S.O.S. Bonheur (Saison 2)

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

En 1988 paraissait, dans le tout neuf label "Aire Libre", le premier tome de SOS Bonheur, une suite de fables dystopiques qui mettaient à nu les angoisses de la société d'alors. Presque trente ans plus tard, nos craintes ont-elles changé ? C'est la question que pose aujourd'hui Stephen Desberg avec cette nouvelle saison, à la fois hommage et mise à jour de l’œuvre initiale de Jean Van Hamme. A voir aussi : S.O.S. Bonheur


Aire Libre Anticipation Dictatures et répression Racisme, fascisme

En 1988 paraissait, dans le tout neuf label "Aire Libre", le premier tome de SOS Bonheur, une suite de fables dystopiques qui mettaient à nu les angoisses de la société d'alors. Presque trente ans plus tard, nos craintes ont-elles changé ? C'est la question que pose aujourd'hui Stephen Desberg avec cette nouvelle saison, à la fois hommage et mise à jour de l’œuvre initiale de Jean Van Hamme. Pour répondre à cette question, Stephen Desberg dessine dans ce triptyque les contours d'un monde régi par les penseurs d'extrême droite, un univers dominé par l'argent, les valeurs morales réactionnaires, la figure du mâle ou encore la préférence nationale. En suivant le quotidien de personnages plongés dans ce futur qui risquerait un jour de devenir le nôtre, Stephen Desberg met en exergue les dérives de nos sociétés.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Novembre 2017
Statut histoire Série en cours (prévue en 3 tomes) 2 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série S.O.S. Bonheur (Saison 2)
Les notes (1)
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13/12/2018 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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La série SOS Bonheur avait marqué les lecteurs de BD par les idées dystopiques qu'elle mettait en scène et par sa conclusion où elle remettait tout en question dans un retournement de situation aussi inattendu qu'amer. Mais ça, c'était il y a près de 30 ans puisque le premier tome était paru en 1988. Aujourd'hui, Stephen Desberg reprend le flambeau de Jean Van Hamme pour réaliser une nouvelle saison de cette série à succès, avec toujours Griffo au dessin. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Cette saison 2 ressemble énormément, voire probablement trop, à la première. Le dessin de Griffo y semble dater à nouveau des années 80. Son trait est différent d'à l'époque, un peu plus lisse et moderne, mais il parait pourtant désuet, démodé, à l'image des couleurs qui les accompagnent, ternes et sans saveur. Est-ce un choix volontaire que de vieillir son style ? De l'enlaidir presque, dirais-je ? Est-ce pour donner l'impression que les planches ont été dessinées à la même époque que la série originale ? Soyons clair, ce n'est pas laid, et la mise en page est réussie et efficace. Mais ce même Griffo qui avait su me séduire complètement avec son dessin dans Monsieur Noir ou La Pension du docteur Eon ou même plus récemment dans le premier tome de Abymes, me déçoit ici fortement. Le premier volume comprend 6 histoires courtes mettant en scène autant de groupes de personnages différents. Comme pour la série originale, chacune aborde un thème en particulier et dénonce une injustice. Et comme pour la série originale, même si ce n'est pas évident en première lecture, toutes se déroulent dans le même monde, la même France dystopique. Il s'agit d'une France tombée sous la coupe d'un gouvernement d'extrême-droite, ouvertement xénophobe, autoritaire, se fondant sur une morale chrétienne réactionnaire, cachant tous ses défauts derrière un masque d'hypocrisie et sous-traitant tous les services autrefois publics à des sociétés privées corrompues. Chaque histoire parvient à ses buts en matière de dénonciation et de démonstration de l'injustice et de l'horreur de cette société fictive. On regrettera cependant le côté assez basique et stéréotypé de cette dystopie presque caricaturale, comme on en a vu déjà énormément dans nombre de publications de science-fiction et d'anticipation. De même, le comportement souvent trop naïf des différents héros, qui semblent tomber de la dernière pluie alors qu'ils vivent dans ce monde depuis des années, amènent à des situations trop attendues et trop téléphonées. En définitive, même si elles sont toutes correctes et bien racontées, j'ai ressenti un peu trop de déjà-vu dans ces différentes histoires, ce qui s'ajoute au graphisme désuet et à l'ambiance qui parait être d'une autre époque. Cela ressemble plus à une redite à peine mise au goût du jour du SOS Bonheur initial qu'à une véritable nouveauté sensée innover un peu ou apporter sa touche personnelle. Mais comme la série originale était surtout marquante par la force de sa conclusion, peut-être que celle-ci saura aussi trouver de quoi étonner le lecteur et remonter mon opinion à son sujet. A voir puisqu'il va falloir attendre encore 2 tomes.

13/12/2018 (modifier)