Mardi 11 septembre

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Ce récit autobiographique commence le 11 septembre 2001, à New York. L'auteur, Henrik Rehr, habite à 200 mètres du World Trade Center. Ce jour-là, comme tous les jours...


9/11 Autobiographie Documentaires New York

Ce récit autobiographique commence le 11 septembre 2001, à New York. L'auteur, Henrik Rehr, habite à 200 mètres du World Trade Center. Ce jour-là, comme tous les jours, sa femme Evelyn part au travail en emmenant leur fils aîné Dylan à l'école. Lui reste travailler à la maison en s'occupant de leur second enfant de deux ans. A 8h48, un premier avion s'abat sur l'une des Twin Towers... La suite appartient à l'histoire... Mardi 11 Septembre n'est pas un ouvrage d'analyse politique ou historique de cette catastrophe. C'est l'histoire d'un être humain, perdu au coeur d'un événement, d'un homme face à la perte d'un être cher. Les premières pensées de Henrik vont à sa femme, qu'il n'arrive pas à joindre à son bureau. Quand ils parviennent enfin à se parler, il se rendent compte que ni l'un ni l'autre n'a de nouvelles de Dylan. Pour Henrik, cette angoisse lui remémore la naissance de son fils, où sa femme fut atteinte d'une grave maladie caractérisée par des convulsions accompagnées de coma. Si, en apparence, le cerveau n'étais pas atteint, Evelyn avait pourtant perdu ses esprits, délirant constamment. Henrik s'est demandé pendant plusieurs jours s'il n'allait pas devoir commencer une nouvelle vie avec un nourrisson et une épouse devenue folle. Ces flashes-back intimes ponctuent le récit du 11 septembre où l'on suit l'évacuation du quartier et la recherche de Dylan... qu'Henrik retrouvera heureusement sain et sauf. Texte : Vents d'Ouest

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Août 2003
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Mardi 11 septembre
Les notes (4)
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09/03/2004 | ArzaK
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Par Ems
Note: 3/5

Ce petit one shot est un petit roman graphique correct mais son apport documentaire est faible. Ce témoignage m'a paru léger, tout s'articulant autour de l'auteur et sa famille. Ils ont vécu les évènements d'assez loin, jamais directement en tout cas. Ce jour noir a été tant décrypté par les médias que cette BD parait futile en comparaison de certains témoignages aux images si impressionnantes. Mis à part cette interprétation, la narration est bonne, la lecture est fluide, le récit est bien structuré. En tant que roman graphique, c'est court par rapport à ce qu'il se fait en général. Le dessin est très typé comics indépendant tant au niveau du trait que de la colorisation bichromique. Pas mal mais loin de ce que j'attendais.

01/10/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Jusqu'à ce jour, aucune lecture concernant les évènements du 11 Septembre 2001 m'avait réellement satisfait. Le 11e Jour avait été catastrophique. A l'ombre des tours mortes de Spiegelman était décevant... Dans ce témoignage d'un père de famille qui vivait juste à côté des buildings du World Trade Center, j'ai senti toute l'horreur de cet acte de terrorisme sans pareil dans l'histoire du monde. Il s'inquiète pour l'un de ses fils resté coincé à l'école qu'il a peur de ne pas pouvoir protéger contre quelque chose qui le dépasse. Peut-être que j'ai ressenti tout simplement l'émotion d'un père pour un jeune enfant qui ignore le monde dans lequel il vit. L'insouciance des enfants est un bienfait dans des moments tragiques. J'ai bien aimé également les réflexions de l'auteur ici et là notamment quand il dit que ceux qui ont fait cela ressentaient certainement de l'amour pour leurs propres enfants. Cela rend une certaine gravité au récit tout en le mêlant à la réflexion. Le XXIème siècle a bien mal commencé avec ces années Bush... Il est vrai qu'il y a un côté bourgeois new-yorkais qui vit dans le traumatisme à chaque coup de tonnerre qui pourra énerver le lecteur peu indulgent. J'arrive toutefois à comprendre même lorsque le sentiment dominant chez l'auteur est la colère contre les terroristes et la manière de les torturer à mort. Il n'a pas été qu'un témoin de la catastrophe mais tout son monde s'est écroulé. Plus jamais une telle infamie ! Tout conflit peut se régler autrement qu'en s'en prenant à des innocents. Un récit poignant et intelligent.

13/08/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

Le 11 Septembre 2001 n'est plus une date ordinaire et la destruction du World Trade Center a été l'événement le plus médiatisé de la planète. Ce témoignage est le premier réalisé en BD. Son auteur, un dessinateur danois, habitait un immeuble proche d'où il voyait des "Tours Jumelles". Ce mardi-là devait être un jour comme un autre, avec sa femme qui partait au travail en déposant l'aîné de ses enfants à l'école voisine. Lui s'occupait du cadet à domicile lorsqu'il assista à la première explosion, bientôt suivie d'une seconde. Il relate ici sa stupeur, ses pensées instantanées, ses questions sans réponses. Puis c'est l'évacuation, avec le petit dans les bras, les rumeurs et les informations colportées par les autres habitants de l'édifice et, surtout, cette angoissante impossibilité momentanée de contacter son épouse et son fils, en ignorant s'ils sont indemnes, blessés... ou pire encore. Au-delà du côté humain du récit, il y a ce reportage, vécu de l'intérieur, sobrement dessiné en noir et blanc. Le lecteur est vraiment entraîné de manière hyperréaliste au coeur du drame. Et quel drame, et quelle journée ! Celle-là, je m'en souviendrai pendant longtemps. Votre humble serviteur est Attaché de Sécurité à l'OTAN. Ce 11 Septembre j'étais, comme d'habitude, au Grand Quartier Général lorsque ça a "bardé". Il ne faut surtout pas croire que tout le monde se met à courir, comme dans les films. Non. On reste statique, on ne parle pas, on écoute, on avale les infos télévisuelles. A haut niveau, la décision est prise : évacuer le GQG. Et, tout de suite, les automatismes renaissent... heureusement. Il en a quand même fallu, pour certains, de la persuasion. Nombre de personnes, de nationalités différentes, m'avisaient -parfois hautainement- d'un "Mais non, ça ne nous arrivera pas !". Pendant ce temps, des avions passaient -haut dans le ciel-, déjà détournés de leurs couloirs aériens. Et si l'un d'entre-eux m'était "tombé sur la pomme"? C'est par après que l'on y repense. Il ne faut JAMAIS dire : "mais non, ça ne m'arrivera pas !". Car TOUT peut arriver !.. Un album-témoignage. Un vrai...

28/01/2007 (modifier)
Par ArzaK
Note: 3/5

Cette bd me laisse perplexe, très perplexe même. J’aurais aimé ne pas devoir lui donner une cote, mais puisqu’il le faut, je vais lui donner 3 étoiles, parce que j’ai préféré cet album à celui que Sandrine Revel avait réalisé sur le même sujet (et auquel je n’en avais donné que deux). Le lien entre le Danois Henrik Rehr et le 11 septembre est avant tout celui d’une proximité. Il habitait à deux pas du World Trade Center et il était chez lui lorsque le terrorisme aveugle a frappé. Il nous raconte la manière dont, accompagné de son plus jeune fils, il a vécu les événements de la journée, sans trop savoir ce qui se passait, sans savoir si les siens (sa femme et son autre fils) étaient encore en vie. Aux événements du mardi noir viennent s’ajouter d’autres, plus anciens, plus personnels, l'auteur raconte avec beaucoup de sobriété la manière dont quelques années plus tôt, la mort s’était invité à sa table avant de se retirer. Enceinte de son premier enfant, sa femme avait failli mourir d'une maladie liée à l'accouchement pour être finalement épargnée. L’auteur rapproche ces deux instants, constatant que la vie est fragile et qu’il vaut mieux profiter de tous les instants de la vie tant qu’il en est encore temps, cultiver son jardin et vivre dans la sérénité, parce que d’une certaine manière, nous ne décidons de rien… alors pourquoi s’en faire ? C’est un peu le propos du livre et je dois dire qu’une telle morale, quoique touchante, m’embête un peu quand elle est émise à propos d’un événement comme le 11 septembre. Parce que considérer que deux avions qui viennent se projeter sur deux immeubles, c’est l’adversité, au même titre qu’une maladie, c’est un raisonnement un peu nombriliste. Je veux bien que ce jour là, l’auteur explique bien à quel point il s’est senti si faible, si impuissant face à la violence de la chose; qu’il était là, avec son fils mais qu’il ne savait que lui dire, que lui expliquer face à un évènement auquel il ne pouvait rien (au même titre que la maladie de sa femme). Mais de là à n’avoir absolument aucun recul sur le 11 septembre et ses conséquences mondiales, de là à ne se poser absolument aucune question sur les motivations des terroristes... Je dis non ! Je veux bien qu’un simple père de famille n’a pas grand-chose à voir avec les plans machiavéliques d’un groupuscules fanatiques qui ne rêve que d’un clash des civilisations. Mais face à l’évènement, il y a des questions qui se posent, même si les réponses ne sont pas connues. Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Pour qui ? Pourquoi ? Rehr ne parle de l’évènement que comme s’il ne s’agissait que d’un tremblement de terre, d’une catastrophe tout à fait en dehors de la volonté humaine. En fait, ce qui me gêne peut-être le plus, dans Le 11e Jour de Revel, comme dans ce livre-ci, c’est que les auteurs se sont bornés à ne nous parler que de l’évènement. C’est déjà une bonne chose en soi, dans la mesure où ces deux auteurs étaient sur les lieux au moment des faits et que cela les as marqué à tel point qu’ils ont ressentis le besoin de l’exprimer mais on peut attendre autre chose, je pense, d’une bande dessinée. Parce que s’il s’agit de rivaliser avec l’image filmée, c’est foutu d’avance. Je suppose que tout le monde a vu comme moi bien des documentaires sur le sujet. Ce 11 septembre a été un des événements les plus filmés au monde. Y’a une masse d’images considérables dont beaucoup sont très parlantes en tant que telles. Face à ces images, que peut une image dessinée ? Pas grand-chose… Rehr dessine, par exemple, l’image d’un homme qui saute d’une des deux tours, le corps suspendus dans le vide. Cette image a très peu d’effet sur moi, parce que j’en ai vu d’autre, d’autres images de ces corps sautant dans le vide, captés par les milliers de caméra qui étaient là ce jour-là, images plus « vraies », plus directes, plus cruelles, plus horribles. Ici, c’est juste une image un peu vaine… presque nulle…

09/03/2004 (modifier)