La Main de Dieu
La saga de l’homme le plus détesté et le plus admiré des États-Unis : John Edgar Hoover
1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide
L'histoire commence en 1971. Depuis près de 50 ans, le directeur du F.B.I. est en place, et ce grâce aux rumeurs qu’il a engrangées dans ses fameux dossiers secrets. 50 ans de règne, 50 ans de vie de l'Amérique... Pour ses nombreux ennemis, c'en est trop : l’heure est venue de se débarrasser de lui. Une mystérieuse organisation décide ainsi de l'éliminer. Mais le risque est finalement jugé trop élevé. Les commanditaires ont alors une meilleure idée : employer la propre méthode d'Hoover, le discrédit, pour enfin l'obliger à partir. C'est ainsi que s'engage une quête effrénée pour trouver les informations que personne n'a jusqu'ici réussi à rassembler sur ce personnage mystérieux et sombre. Mais arriveront-ils à trouver la faille ?
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| Date de parution | 12 Septembre 2012 |
| Statut histoire | Série terminée 3 tomes parus |
Les avis
La quatrième de couverture du premier album annonçait une série en cinq albums, qui s’est finalement vu raccourcir (c’est acté dès l’album suivant) pour ne faire que trois tomes. Pour le coup, moi qui peste souvent contre les rallonges inutiles, j’ai trouvé ça dommage. Car le portrait d’Hoover – selon moi un des grands salauds de l’Histoire du XXème siècle (qui a joué l’essentiel de sa carrière dans l’ombre et les coups fourrés) – aurait amplement pu remplir ces deux tomes supplémentaires. Le premier tome pose les bases, montre comment, dès le départ (l’immédiat après première guerre mondiale), Hoover a montré son savoir-faire pour dégommer ses adversaires – identifiés aux adversaires de l’Amérique. Dès le départ on voit aussi son arrivisme, son absence totale de scrupules, et certaines de ses idées fixes qui ne le quitteront jamais : un anti communisme maladif, voire délirant (plus tard McCarthy le rejoindra dans ce délire), et une obstination à constituer des dossiers compromettants – que les « preuves » soient vraies ou fausses importe peu – contre ses adversaires, mais aussi contre tous ceux qui pourraient éventuellement lui nuire (politiques et nouveaux et anciens amis compris), puisque ce monsieur, au gré de ses intérêts, est aussi le roi des retournements de veste. Bref, un être méprisable, abjecte, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir, fut-ce dans l’ombre. Ce premier tome est intéressant, car c’est la partie de la vie/carrière d’Hoover que je ne connaissais pas. Le deuxième tome se concentre sur les années 1930, avec les efforts d’Hoover pour se maintenir à son poste (face à Roosevelt qui s’en débarrasserait bien), en faisant tout pour que ses services soient reconnus, armés, en cherchant à faire des coups face à des gangs de braqueurs, tout en se rapprochant de la mafia. Comme le resserrement de l’intrigue de 5 à 3 tomes le laissait craindre après un tiers de la série consacrée au « lancement » de la carrière d’Hoover, le dernier tome, traitant de la partie a priori la plus connue de son « œuvre » est trop ramassée. En particulier, je trouve extrêmement dommageable l’occultation des magouilles et autres persécutions contre les mouvements défendant les droits des minorités (Amérindiens : AIM, Noirs : MLK ou Black Panthers, etc.), actions qui s’opposent pourtant frontalement aux valeurs autoproclamées des États-Unis – qu’Hoover prétendait défendre (on ne parle même pas des organisations taxées de communistes, cibles habituelles d’Hoover depuis ses débuts. Même si cet aspect est sans doute plus connu, je trouve étonnant de ne pas en faire état de façon appuyé dans une biographie d’Hoover. On reste donc concentré sur les relations entre Hoover et certains dirigeants politiques (la série est un vaste flash-back, certains anciens proches d’Hoover étant « cuisinés » par des sbires de Nixon pour le faire tomber). On retrouve donc Hoover dans pas mal d’événements connus et dérangeants (petit scoop me concernant de la voir averti en avance de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor ; l’assassinat de JFK ; l’affaire du Watergate, etc.). Le dessin n’est pas désagréable et se laisse lire. Mais je ne suis pas fan des yeux des personnages, et les visages des nombreux personnages connus ne sont pas toujours ressemblants aux originaux (et changent parfois d’une case à l’autre). Une série qui se laisse lire donc, mais qui m’a laissé un peu sur ma faim, en laissant trop à mon goût de côté un e part non négligeable de l’action de Hoover dans les années 1950-1970.
J.E. Hoover est un personnage historique dont la carrière de chef du FBI a traversé cinq décennies mais c’est aussi un personnage borderline qui fleurte souvent avec l’illégalité pour parvenir à ses fins. Et c’est cet aspect de Hoover qui est raconté ici. Il incarne tous les défauts de l'Amérique de l'Oncle Sam, sûre d'elle-même et prête aux pires abominations pour faire triompher son idéal moral, avec les meilleures intentions du monde, masquées derrière la pire des mauvaises fois. Pour Hoover, tous les coups tordus sont permis. En même temps, ceux qu’ils fréquentent procèdent de la même manière… Un scénario linéaire et chronologique aurait sans doute été ennuyeux, ici le parti pris intelligent de traiter l’histoire sous la forme d’interrogatoires qui renvoient chacun à un épisode de la vie de Hoover est plutôt réussi : dans le tome 1, son ascension à la tête du FBI en exploitant la peur des communistes après la Première Guerre mondiale ; dans le 2, la maturité dans les années 1930, avec sa victoire sur les « ennemis publics » de l’Amérique et dans le tome 3, le Hoover inamovible des années 60, résistant contre vents et marées à tous les présidents qui veulent le virer. On aurait bien repris un ou deux épisodes en plus tant le personnage est, à lui seul, une partie de l’histoire des Etats-Unis. Du côté du dessin, c’est classique mais je l’ai trouvé plutôt bien adapté, fluide avec des cadrages intéressants. Sur certaines planches, les phylactères sont longs et écrits en très petits caractères, mais l’avantage c’est que ça donne pas mal d’informations sur ce personnage incontournable.
3.5 Une série intéressante sur ce personnage controversé qu'est Hoover. Mes connaissances sur la vie de Hoover sont surtout superficielles et je ne sais donc pas ce qui est vrai et ce qui est romancé (plusieurs trucs sur JFK me semblent plutot être une théorie que la vérité), mais ce n'est pas trop grave. Le scénario est prenant et c'est dommage qu'il n'y a eu que trois tomes au lieu de cinq. Le dernier tome me semble un peu plus rapide sur les événements que les deux premiers (et il y a moins de pages en plus !). J'aurais aimé en savoir plus sur Hoover, notamment sa haine envers Martin Luther King. Le dessin ne m'attire pas trop, mais c'est lisible et le découpage est bon donc ça ne nuit pas à la qualité du scénario.
Initialement prévue en 5 albums (voir la quatrième de couverture de l'édition originale du tome 1), l'éditeur Glénat a transformé cette série en trilogie, ce qui occulte, hélas, certaines des saloperies du FBI de John Edgar Hoover. Néanmoins, l'essentiel est dit sur ce personnage interlope, véritable icône du coté obscur du modèle étasunien sous huit présidents et durant près d'un demi siècle, de 1924 à 1972. Il est toujours difficile de rendre un biopic intéressant. J.E. Hoover présente pourtant toutes les qualités romanesques requises, il est l'homme que chacun aimera détester. Il incarne tous les défauts de l'Amérique de l'Oncle Sam, sûre d'elle même et prête aux pires abominations pour faire triompher son idéal moral, avec les meilleures intentions du monde, masquées derrière la pire des mauvaises fois. Cependant, rares sont les auteurs capables de rendre vivants tous les coups tordus, les malversations, les ambiguïtés de cet ambitieux manipulateur capable des pires vilénies pour servir son ambition personnelle et sa conception pervertie de la morale. Même Clint Eastwood, qui a dirigé Leonardo DiCaprio dans J. Edgar, n'est pas parvenu à réaliser un chef d'œuvre à partir de ce sujet pourtant prometteur. À mon sens, la référence incontournable en la matière est la peinture impitoyable qu'en dresse James Ellroy au gré de sa trilogie Underworld USA. En auteur complet, Marc Védrines assure seul le scénario et le dessin de L'histoire secrète du FBI. Il s'en tire honorablement, sans plus… Ses dessins semi-réalistes conviennent au ton du récit, même s'il peine à rendre distincts les nombreux personnages. Son découpage narratif décompose les albums en trois thématiques autour de la vie de Hoover : l'ascension grâce à l'exploitation de la peur du marxisme après la Première Guerre mondiale, la confirmation au gré de la lutte contre les “ennemis publics” durant la grande dépression des années 1930, et le triomphe à l'occasion de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide. Bien sûr le passage de la série de 5 à 3 albums conduit à l'occultation de certains épisodes, tels que la lutte de Hoover contre les défenseurs des droits civiques et sa haine à l'encontre de Martin Luther King. Mais finalement, on en sait assez au terme de ces trois albums sur l'individu et ses méthodes contestables. En résumé, La Main de Dieu constitue une honnête série historique, solidement documentée et bien construite, qui se lit sans déplaisir ni ennui, mais à laquelle il manque ce souffle romanesque qui donnerait une irrésistible envie de lire la suite du récit. Un salopard aussi fascinant que John Edgar Hoover méritait mieux, quitte à romancer sa vie.
Hélas la série s'achève au bout de 3 albums. Même si j'aurai aimé une autre "qualité" de dessins, cette série vaut le détour, surtout dans son dernier tome où rien ne semble taire une certaine vérité de l'assassinat de JFK (une presque première !) Hélas car on aurait souhaité, à l'image d'un marque de chocolat connu, qu'elle fut un peu plus longue, tant le sujet est particulièrement intéressant et important pour comprendre ce que sont les USA et son Histoire (+ 50 ans et plus de l'Amérique). Un regret toutefois, l'omission (volontaire ?) dans les pages sur le comportement du FBI sur les groupes considérés à tort ou à raison comme extrémistes et en particulier l'attitude très ambigue d'Hoover envers Martin Luther King).
Cette série propose de faire découvrir au lecteur les rouages d'une organisation américaine d'envergure : le FBI. Pour cela le focus est placé sur son dirigeant le plus célèbre : John Edgar Hoover. Du coup nous avons un récit qui au choix peut être considéré comme un polar historique ou un documentaire-fiction romancé. En tout cas, cela fait fortement penser à des séries dans le même genre, comme Mafia Story, par exemple. La qualité est somme toute assez proche. Il y a de quoi satisfaire à la fois les amateurs de récit à connotation historique et à la fois les fans d'intrigue policière. On apprend comment Hoover a accédé à la tête du FBI. Et c'est pas forcément à son honneur... Il doit cette place autant à son travail, qu'aux manipulations d'opinions basée sur la peur du communisme, et qu'aux bonnes alliances stratégiques qu'il a mise en place. En effet il a fait ami-ami avec les bonnes personnes, n'hésitant pas à retourner sa veste quand il a senti le vent tourner. Il y a par conséquent pas mal de ramifications avec le milieu politique. Cela rend parfois la lecture un peu complexe car les protagonistes sont nombreux, entre les flics, les hommes politiques, leurs conseillers et aussi leurs adversaires. Mais l'histoire reste très fluide. La curiosité du lecteur est éveillée notamment parce que le récit est raconté sous forme d'un interrogatoire et utilise habillement les flash back pour mettre en scène le passé de Hoover. Le dessin classique est très sympa et colle bien à cette ambiance. Au final on ne sait pas trop ce qui est véridique et ce qui est romancé, mais c'est pas grave, "La main de Dieu" offre un bon moment de lecture.
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