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Les interviews manga / Interview de Keiko Ichiguchi

Angoulême 2006. L'interview avec Keiko (1945) et son fiancé Andrea se fait en anglais et en italien, avec quelques mots de japonais, dans une ambiance chaleureuse.

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Keiko Ichiguchi et Andrea Keiko, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Keiko Ichiguchi, je suis japonaise, mais je vis en Italie depuis 13 ans. Je travaille comme écrivain et dessinatrice en Italie. J’écris des livres en japonais et en anglais.

Pourquoi vis-tu en Italie à présent ?
J’avais commencé à écrire au Japon. Mais j’ai eu des problèmes avec mon éditeur, et je suis venue en Italie parce que j’avais appris l’Italien à l’université. Je suis venu pour améliorer mon italien et pour trouver du travail. J’ai rencontré les éditeurs de chez Appollonia, et j’ai commencé à travailler pour eux. J’ai aussi rencontré Andrea, qui est mon fiancé, chez cet éditeur (rires). (Andrea intervient) : Mais je ne travaille pas dans la bande dessinée, je ne connais pas bien ce milieu… (Keiko reprend la parole, car Andrea rougit) : Il est très timide…

1945 « 1945 » est ton premier livre publié en français. Il parle de la seconde guerre mondiale, mais du côté européen. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
La raison est simple. Il y a quelques années, j’ai lu des livres sur La Rose blanche, un groupe d’étudiants de Munich qui distribuaient des tracts anti-nazis. Leur histoire était vraiment très intéressante, et j’ai voulu écrire quelque chose sur eux. Au départ, je voulais l’écrire pour le public nippon. Mais les éditeurs japonais cherchaient une histoire pour les filles japonaises, et mon histoire ne rentrait pas dans ce cadre. Comme tu l’as dit, c’est très particulier, comme cadre, comme histoire. Mais un éditeur français, Kana (Dargaud), était intéressé. Ils sont donc venus me chercher en Italie pour publier en France.

C’est la première fois que tu viens à Angoulême. Quel est ton sentiment sur le festival ?
Il y a beaucoup de livres japonais, coréens présentés ici. Quand j’étais au Japon, je n’avais aucune idée de cette situation. C’est une surprise pour moi.

Quels sont tes maîtres, les auteurs qui t’ont influencée et t’influencent encore ? Ceux que tu apprécies ?
Il y en a tellement. Mais ils sont surtout Japonais, il est probable que tu ne les connaisses pas (rires). Il faut savoir, toutefois, que j’ai travaillé longtemps pour des magazines destinés aux jeunes filles, aux adolescentes. Mon style graphique est donc typique des mangas pour les filles, les shojo manga.

1945 Et des auteurs européens, ou seulement français ?
Moebius est très célèbre, également au Japon. Hélas, je ne lis pas le français, donc je ne connais pas trop vos productions. Je connais Tintin, bien sûr. C’est très mignon. Et Peanuts. Mais ce n’est pas français. Ah si, je connais Enki Bilal. Au Japon, plusieurs de ses livres sont traduits.

En France, nous apprécions particulièrement Taniguchi, qui a travaillé avec Moebius, d’ailleurs.
Il a un style très adapté au public français.

As-tu d’autres projets ?
En Italie je travaille sur une mini-série, Peach, qui marche très bien. J’ai beaucoup d’idées, mais pas encore trop eu l’occasion de travailler dessus. J’ai l’intention d’écrire un livre sur les mystères italiens. J’ai déjà écrit deux livres. J’ai aussi des idées pour faire quelque chose sur la culture japonaise, les festivals japonais, pour les faire découvrir au public italien, et peut-être français, qui sait ?

Keiko-San, arigato.
Keiko et Andrea : Grazie mile, sei molto gentile…
Interview réalisée le 30/01/2006, par Spooky.