Les chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

La reprise des personnages créés par Charlier et Uderzo. Une suite très fidèle à l'esprit des débuts, scénarisée par un véritable professionnel de l'aviation et mise en image en alternance par deux dessinateurs aux styles semblables. A voir aussi : Tanguy et Laverdure Une aventure « classic » de Tanguy et Laverdure


Aviation BDs adaptées en film Reboots / Reprises

Deux amis inséparables, frais émoulus de l'école de l'air, font leur apparition dans PILOTE dès son premier numéro en 1959. Ce sont les futurs commandants Michel Tanguy et Ernest Laverdure. 2002 marque leur grand retour ! Autant le premier est courageux et sérieux, autant le second est excentrique, vantard et porté à jouer le joli coeur. Pourtant, malgré ses nombreuses gaffes, Laverdure est un coéquipier solide pour Tanguy qui se retrouve souvent dans des situations difficiles. En effet, l'aventure et l'espionnage constituent le lot quotidien des deux héros qui, sur terre comme aux commandes de leur avion, font preuve d'un patriotisme sans défaut.

Scénaristes
Dessinateurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Décembre 2002
Statut histoire Une histoire par tome (histoires complètes en un tome ou diptyques) 8 tomes parus
Couverture de la série Les chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure
Les notes (2)
Cliquez pour lire les avis

08/01/2013 | Mac Arthur
Modifier


L'avatar du posteur Mac Arthur

Après 7 tomes, j’ai l’impression que la série a pris un nouvel envol mais qu’il aura fallu affronter de fameuses turbulences pour en arriver là… et ce malgré un très bon décollage. Voilà, voilà, voilà (et oui, j’ai fait un exercice de style tout pourri digne d’un ancêtre à qui vous ne confieriez pas vos petits-neveux au vu de sa sénilité avancée)… Mais reprenons dans l’ordre : 1° Le bon décollage, c’est un tome 1 très bien foutu. On retrouve tout le sel de la série créée par Charlier et Uderzo telle un pendant français à « Buck Danny ». Au menu : un contexte géopolitique intéressant, de l’action, de l’humour et des rebondissements prévisibles mais bien amené. Oui, c’est de la bd à papa… mais quand on reprend ce genre de classique, c’est ce que le lecteur en attend. 2° Les turbulences, ce sont les tomes 2 à 5. La série peine à confirmer, et pique même du nez. Le tome 2, qui offre encore une histoire en un tome, m’a déçu par son dessin (nettement moins rigoureux que celui d’Yvan Fernandez) mais son scénario était encore plaisant. Le tome 3 entame un cycle sans vraiment convaincre (malgré le retour d’Yvan Fernandez au dessin) et je craindrai longtemps l’abandon de la série à ce moment… Puis le tome 4 parait (oh joie, oh allégresse !) mais le scénario sent le bricolage. Le tome 5 m’a un peu plus plu mais sans réussir à me convaincre. Honnêtement, je m’apprêtais à abandonner la série là. 3° Le nouvel envol depuis le tome 6. Changement d’équipe pour ce tome 6 avec l’arrivée au poste de scénaristes du duo formé par Patrice Buendia (qui avait adapté habilement un roman de Charlier pour « Une aventure « classic » de Tanguy et Laverdure ») et Frédéric Zumbiehl (co-scénariste de « Les Aventures de Buck Danny (classic) »). Ces deux noms vont me pousser à donner une dernière chance à cette reprise car j’ai bien aimé le travail réalisé sur les reprises et adaptations susmentionnées. Et j’ai bien fait. Ce diptyque ne casse pas trois pattes à un canard (p’tain, encore une expression venue du siècle passé !) mais il est plaisant à suivre. Le rythme est là, les personnages sont conformes à nos attentes, les rebondissements se suivent et nous rappellent les bandes dessinées de notre enfance (en tous les cas de la mienne). Ce n’est pas révolutionnaire mais ce n’est pas ce qu’on demande ! C’est juste du bon divertissement dans la lignée des Buck Danny actuels, avec des personnages que l’on a plaisir à retrouver et un dessin soigné. Donc voilà, voilà… la série a soufflé le chaud et le froid et me plait dans sa formule actuelle. Si vous n’êtes pas atteint de collectionnite aigüe, vous pouvez vous contenter des tomes 1, 6 et 7 (et là, je conseille même l’achat). Sinon, un emprunt en bibliothèque me semble suffisant pour le moment, histoire de vérifier que ce nouvel envol n’a pas du plomb dans l’aile.

08/01/2013 (MAJ le 19/12/2018) (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

Mac Arthur n'avait pas complètement tort lorsqu'il s'inquiétait de la suite du tome 3. Au bout de trois longues années d'attente, la suite et la fin du diptyque est enfin parue, mais on sent que son accouchement fut difficile ; il n'y a qu'à voir la noria de dessinateurs qui sont crédités sur la page de garde de ce quatrième album. Et tous n'ont pas le talent d'Yvan Fernandez… Quant au scénario, il boucle l'histoire, certes, mais ne peut masquer un certain nombre d'imprécisions et de raccourcis maladroits. La relance de la série Tanguy et Laverdure, laissée en suspens à la mort de Jean-Michel Charlier avait pourtant bien commencé. J'ai apprécié les deux premiers volumes, qui racontent chacun une histoire complète, dans un contexte historique et une région différents. Le troisième appelait une suite, mais la chute déçoit. Non que la série soit mauvaise, mais elle manque de punch. Les caractères stéréotypés des deux personnages – le beau et héroïque Michel Tanguy accompagné de son partenaire faire-valoir gaffeur et fidèle Ernest Laverdure – ont pris un gros coup de vieux depuis leur création en 1961 (c'était en pleine guerre d'Algérie, dans les pages de Pilote...). Par ailleurs, les histoires de puissances étrangères complotant contre la grandeur de la France sonnaient mieux sous De Gaulle et Pompidou. À la fin des années 1970, Charlier avait d'ailleurs fait démissionner ses héros et réorienté les scénarios vers des aventures moins centrées sur l'honneur de l'armée française et les allusions aux espions de la Guerre froide. Dans ce reboot de la série, Jean-Claude Laidin construit des récits qui s'inscrivent dans l'actualité, ce que Charlier ne pouvait pas faire pour cause de censure. Mais la trame des scénarios n'a guère évolué et, dans la mise en scène d'intrigues tordues, il est moins bon, et nettement moins prolifique, que le maître. Les chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure sont donc à réserver aux inconditionnels nostalgiques. Je ne crois pas que les plus jeunes y trouvent leur compte, et s'ils veulent découvrir les aventures de Tanguy et Laverdure, je leur conseillerais plutôt de lire quelques récits de la série d'origine (par exemple le diptyque Lieutenant double bang et Baroud sur le désert) pour se faire une idée et voir s'ils accrochent aux scénarios de Charlier.

27/12/2015 (modifier)