Jack Palmer (Les Aventures de)

Note: 3.42/5
(3.42/5 pour 26 avis)

Angoulême 2001 : Alph'Art du meilleur album pour "L'enquête corse" (T12). Jack Palmer n'a rien du détective belle gueule... Reporter de choc et détective catastrophe...


Albin Michel Angoulême : récapitulatif des séries primées Détectives privés Echo des Savanes Policier, mais drôle

Jack Palmer n'a rien du détective belle gueule... Reporter de choc et détective catastrophe... On a beau réfléchir, on ne voit pas comment Jack Palmer a pu trouver sa licence de détective ailleurs que dans une pochette surprise. Certainement le meilleur Palmer, vitaminé par le talent d'un Pétillon au mieux de sa forme, grâce à l'entraînement intensif que représente sa collaboration hebdomadaire au Canard Enchaîné.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1976
Statut histoire Une histoire par tome 15 tomes parus
Couverture de la série Jack Palmer (Les Aventures de)
Les notes (26)
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01/06/2002 | Lorenzi
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L'avatar du posteur Noirdésir

Je crois que j’avais découvert cette série avec l’album « Les disparus d’Apostrophe », qui reste encore l’un de mes préférés (ah, les running gags avec un Jean-Edern Hallier tentant de s’incruster partout !). Et je reste vraiment attaché à cette première période, dans laquelle Pétillon semblait aller au radar dans des histoires totalement loufoques (peut-être un peu moins délirantes que dans Le Chien des Basketville, album d’ailleurs évoqué dans « Les Disparus d’Apostrophes »), mais qui n’étaient souvent que des prétextes pour placer quelques délires, l’absurdité dominant franchement – dans les dialogues, mais aussi parfois dans certains gags visuels. Cela permettait aussi à Pétillon de s’attaquer à des milieux différents (en cela une certaine critique des travers de la société pointe parfois le bout de son nez) : le monde littéraire médiatico-branché (« Les disparus d’Apostrophe »), la culture musicale (« Le chanteur de Mexico »), la BD et le festival d’Angoulême « Le prince de la BD », les caprices de la grande bourgeoisie (« Le Pékinois »), etc.). Ces 4 albums offrent selon moi la meilleure période de la série, avec « La dent creuse » et « Supermarketstein »). L’absurde y domine, alors que tout semble devenir un chouia plus cartésien à partir des années 2000, à mon grand regret je dois dire. Palmer y campe un détective privé – de pas mal de chose, car il n’est pas vraiment fin ! Lunaire, gaffeur, obtus et franchement bête, Jack Palmer ne résout les affaires qui lui sont confiées – souvent assez débiles au départ d’ailleurs ! – qu’à l’insu de son plein gré. Son logement/bureau est une sorte de mélange de taudis et de chambre d’étudiant désargenté et bordélique (son linge sèche sur les toits), il massacre bagnoles et auto-école à longueur d’albums. Impassible, sa nullité ou le monde extérieur semblent lui échapper totalement. D’où des dialogues et des situations assez savoureuses, cocasses, Palmer trainant à longueur d’albums sa nonchalance, pour ne pas dire sa fainéantise, au milieu des catastrophes qu’il n’arrête pas de provoquer, et auxquelles il échappe comme par miracle. J’ai moins accroché aux albums plus récents que j’ai eu l’occasion de lire – qui ont pourtant redonné une nouvelle notoriété à cette série et à son auteur – comme « L’enquête corse » (album amusant, mais très différent de la tête de série, et dont je n’ai pas vu l’adaptation ciné, Clavier m’insupportant depuis longtemps). C’est en tout cas le seul « récent » que je possède, tous les autres datant des années 70-80). Ma note et surtout mon conseil d'achat ne valent essentiellement que pour les albums plus anciens, cités en début d’avis.

22/01/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

A l'heure de noter cette série je suis bien embêté, en effet voila des histoires originales mais dont le traitement au cours des années a été plus qu'inégal. C'est à cause de cela que je ne peux mettre une note supérieure. Pour autant Jack palmer est quand même un privé gratiné, lunaire, feignasse qui traverse ses aventures sans avoir l'air d'y toucher. Selon les histoires, j'ai trouvé un humour finalement assez fin au détriment des milieux que fréquente notre héros. La nonchalance de celui-ci fait plaisir a voir, non vraiment, voilà un anti héros ultra sympathique et attachant dont certaines aventures sont à pleurer de rire, "L'enquête corse", bien sur et "Le Pekinois" dans un style de dessin que j'ai bien apprécié. Alors oui il faut lire ou relire J. Palmer, lecture conseillée, il y a des albums très, très bons, faites votre choix.

03/12/2014 (modifier)

Un détective dans le Yucca, Narco-dollars, Un privé dans la nuit, et L'affaire du Top Model: chacun L'enquête Corse L'affaire du voile Enquête au paradis Palmer en Bretagne Difficile de porter un jugement global sur cette série, dont le genre et la qualité varient pas mal... Les principales qualités de la série sont que le héros est vraiment sympa : détective raté, fainéant, maladroit, Palmer est un anti-héros par excellence. Deuxièmement, l'humour fait mouche la plupart du temps. La caricature est sobre mais efficace, les gags et répliques sont finement travaillés, bref, c'est pas de l'humour de bas étage. Les premiers tomes sortis dans les années 80 (ex : Un détective dans le Yucca, Narco-dollars, Un privé dans la nuit) sont des histoires courtes avec en général une référence à des évènements qui ont pu faire la une des journaux à l'époque. Si certains gags sont assez plats et si les références aux faits réels sont un peu dépassées, je prends tout de même plaisir à lire ces albums, car j'aime bien l'univers de Palmer qui vit seul dans sa chambre de bonne, et, de plus, cela permet de se remémorer ou d'apprendre ce qui a marqué l'époque. Puis le style a changé avec une histoire thématique par tome, avec notamment le cultissime "L'enquête Corse", qui est excellent. C'est un album que je prends vraiment du plaisir à relire. "L'affaire du voile" parodie le malaise qui règne au sujet de l'islam intégriste en France. Bien qu'un peu moins drôle, cet album reste de très bonne facture, et a le mérite de dédramatiser tout ce schmilblick en montrant justement que la grande majorité des musulmans ne sont pas extrémistes. Enfin, j'en viens à ma grande déception : "Enquête au paradis", qui fustige les paradis fiscaux, avec la Suisse en ligne de mire. Contrairement aux deux albums précédents, je n'ai que très peu ri ou même souri. L'histoire n'est plus assez sarcastique à mon goût. Pourtant, je pense qu'il y avait matière à faire une caricature de cet état pécuniophage, aussi riche que celle faite sur la Corse. Dommage... Le dernier opus, "Palmer en Bretagne" est encore pire que le précédent: trop de personnages, c'est confus, Palmer n'est même pas le personnage principal, mais n'a qu'un rôle figuratif, et surtout, ça n'est absolument pas drôle...La caricature est complètement ratée, bref, on s'ennuie ferme. Un bel échec pour Pétillon, qui semble s'engouffrer dans la brèche commerciale que lui a ouvert son célèbre détective. Achat conseillé sauf pour ces deux derniers tomes. (60)

07/09/2011 (MAJ le 06/12/2013) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Avec ce nain au nez à la Achille Talon, engoncé dans un trench trop grand pour lui et coiffé d'un chapeau ridicule, apparaît le détective le plus con du monde. C'est un abruti complet, au demeurant très sympathique, qui promène son sac Tati et sa nullité dans des enquêtes foireuses où il s'en sort aidé par le hasard pour découvrir des coupables encore plus idiots que lui, car il y a un peu de chance pour cette catégorie d'anti-héros. Comme tous les maladroits, les distraits et les malchanceux, il attire la sympathie. Son auteur en fait une parodie loufoque des privés américains et des grands succès du polar, bien que Palmer évolue en France ; il le catapulte dans des milieux interlopes où il en profite pour épingler les ridicules de notre époque et d'une certaine société. Les albums les plus célèbres sont justement ceux qui ont visé ces milieux très différents, tels Les Disparus d'Apostrophe (vraiment le plus célèbre), qui a bénéficié à l'époque (on est en 1982) d'une surprenante publicité en raison de l'enlèvement bidon de Jean-Edern Hallier survenu juste après sa parution ; le flair de Pétillon était vraiment prémonitoire, et ses trouvailles étaient savoureuses (le "look Pivot"). L'autre album célèbre, c'est Le Chanteur de Mexico, excellent épisode qui décortique avec une perspicacité implacable les coulisses du showbiz dans les années 80 et sa faune branchée. On peut en dire autant avec les clins d'oeil du Prince de la BD, intéressante satire du salon de la BD d'Angoulême. Les albums plus récents abordent des sujets plus brûlants, comme L'Enquête Corse, best-seller adapté à l'écran avec un bon Jean Réno et un Clavier plutôt supportable, L'Affaire du voile, qui aborde un sujet délicat, ou Enquête au paradis, sur les paradis fiscaux. Entre 2 enquêtes, Palmer trouve le temps de repasser ses caleçons, un détail singulier qui traduit l'aspect comique de la bande. Celle-ci a considérablement évolué : au départ, Pétillon, influencé par la revue MAD, propose des histoires complètement absurdes et délirantes, où les situations secondaires sont parfois plus importantes que le récit principal, d'autre part encombré de gags visuels à chaque page, véritables cerises sur le gâteau. Puis, le succès aidant, touchant un plus large public, les aventures de Palmer s'assagissent et deviennent caustiques, tout en restant burlesques. Autre élément, le dessin qui s'est transformé : à l'époque des Disparus d'Apostrophe et du Chanteur de Mexico, la bande adopte une Ligne Claire séduisante qui me plaisait bien, puis le dessin s'est dépouillé, devenant caricatural comme dans l'Enquête Corse, à la limite pas joli, mais que je supporte grâce à la drôlerie des situations. De plus, Pétillon a même redessiné des albums, modifiant des histoires. La bande a aussi adopté plusieurs formats (gag en 1 planche, récit complet et récit long selon les supports qui la diffusaient, Pilote, Echo des Savanes, Charlie Mensuel, VSD, Télérama...). D'où un sentiment de qualité inégale qui me pousse à une note de 3/5.

19/09/2013 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Après la lecture des tomes 4, 5, 11 et 12. Je n'aime pas vraiment le dessin mais j'ai été très sensible à l'humour de cette série. Pétillon se joue de ses personnages et des milieux caricaturés. Même son personnage Jack Palmer est un loser anti-héros. On retrouve beaucoup de clichés mais ils sont brillamment utilisés au profit de l'humour omniprésent. J'ai souvent ri, chose rare avec des BD. Je vais rechercher les autres tomes car au niveau read-play, c'est excellent. Je m'affranchis complètement du dessin stylé vieillot. J'ai été étonné d'ailleurs de la voir évoluer avec un fin au départ évoluant vers un trait beaucoup plus gras. Il y a clairement une baisse de qualité sur ce point. Mais cela m'est égal car c'est le contenu du scénario et la narration qui me plaisent dans cette série.

30/05/2010 (modifier)
Par Chev
Note: 4/5

On devrait distinguer clairement la première époque (supermarketstein, sacrée salade,...) de la seconde. Peu de choses, hormis Jack Palmer lui-même, les unissent. Cependant, j'aime les deux. Dans le premier cas, le dessin est chargé avec des gags à chaque case tandis que l'humour y est loufoque et absurde. On y atteint des sommets dans le genre. La seconde partie de l'oeuvre est à l'humour plus fin et en prise avec le réel (l'antithèse des premiers albums en somme). L'affaire du voile, L'enquête corse en sont les sommets. La nouveauté 2009 : enquête au paradis ne décevra pas ceux qui ont aimé ces 2 précédents titres. Citons également les albums charnières des 2 époques que sont Le chanteur de Mexico ou Les disparus d'Apostrophe qui sont de pures merveilles d'humour.

23/12/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Une série policière humoristique plus ou moins inégale. Certaines albums me font rigoler, mais je souris plus que je ne ris, alors que d'autres, en particulier les premiers, m'ennuient profondément. Les bons albums ne révolutionneront pas le genre, mais on passe un agréable moment de détente avec en prime une satire sur un sujet de société comme la mode ou la Corse. Le style de Pétillon évolue beaucoup au cours de la série. Je trouve les dessins des premiers albums très moches avec un graphique dégueulasse, surtout pour les personnages, alors que les derniers ont un style sympathique qui me fait penser au dessin de presse.

03/01/2008 (MAJ le 03/01/2008) (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Ce n'est pas une lecture dans mon genre de prédilection mais je dois bien avouer que c'est pas mal. Non pas que celle-ci me fasse hurler de rire mais j'ai trouvé des réflexions très intéressantes sur la société contemporaine. "L'affaire du voile" par exemple m'a beaucoup plu car on parle d'un sujet ultra sensible mais avec une touche de délicatesse. "L'enquête corse" est également drôle car elle dresse un portrait sympathique de l'île de beauté. Cet humour est fin et j'apprécie réellement malgré la médiocrité du dessin. Néanmoins, dans le genre "regard sur la société", il y a mieux (Sfar et Larcenet).

12/10/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Palmer ?...Une sorte de Columbo. Comme lui il est vêtu d'un imper un peu trop grand, la tête ici surmontée d'un chapeau mou. Comme lui, il va se trouver plongé dans des énigmes assez tordues. Mais là où Columbo tente de démêler ces dernières, Palmer, lui, arrive à les compliquer encore plus. Un seul mot, d'ailleurs, pour qualifier ce détective : nul ! Il fait ses débuts dans l'hebdo Pilote n° 742 du 24 Janvier 1974. J'aime bien Palmer. Un univers complètement absurde où je me suis amusé à retrouver les parodies de ce genre policier. Et il y en a !... Le dessin ?... Assez touffu dans les premiers tomes. Mais, chemin faisant, Pétillon va éclaircir son trait ; lequel va alors "tirer" vers une sorte de ligne claire (j'avoue que j'aime un peu moins).. Une série parodique ou j'ai retrouvé bien des poncifs du genre ; un très bon traitement de l'art du non-sens pour un héros et un univers attachants, même si tout cela est parfaitement "con". Original et assez novateur dans le genre. Ma cote réelle : 3,5/5.

24/11/2006 (modifier)
Par Nijal
Note: 3/5

Mon avis ne porte que sur les deux derniers tomes parus :"l'enquête corse" et "l'affaire du voile". D'ailleurs il est remarquable qu'avec la sortie de ces albums, cette série ait acquis une telle notoriété, alors qu'elle était auparavant réservée à un cercle d'initiés. C'est sans doute parce que Pétillon a pris le parti-pris d'ancrer les aventures de son détective fétiche dans l'actualité brûlante. Comme le fait remarquer James Red, on peut se poser des questions sur l'avenir de telles oeuvres. Sans doute seront-elles considérées comme des "objets historiques", photographies à chaud de notre société actuelle. Mais ces photographies, parlons-en justement. Avec "l'enquête corse" mais plus encore avec "l'affaire du voile", Pétillon se moque visiblement de froisser les susceptibilités. Faire une satire de la société française, ça quantités de gens l'ont fait, mais centrer son propos sur la Corse ou sur les milieux musulmans, voilà une autre paire de manches. Le plus grand risque évidemment était de tomber dans la caricature pure et dure. Pétillon a suffisamment de finesse pour éviter cet écueil. Certes les clichés et autres préjugés sont allègrement représentés. L'auteur ne les balance pas en vrac sans réflexion, et a contrario n'essaie pas de nous faire penser que les clichés sont éloignés de la réalité. Pétillon est dans une autre optique, autrement plus intelligente. Les clichés, il les étudie, et par une analyse pointue des milieux concernés, cherche à les comprendre. "L'affaire du voile" est vraiment le meilleur des deux, car c'est dans celui-là qu'il parvient le mieux à étayer cette analyse en s'éloignant des clichés tout en se les appropriant. Bien sûr ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre, mais dans le climat actuel, ces objets de dédramatisation drôles et teintés de tendresse sont vraiment les bienvenus.

25/08/2006 (modifier)