteurs. Au réalisme poisseux et un peu halluciné du premier se mêlent le cynisme et l'acidité des deux autres. C'est une lecture étrange, un peu dérangeante, où l'on suit un personnage malsain qu'on se prend rapidement à détester. C'est aussi une lecture tristement réaliste derrière son voile hallucinatoire, et une histoire à la conclusion pragmatiquement déprimante.

18/02/2019 (modifier)