Mimésia

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Dans un futur lointain, l’empire aux mille planètes est devenu réalité et les différentes civilisations extraterrestres cohabitent dans un monde devenu universel. Sur terre, la culture s’est uniformisée, standardisée pour plaire au plus grand nombre, une culture aseptisée et digérée par une IA surpuissante. Par ailleurs, une police culturelle traque impitoyablement les œuvres du passé afin de les conserver en sécurité dans un endroit hors de portée du commun.


Le Musée du Louvre Les intelligences artificielles (I.A.)

Un groupuscule d’activistes tente de soustraire ces chefs d’œuvres artistiques pour montrer qu’il existe une autre forme de culture… alors qu’ils sont poursuivis par les forces de l’ordre, ils cachent un buste de jeune femme du XVe siècle. Celle-ci est découverte par un robot, simple professeur de sport au collège qui, contre toute attente, troublé par cette œuvre d’art, décide de ne pas la rendre et de la protéger. Il devient alors un fugitif… Hugues Micol nous livre une réflexion très actuelle dans ce récit qui mêle la mainmise de l’IA sur la création, une action débridée et drôle, et mille références à la pop-culture. Dessinateur et illustrateur hors pair, Hugues Micol fait vivre ce monde du futur avec virtuosité dans des pages en couleurs directes spectaculaires !

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Septembre 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Mimésia © Futuropolis 2025
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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09/01/2026 | Noirdésir
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Mimésia propose une science-fiction dystopique assez loufoque qui imagine un futur foisonnant de races, de peuples et de créatures aux apparences souvent surprenantes, qui est malheureusement corseté par une IA totalitaire qui cherche à tout normaliser au nom de l'efficacité, au détriment de l'imaginaire, de la culture et de l'art. Un robot coach sportif se retrouve malgré lui responsable de la protection d'un buste de marbre devenu objet de résistance face à ce pouvoir uniformisateur. J'ai apprécié la créativité visuelle de l'ensemble. Les personnages sont souvent improbables, à commencer par ce trio d'handicapés directement inspiré des Mendiants de Brueghel, tandis que le sympathique Tin, persuadé de sauver quelque chose d'essentiel en protégeant une œuvre d'art, constitue un héros assez attachant. Les décors regorgent également d'idées, notamment cette étonnante ville ondulée du début où le sol semble suivre des vagues et où la gravité paraît se plier à une géographie absurde. Le dessin de Micol est immédiatement reconnaissable. Ses couleurs directes, son trait expressif et son sens de la composition apportent beaucoup de personnalité à l'album. Cette esthétique accentue le côté étrange et décalé du récit tout en lui donnant un charme certain. L'histoire se lit avec plaisir et multiplie les trouvailles visuelles, les situations improbables et les idées amusantes autour de la place de l'art dans une société dominée par l'intelligence artificielle. Ce n'est qu'après plusieurs chapitres que j'ai véritablement compris le lien avec le musée du Louvre. En effet, le scénario avait été proposé à l'origine pour la collection coéditée avec le musée, avant d'être refusé. Futuropolis a finalement permis à Micol de mener son projet à terme, ce qui explique sans doute cette impression de liberté totale qui se dégage de l'album. En revanche, la conclusion m'a paru moins convaincante. Là où le récit parvenait jusque-là à maintenir un équilibre entre fantaisie et cohérence interne, le final bascule davantage dans la loufoquerie et donne l'impression de résoudre les choses un peu trop facilement (même s'il m'a permis au passage de découvrir l'amusante erreur HTTP 418 "I'm a teapot"). J'en retiens donc une bande dessinée inventive, visuellement riche et portée par un sincère amour de l'art et de la création. La lecture est agréable, souvent souriante, et déborde d'idées originales. Dommage que son dénouement un peu confus et expéditif me laisse finalement dans un sentiment assez mitigé, entre enthousiasme pour l'univers proposé et frustration devant une conclusion qui ne me semble pas à la hauteur de ses ambitions.

03/06/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Etrange, étrange (comme souvent avec cet auteur)… Si j’en crois l’éditeur, le projet initial de Micol devait intégrer la collection bâtie en collaboration avec le musée du Louvre, mais le projet a capoté, et Micol l’a retravaillé pour le faire sortir de ce cadre. Il en reste néanmoins quelques traces, en particulier dans le dernier tiers du récit. En fait, j’arrondis ma note à trois étoiles (une cote mal taillée en fait), parce que le récit est quand même original, et aussi parce qu’il est assez profond – en tout cas lance des questionnements intelligents et intéressants, à propos de l’art, de la création humaine face à l’intelligence artificielle, etc. Je reconnais donc à Micol plein de qualités. J’ai aussi apprécié certains passages ironiques/humoristique (en particulier celui où un milliardaire habillé en une sorte d’Elvis Presley fait visiter son palais rempli d’œuvres d’art, en étalant son inculture). Mais voilà, si dans les grandes lignes j’ai été intrigué, si le scénario recèle de belles pistes, dans le détail beaucoup de choses m’ont échappé, j’ai trouvé l’histoire à la fois confuse et un peu creuse, ce qui m’empêche de sortir pleinement satisfait de ma lecture.

09/01/2026 (modifier)