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Jacques Prévert n'est pas un poète (Prévert, inventeur)

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Biographie de Jacques Prévert.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles 1930 - 1938 : De la Grande Dépression aux prémisces de la Seconde Guerre Mondiale 1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale 1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Biographies Cinéma Le Surréalisme Milieux artistiques Paris Poètes et poésie

Envoyé à 21 ans en Turquie pendant son service militaire, Jacques Prévert y fait la connaissance de Marcel Duhamel. De retour à Paris, ils s'installent dans le quartier de Montparnasse qui va devenir le coeur de l'avant-garde des années 1920. Entre petits boulots et fêtes enivrantes, Prévert fait la connaissance d'Aragon, Breton, Desnos, avec lesquels il écrit quelques-unes des plus belles pages du surréalisme. Mais la politisation de Breton ébranle le groupe d'amis. Viscéralement indépendant, Jacques Prévert prend ses distances vis-à-vis d'un mouvement avec lequel il ne va pas tarder à rompre et fait de nouvelles rencontres déterminantes, notamment avec Giacometti et Pierre Batcheff. S'ouvre alors pour lui une nouvelle carrière de scénariste. On retrouve, au fil de cette évocation littéraire et graphique de la jeunesse de Prévert, la patte d'Hervé Bourhis et de Christian Cailleaux, auteurs dans la collection « Aire Libre », de "Piscine Molitor". À travers ce portrait juste et très documenté (les auteurs ont eu accès aux archives de la famille Prévert), c'est aussi le foisonnement intellectuel et artistique du Montparnasse des années 1920 qui nous est conté.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Septembre 2014
Statut histoire Série terminée (Fin disponible uniquement dans l'intégrale) 1 tome paru
Couverture de la série Jacques Prévert n'est pas un poète (Prévert, inventeur)
Les notes (3)
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15/09/2014 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Jacques Prévert est bien sûr un poète – couronné comme tel par les choix de lecture proposés par les enseignants à leurs élèves. C’est d’ailleurs amusant de voir comment cet anti conformiste, longtemps très rétif à toute forme d’autorité, à toute valeur bourgeoise, est devenu une sorte de poète officiel, dont le côté révolté de certains de ses textes a été quelque peu édulcoré – il est vrai que ce ne sont pas forcément les plus corrosifs qui sont cités dans les anthologies ! Mais comme veut le montrer cette biographie, Prévert n’est pas qu’un poète. C’est aussi beaucoup de choses, c’est un homme qui a vécu plusieurs vies à la fois (écrivain, poète, artiste engagé, scénariste, et surtout bon vivant). Le mérite de cet album très épais est de redonner vie à certains quartiers (le Montparnasse de l’entre-deux guerres), à certaines figures (littérature, cinéma, théâtre) dès l’amorce de leur trajectoire flamboyante. Le fait est que les auteurs montrent bien le bouillon de culture dans lequel a baigné Prévert, qui s’en est nourri – et qu'il a de plus en plus alimenté. J’ai été davantage intéressé par la première partie, le surréalisme étant ce qui me passionne le plus. Le personnage d’Yves Tanguy (un de mes peintres préférés), sa rencontre avec le tableau de de Chirico « Le cerveau et l’enfant » (il reproduit là sans le savoir la réaction de Breton à son propos) sont assez bien vus. Il est au centre, avec Duhamel, du squat de La rue du Château, qui a aimanté peintres et artistes surréalistes. Je regrette juste quelques défauts récurrents dans les publications sur ce thème : une vision révisionniste de Breton (qui n’était le pape de rien du tout !), et une quasi absence de Benjamin Péret – qui a pourtant vécu plusieurs mois avec Prévert and Co rue du Château. La poésie de Péret peut être rapprochée de celle de Prévert, mais elle est bien plus puissante, mais aussi s’accommode moins que celle de Prévert d’une « récupération », car sans concession imaginable. Je regrette aussi que les personnages ne soient pas toujours très ressemblants aux originaux (Desnos par exemple). Les parties suivantes – pour faire simple après sa rupture d’avec le surréalisme, c’est-à-dire sa participation au tract anti Breton « Un Cadavre » – m’intéressent moins. Si Prévert reste un personnage intéressant (j’aime beaucoup ses collages, et même certains de ses textes), je trouve moins captivante cette période de sa vie. Son activité cinématographique n’est pas sa facette la plus originale. Son entrée dans une sorte de « showbizness » avant l’heure, voire dans un panthéon populaire officieux n’apporte rien à sa personne je trouve. Les auteurs arrêtent cette biographie à ce moment-là, dans les années 1950. Pourquoi pas ? Autre défaut : l’impression d’empilement parfois maladroit des personnages (profusion de personnes, croisés par Prévert, sans que ce soit toujours justifié, faute de développement). Et la désagréable impression parfois que quoi qu’il arrive, Prévert a raison, tirant la couverture à lui, projecteur repoussant dans l’ombre tous ceux qui ne le suivent plus – ou que les auteurs laissent de côté aussi brusquement qu’ils les ont mis en contact avec leur « biographé ». Quant au dessin, il est plutôt intéressant. Ni gaufrier traditionnel, ni même cases. Le dessin de certains personnages est même parfois confiné aux esquisses : quelques planches ressemblent au travail de Benoit Preteseille (qui lui aussi se passionne pour ce type de sujet). Sinon, en plus de la bibliographie de Prévert, il aurait été intéressant de citer d’autres sources bibliographiques (recherches sur la sexualité des surréalistes ; « Raconte pas ta vie », l’autobiographie de Marcel Duhamel – livre très intéressant et riche ; les entretiens avec André Breton pour la partie « Rue du Château », etc). Mais cela reste un album intéressant.

09/04/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Initialement nommée "Prévert, inventeur" quand le seul premier tome est paru, la série a été renommée "Jacques Prévert n'est pas un poète" quand l'éditeur a finalement fait le choix de publier l'intégrale en un unique album au lieu de deuxième et troisième tomes indépendants. Les poésies apprises à l'école, les inventaires à la Prévert, sa participation au dessin animé le Roi et l'Oiseau... à part ces bribes que savais-je de Jacques Prévert ? Quasiment rien. C'est par le biais de cette biographie bien documentée en bande dessinée que j'ai pu découvrir le personnage, sa jeunesse débridée et les personnages qu'il a côtoyés des années 20 aux années 60. Instructif, cette série l'est donc incontestablement. Jacques Prévert aura eu une vie plutôt hors norme, non pas qu'elle fut particulièrement aventureuse mais il n'a en tout cas pas suivi une vie classique faite de travail et de famille. Le personnage en lui-même est étonnant, vivant de bons mots, d'amitié, de coups de colère et de relations plutôt que d'un quelconque salaire. Le dessin y est très personnel, rappelant un peu le style faussement naïf et la Ligne très claire, un petit peu raide, d'un Stanislas. A noter que les deuxième et troisième époques semblent avoir été dessinées quelques temps plus tard car le style y est un peu plus rond et un peu plus vivant. La mise en page est éclatée, à la manière d'un tableau mélangeant différentes scènes, avec des titres colorés qui s'insèrent dans l'image. D'une certaine manière, cette présentation graphique fait écho à la vie débridée et poétique de l'auteur, même s'il faut avouer que la narration est parfois un peu embrouillée, relativement peu fluide. Et comme il se passe énormément de choses, le rythme des événements est un peu rapide et ils donnent l'impression d'être parfois brièvement survolés. La série se scinde en trois époques. La première, des années 20 au début des années 30, raconte la façon étonnante dont Prévert s'intègre dans la vie et le développement du milieu artistique parisien des années 20. La deuxième couvre les années 30, période où Prévert se consacre au théâtre et connait ses premiers gros succès avec ses dialogues de cinéma et sa collaboration avec de grands acteurs et réalisateurs. On notera notamment à l'époque son fort engagement communiste qui se voit brusquement refroidi par son séjour en Russie. La troisième période continue des années 40 à 60 avec la guerre et comment Prévert et sa bande d'amis artistes ont continué vaille que vaille à travailler pour le cinéma malgré l'occupation et comment, au sortir de la guerre, il est devenu véritablement célèbre aux yeux du grand public tant pour sa carrière au cinéma que pour ses poèmes, sans pour autant chercher la gloire. Les auteurs sont visiblement très documentés et on sent leur affection pour le personnage qu'ils mettent ainsi en scène. Le contenu du récit en lui-même est dense et parfois légèrement complexe pour qui ne connait pas les nombreux personnages artistiques de l'époque. C'est néanmoins une biographie intéressante et sincère qui plaira aux amateurs de Prévert et de sa poésie des mots.

15/09/2014 (MAJ le 19/01/2017) (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je ne connais Prévert que de nom car je ne suis pas un grand amateur de poésie. En revanche, j'aime bien lire une biographie sur la vie d'une personne que je connais à peine. J'ai trouvé cela intéressant d'apprendre la vie de Prévert, mais je ne peux pas dire que le scénario m'a passionné. Je trouve même que certains passages sont ennuyeux. Je trouve pourtant que Prévert, du moins la manière dont il est mis en scène dans la bd, est sympathique et il se passe plusieurs choses intéressantes dans sa vie. Mais malgré tous mes efforts je ne me suis jamais parvenu à trouver le récit captivant. Le dessin est sympa et j'aime bien les couleurs.

06/05/2015 (modifier)