Murderabilia

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 9 avis)

Découvrez la collection des objets ayant appartenu à des sérial killers


Auteurs espagnols Collectionneurs Les prix lecteurs BDTheque 2015 Serial killers

Malmö Rodriguez a vingt trois ans il glande chez ses parents et se rêve écrivain. Après le décès de son oncle, il recueille ses chats et entreprend un long voyage avec eux. Les chats que transporte Malmö sont destinés à un collectionneur d'objets ayant été en relation avec des meurtres sordides. Il faut dire que les chats ont bouffé l'oncle de Malmö. Dans le village où vit le collectionneur, Malmö va peu à peu sympathiser avec le collectionneur et découvrir sa fibre littéraire... entre autres choses.

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 12 Mai 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Murderabilia © Rackham 2015
Les notes
Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 9 avis)
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26/09/2015 | sloane
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Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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J’avais déjà beaucoup aimé Cendres du même auteur, mais « Murderabilia » m’a encore plus enthousiasmé. L’histoire est vraiment originale, et glauque au possible. Je ne connaissais même pas le terme « Murderabilia » (contraction des mots anglais « muder » et « memorabilia » - voir Wikipédia), cette activité qui consiste à collectionner des objets en rapport avec des meurtres connus. Le lieu de l’action, une petite bourgade isolée américaine remplie de dégénérés, complète le tableau pittoresque. La narration est parfaite, l’intrigue est prenante et bien construite, les personnages intéressants (notamment le « héros » et le collectionneur), impossible de refermer l’album avant le dénouement final. Ce dernier est bien vu et a réussi à me surprendre. Le dessin est très stylé, simple en apparence, mais finalement assez détaillé, et les couleurs sont vraiment belles, et contribuent grandement à l’atmosphère de l’histoire. J’adore l’alternance de toutes petites cases et de cases plus grandes. Et puis quelle couverture ! Une réussite totale, et un coup de cœur !

09/02/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Malmö Rodriguez, apprenti écrivain de 23 ans, se rend dans un trou perdu pour vendre à un collectionneur tordu deux chats ayant appartenu à son oncle. Ce dernier était mort seul dans sa maison et son cadavre ne fut découvert que plusieurs jours plus tard, grignoté par ses adorables félins. Par un concours de circonstances et par le peu de perspectives d'avenir que la vie a à lui offrir par ailleurs, Malmö reste dans les environs du collectionneur et entame une relation avec la tenancière du motel du village où il commence à travailler. Parallèlement, il se lie d'amitié avec le collectionneur et entreprend de faire l'inventaire de sa collection d'objets morbides ayant appartenu à des serial killers et autres détraqués. Il découvre vite que les autochtones ne tiennent pas l'homme en haute estime car il a racheté une maison où a eu lieu un massacre, le clou de sa collection. Ne vous laissez pas tromper par le trait rondouillard et les couleurs douces d'Alvaro Ortiz, Muderabilia est un album féroce, qu'il est difficile de lâcher une fois entamé. Exploitant le goût du morbide tapi en chacun de nous, il nous explique jusqu'où peut mener cette fascination. Un album vénéneux.

22/01/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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En attaquant cette BD au graphisme à la fois minimaliste et sophistiqué, impossible de s’attendre à un scénario aussi élaboré, aussi captivant. En effet, lorsqu’on feuillette les pages avant lecture, la mise en page, certes originale, donne à penser qu’on a davantage affaire à une production expérimentale. Et pourtant, si les cases, la plupart du temps de la taille d’un timbre poste, peuvent laisser dubitatif, le procédé finit par fasciner. De sa ligne claire concise et stylisée, Álvaro Ortiz parvient avec un minimum d’effets à exprimer parfaitement ce qu’il veut dire et montrer. Entre le brun et le rose, les couleurs désaturées contribuent à renforcer l’atmosphère malsaine avec une certaine élégance. Du grand art. Quant au scénario, il consiste en une sorte de mise en abyme puisque le narrateur est lui-même un jeune écrivain en quête d’une bonne histoire, et c’est la sienne qu’il raconte ici, une histoire qui changera sa vie à jamais. C’est en acceptant de vendre les chats qui ont dévoré son oncle à un collectionneur d’objets morbides, dont la plupart ont appartenu à des tueurs en série, qu’il va provoquer le destin. Alors qu’il se rend dans le village où habite le collectionneur, en plein cœur de l’Amérique redneck (on ne sait pas où exactement, l’auteur ayant pris le parti de rayer les noms de lieux), il va se retrouver très vite impliqué dans une ignoble affaire de meurtre. L’atmosphère inquiétante de cette ville quasi fantôme au passé industriel contribue un peu plus à happer le lecteur, déjà captivé par un récit qui monte progressivement en puissance jusqu’à un climax pour le moins inattendu. L’auteur reprend avec subtilité le thème de l’étranger – cet autre si étrange -, désigné à la vindicte populaire à cause de sa différence, en l’occurrence ici le collectionneur. Hollywood ayant souvent exploité cette Amérique en déshérence dans le registre du thriller horrifique ("Massacre à la tronçonneuse", "Délivrance"…), c’est peu dire qu’on imaginerait parfaitement cette histoire adaptée au cinéma. On ne peut que féliciter les Editions Rackham d’avoir découvert ce jeune et prometteur auteur espagnol, qui signe ici son deuxième album après Cendres.

30/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Ne mégotons pas ; franchement bien et coup de cœur pour cette BD. Mais prenons les choses dans l'ordre. Publiée chez Rackham éditions, cette histoire se présente dans un joli petit format avec un soin tout particulier accordé à la couverture et son dos tissé. Déjà auteur de Cendres, l'espagnol Alvaro Ortiz n'en n'est donc pas à son coup d'essai et l'on retrouve ici son trait simple voire naïf, le tout teinté d'humour un peu noir et qui fait mouche. Du dessin je ne dirai pas grand chose d'autre sinon que, si, tout cela n'est pas très fouillé, mais là n'est pas l'essentiel. Notre héros s’appelle Malmö Rodriguez et vit encore chez ses parents, il ne fait pas grand chose de ses journées et se rêve en écrivain. Son oncle décède, il récupère les chats de celui-ci et entreprend un voyage pour les vendre à un mystérieux collectionneur. Pas de spoil mais il faut savoir que ce collectionneur est un accro aux objets ayant été en relation avec des sérial killers. Après la transaction, Malmö loupe son car et se voit contraint de passer la nuit au motel où il entame une relation avec la patronne et décide de rester dans ce bled paumé. Peu à peu, il en vient à fréquenter de plus en plus le collectionneur qui lui raconte l'histoire des objets qu'il expose partout chez lui. La vocation d'écrivain de Malmö peut s'épanouir, il va rédiger le catalogue de la collection. Vous en dire plus serait gâcher le suspense qui, s'il n'est pas insoutenable, révèle tout de même son lot de surprises et mérite qu'on le découvre peu à peu. Pour écrire son scénario, A. Ortiz s'est appuyé sur une solide documentation sur les meurtriers en série et plus particulièrement ces collectionneurs qui de par le monde sont à la recherche d'objets insolites. Ne vous attendez cependant pas à une thèse savante sur le profil de ces tueurs, l'accumulation de ces objets aurait même de quoi faire sourire, ("collectionite" quand tu nous tiens !). Dans ce village un brin paumé de ce qui pourrait être le Middle West, les mentalités ne sont pas particulièrement évoluées et le drame jamais bien loin. Tranquillement, pourrait-on dire, les choses se mettent en place et le twist final est tout ce qu'il y a de savoureux même si on le sentait poindre. Au final, nous sommes devant une BD qui n'a pas l'air de grand chose mais qui se révèle plus subtile qu'il n'y paraît pour le plus grand bonheur du lecteur. Vous êtes donc fortement invités pour une lecture plus que sympathique.

26/09/2015 (modifier)