Giuseppe Bergman

Note: 2.62/5
(2.62/5 pour 13 avis)

Bergman cherche l'aventure avec un grand A


Auteurs Italiens BoDoï Manara

Dès le début du récit, on découvre que Bergman a atteint son seuil de tolérance. Il doit rompre avec un monde qui exclut l'Aventure ou qui ne l'accepte que comme régulateur de son propre système. Il faut y croire à la liberté absolue pour oser larguer les amarres! Mais il faut payer : que faire quand on s'aperçoit que l'Aventure n'est qu'aventures et mésaventures, impasses et faux semblants, fouillis plus inextricable que la forêt amazonienne elle même? quand on emporte avec soi ses limites, ses rages impuissantes, ses impossibilités de communiquer, et qu'on est bien forcé de prendre conscience de son personnage assz pitoyable d'antihéros? Ce récit endiablé se terminera dans un bureau d'assistance sociale, dernier endroit où la fascination du mystère puisse jouer. (extrait de l'intro de Christine Vernière, traductrice de la BD)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1980
Statut histoire Une histoire par tome (Le nombre de tomes dépend de la réédition) 5 tomes parus
Couverture de la série Giuseppe Bergman
Les notes (13)
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05/08/2001 | Loïc
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L'avatar du posteur Agecanonix

Si j'excepte les différents travaux de commande qu' a fait Manara, comme ses participations chez Larousse, "Giuseppe Bergman" est la première Bd adulte que j'ai lue de lui dans le mensuel A Suivre en 1978, puis j'ai eu l'occasion de relire les premiers gros albums Casterman de 1983 ; c'était en effet sa première vraie série importante seul, avec ce personnage atypique, double graphique de lui-même, mais dont les traits sont plutôt ceux d'un Alain Delon jeune. C'est certainement l'oeuvre la plus personnelle et la plus ambitieuse de Manara qui lance cet anti-héros dans des péripéties exotiques, oniriques et surtout fantastiques, sous l'égide du mystérieux H.P. au physique corpulent, et derrière lequel il n'est pas difficile d'y reconnaître Hugo Pratt, que Manara admire et avec qui il finira par collaborer en 1983 sur Un été indien. Hommage non déguisé donc, Manara s'amuse cependant à brouiller les pistes et à dérouter le lecteur en créant une distanciation et une vision de l'aventure complètement à l'opposée des grandes séries du genre où le héros remplit son rôle bien défini que tout le monde attend. Ici, son héros au contraire est souvent balloté par les turpitudes qu'il vit, c'est une sorte de pauvre type. En bousculant les codes, les conventions et les principes auxquels le lecteur s'attache, la bande surprend et vise un public intellectuel. Je m'en souviens très bien à l'époque, il n'y avait que des gens comme eux qui trouvaient ça génial, c'était "branché" comme ils disaient. Moi qui n'avait pas les mêmes valeurs que cette faune qui s'enflamme pour des trucs incompréhensibles, il est bien évident que je ne comprenais rien à cette bande, parce qu'il n'y a rien à comprendre, c'est une suite de séquences décousues, sans scénario et sans rien qui relie le tout...il m'en faut un peu plus pour susciter l'intérêt. Ces voyages imaginaires entre rêve et réalité, et semés d'obstacles de Bergman conditionneront d'ailleurs toute l'oeuvre de Manara, à savoir que ce type dessine comme un dieu, mais qu'il est incapable d'élaborer un scénario construit et intéressant. Alors pour remplir ce vide, il parsème ses bandes de belles filles, souvent dévêtues, bien que le sexe soit encore moins omniprésent ici, tout au moins dans les premiers récits de Bergman. Malheureusement, ça ne suffit pas de balancer un cul par ci, des nichons par là, on s'en lasse vite, et en plus, ça n'est même pas excitant. Sur le plan graphique, Manara utilisait un style hérité de Moebius, comme beaucoup de dessinateurs de cette époque, avec des retouches de hachures et de pointillés, ça avait de l'allure, puis il saura ensuite s'affranchir de ce trait. Pour ceux qui veulent faire l'expérience du beau gosse de Manara, n'achetez pas, lisez en biblio, et attendez-vous à être surpris par un vide incommensurable.

20/12/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Je partage à 100% l’avis de Ro. Cette série ne m’a pas accroché parce qu’elle part constamment dans du n’importe quoi, prétexte à des passages poétiques, érotiques ou oniriques… qui ne me touchent pas. La structure est inexistante, à se demander ce que l'auteur fumait à l'époque. Le dessin de Manara est toujours plaisant, élégant et je le préfère en noir et blanc plutôt que dans sa version colorisée. Ceci dit, un bon dessin sans scénario derrière, c’est insuffisant à mes yeux. Je me suis donc ennuyé…

14/05/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

J'aime bien le dessin de Manara. Je trouve qu'il a de la classe même si je ne trouve pas que ses femmes soient particulièrement émoustillantes. Ce qui explique pourquoi je n'ai pas trouvé particulièrement intéressantes les scènes érotiques. Je trouve d'ailleurs qu'elles sont mal intégrées dans le récit la plupart du temps. D'ailleurs, j'ai lu les différents albums (j'ai lu l'édition parue chez Casterman) avec aucune passion. La poésie m'a laissé de marbre et la plupart du temps l'histoire se résume à un gros n'importe quoi qui devient lassant après une vingtaine de pages. Manara semble être meilleur dessinateur que scénariste.

14/05/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 1/5
L'avatar du posteur Pasukare

Tout le monde se pâme devant les talents de dessinateur de Manara, mais moi, je n'avais aucune envie de lire une de ses BD de Q pour en profiter, or voilà que je tombe sur "HP et Giuseppe Bergman" et je me dis : "Chouette, Manara a fait une BD d'aventure, je vais enfin pouvoir, moi aussi, profiter de ses talents de dessinateur"... quelle farce ! Manara ne peut pas se retenir plus de 10 pages sans faire surgir d'on ne sait où et sans aucune raison valable une nympho à moitié ou complètement à poil, à ce niveau-là, ça tient du trouble obsessionnel compulsif ! ... Son héros, sosie d'Alain Delon dans ses jeunes années, se trouve tour à tour en compagnie d'une femme qui sera victime d'un viol collectif pour payer les dettes de jeu de son fils/frère, en face d'une nympho qui vient prendre son bain à la rivière sous la surveillance étroite de son mari armé d'un fusil et qui se masturbe sous l'eau, d'une jeune vierge complètement nue d'une tribu amazonienne (mais faut pas toucher), d'une fille paumée qui va se retrouver, on ne sait comment, on ne sait pourquoi, avec le pantalon en bas des cuisses (et non, elle n'avait pas de culotte). Au début de ma lecture, je croyais tenir un récit visionnaire sur la télé réalité (ne vous moquez pas), mais ce n'est qu'un délire pondu sous fumette, sans être complètement pornographique pour autant parce que le pauvre Giuseppe, il peut se la mettre sur l'oreille pour la fumer plus tard... Le reste de l'aventure est complètement délirant avec par ci par là de l'étalement de culture générale sur l'Amazonie ou Venise. "A quoi s'attendait-elle en lisant du Manara ? " me diriez-vous ? Judicieuse remarque, c'est un peu comme si j'avais lu Etreintes barbares et que je sois déçue que ce ne soit pas une BD historique... mais quand même, "HP et Giuseppe Bergman" est classée dans le genre "aventure" alors mon espoir était justifié. Ca n'a absolument rien à voir avec le dessin de Bourgeon (que j'aime beaucoup) et ses concours de chemises mouillées et de déshabillage d'héroïne, qui sont, je trouve, beaucoup moins vulgaires et injustifiés qu'ici. Je reconnais tout de même qu'il dessine super bien et la version en N&B des aventures de Giuseppe Bergmann est très jolie. Mais Manara, ce n'est vraiment pas pour moi !

17/08/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
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Milo Manara s'est fait un nom dans la bd érotique. Il n'en demeure pas moins qu'il s'était essayé dans le roman graphique tendance absurde. Ainsi, on suit le jeune Giuseppe Bergmann dont le destin est d'aller vers l'aventure sous toutes ses formes. Mais qu'est ce que l'aventure ? On explore ainsi un univers un peu baroque qui alterne le fantastique avec une touche d'érotisme. Cependant, l'ensemble plonge également dans le grotesque et le terrifiant. Le jeune homme est guidé par un maître d'aventure : le fameux HP. Certains y ont vu Manara qui suit les traces de son vieil ami Hugo Pratt (les mêmes initiales !). Il est comme un chef d'orchestre qui déroule la succession d'obstacles et de rebondissements devant Giuseppe pour lui permettre de devenir le héros de sa propre aventure. Je n'ai pas été convaincu par l'ensemble trop absurde pour moi. Je reconnais cependant un excellent crayonné qui lui a permit d'être très certainement le meilleur dessinateur italien.

12/03/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 2/5

Giuseppe part à la recherche de ce qui est pour lui la "grande aventure". En chemin, il va croiser son "maître" ; un certain HP où l'on reconnaît Hugo Pratt. Manara a essayé de m'entraîner dans des voyages imaginaires, sur des sortes de terrains narratifs encore inconnus. Mais vider des cases de leur "contenu illustré", parfois réduire son graphisme à un simple jet de quelques traits... euh... faut se calmer, "l'ami" !... Bon, c'est vrai, ce n'est pas ici une sorte de plagiat, les héros refusent de jouer leur rôle -souvent imposé- mais... sincèrement... cette série ne m'apporte pas grand chose d'attachant. C'est déroutant, surprenant certes, ambitieux certainement ; mais j'ai peine à m'accorder avec cette sorte de virtuosité élitiste où voudrait m'emmener Manara. Fort peu pour moi, donc, cette démarche de l'auteur qui voudrait créer une osmose entre fiction et réalité ; mais qui n'a su -en ce qui me concerne- attirer que mon désintérêt. Je reconnais néanmoins la puissance graphique de Manara ; d'où mon "2". Mais à part ça...

02/12/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Ce genre de BD m'ennuie franchement plus qu'autre chose. D'un côté, il y a le dessin de Manara que je trouve très beau. Mais je le trouve un peu gâché par la mise en "couleurs" qui masquent et assombrissent les traits de son dessin. Ceci étant dit, cela donne quand même quelques planches vraiment superbes (je pense notamment à l'Ile des Morts que l'on voit dans Revoir les Etoiles). Mais d'un autre côté, à part le dessin, il n'y a rien d'autre pour me plaire là-dedans. Tout n'est que pretexte. Pretexte à faire de l'érotisme facile, inutile car ni esthétique ni excitant. Prétexte à faire du poétique qui ne me touche en rien. Prétexte à faire du mystérieux et de l'onirique qui ressemble plus à un gros n'importe quoi inintéressant. Car c'est vraiment ça que je retiens dans ces albums : c'est inintéressant au possible (du moins à mon goût) et ça part dans tous les sens. Si ça a une quelconque intention artistique, elle m'est passée à côté et pour le reste (et notamment l'histoire), hormis le dessin habituel de Manara, c'est raté.

01/09/2004 (modifier)
Par Woody
Note: 3/5

Dans cette série, je n'ai lu que deux albums : Jour de colère et L'odyssée. Autant le premier est franchement génial, plein d'humour et d'auto-dérision. Sous couvert d'un érotisme "intelligent" l'auteur s'amuse graphiquement et le résultat est fantastique. Autant L'odyssée de GB est inintéressant au possible et il profite d'un vieux mythe pour montrer un peu de cul et cette fois c'est gratuit (pourtant j'ai lu la version censurée de BoDoï). En ce qui concerne le dessin, c'est bô (surtout les filles), mais je pense que presque tout le monde connaît le style graphique de Manara, même sans avoir lu aucun album. Donc achetez l'un et oubliez l'autre.

05/05/2004 (modifier)
Par Braz
Note: 4/5

Certaines oeuvres de Manara sont loin de m'avoir convaincu, mais j'adore les 2 premiers Giuseppe Bergman ; il y a un charme qui transcende l'histoire. C'est complètement décousu, les scènes sont parfois réalistes avec des petits bouts d'histoires "d'aventure", pour d'autres l'onirisme prend le dessus. C'est que le héros aspire à l'aventure, l'évasion, mais se retrouve en général confronté à la médiocrité des situations ordinaires. Thème ambitieux, mais Manara devait aussi pas mal fumer à l'époque, ça en désorientera plus d'un. Mais personnellement, j'adore, le dessin est superbe, j'ai l'impression parfois de le lire en couleurs alors qu'il ne l'est pas. Excellent.

25/04/2004 (modifier)
Par A.bomba
Note: 3/5

Ahh ! Milo Manara ! Cet ancien dessinateur de bd érotique s’est engagé à nous faire délirer avec des scénarii totalement rocambolesques et parfois absurdes ! Son secret réside dans l’érotisme latent qui règne dans ses histoires. "Les aventures de Giuseppe Bergman" sont littéralement invraisemblables ! On a du mal à comprendre où il veut en venir ! Des déliriums et des hallucinations se glissent au fil des pages sans que l’on se rende compte de l’évolution de l’histoire. Il est vrai que la ligne claire utilisée par Manara donne au graphisme un charme et une simplicité empreinte de sensualité qui ne peut laisser personne insensible ! Manara est un admirateur ému du corps féminin, servi par un dessin éblouissant d’énergie et d’élégance ! L’auteur a su faire télescoper l’exotisme et l’épopée, l’érotisme et la dérision, l’histoire et l’imaginaire. Quoiqu’il en soit, j’ai dû relire 3 fois les albums avant de saisir un sens à l’histoire. Le fait est en conclusion : il n’y a ni sens, ni morale, juste quelques paraboles que l’on pourrait prendre comme une philosophie de base sans pour autant y voir de solutions ou de conclusion ! Me suis-je bien fait comprendre ? Moi-même je vous l’avoue, je n’ai pas tout saisi. Mais, malgré l’embroglio du scénario, on ne peut s’empêcher d’étre envoûté par les personnages touchants ou écoeurants. Une certaine violence plane, elle serait plutôt psychologique que physique. Un conte dérangeant qui ne peut vous laisser indifférent de par son originalité. Voilà une bd atypique à l’Italienne qui a déjà 20 ans ! (Ben oui parue en 1983, c’est fou comme le temps passe !) Si vous ne connaissez pas Manara, mieux vaut commencer par ces aventures hors normes pleines de sensations… Enfin à vous de voir hein. A découvrir!

20/12/2003 (modifier)