Vertu de St-Cyr
En entrant à Saint-Cyr, Vertu Dumas pensait qu'elle allait se hisser au sommet grâce à ses talents de duelliste.
De cape et d'épée Féminisme Gays et lesbiennes Harcèlement scolaire La BD au féminin Racisme, fascisme Webtoon Young Adult
Mais elle se rend compte que l'école est dominée par les « tradis », un groupe d'élèves et de gradés sexistes, racistes, homophobes et nationalistes. Révoltée par leurs agissements, Vertu abandonne ses rêves de gloire au profit d'une nouvelle ambition : détruire ce groupe.
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 10 Octobre 2025 |
| Statut histoire |
Série en cours
1 tome paru
Dernière parution :
Moins d'un an
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Les avis
Dans cette série inspirée d'affaires réelles de harcèlement et de sexisme à l'école militaire de Saint-Cyr, une jeune escrimeuse talentueuse découvre qu'elle devra affronter un système entier de harcèlement dominé par les privilèges, les traditions et la misogynie. Je ne suis pas totalement à l'aise pour juger cette série, car elle brouille volontairement la frontière entre fiction et réalité. D'un côté, on retrouve tous les codes du webtoon et du shojo romantique : une mise en scène très diluée, des personnages fortement typés, des antagonistes particulièrement détestables, des héroïnes courageuses confrontées à une adversité écrasante, et une mécanique narrative pensée pour pousser le lecteur à vouloir les voir triompher. De l'autre, l'histoire affirme s'inspirer directement de l'école militaire de Saint-Cyr, en reprenant son vocabulaire, certaines de ses traditions et surtout des accusations réelles de harcèlement, de sexisme et de bizutage révélées dans la presse. C'est là que réside pour moi une certaine gêne. Si la réalité correspond réellement à ce qui est montré ici, alors les faits sont d'une gravité telle qu'ils dépassent largement le cadre d'un simple récit d'aventure ou de romance. À l'inverse, si la situation est plus nuancée que ce que présente l'album, alors la fiction prend le risque de transformer une réalité complexe en affrontement très manichéen. Je suis toujours prudent lorsqu'il s'agit de sujets reposant en partie sur des accusations et des témoignages, surtout lorsqu'ils concernent des institutions réelles. J'aurais été plus à l'aise si l'action s'était déroulée dans une école fictive clairement inspirée de Saint-Cyr plutôt que dans une représentation qui donne parfois l'impression de montrer le fonctionnement réel de l'établissement. Mis à part cette réserve, la lecture fonctionne très bien. Le dessin, influencé par les mangas et les webtoons, est agréable, dynamique et porté par une palette de couleurs douces qui contraste efficacement avec la dureté des thèmes abordés. Le rythme est soutenu et l'on tourne les pages avec facilité. J'ai particulièrement apprécié certains personnages, notamment Vertu, Ysaure et même le jeune frère du principal harceleur, qui apportent davantage de nuances au récit. À l'inverse, Maxim m'a paru trop odieux pour être crédible tant sa méchanceté semble omniprésente. J'ai également eu du mal avec le comportement du reste des élèves, qui suivent presque systématiquement les meneurs comme un seul homme. C'est un ressort narratif très fréquent dans ce type de manga où les héros se retrouvent seuls contre tous, mais cela me donne trop souvent une impression d'exagération. Reste que cette accumulation d'injustices est précisément ce qui rend la lecture aussi efficace. La colère qu'elle suscite donne envie de voir les héroïnes se relever, résister et prendre leur revanche. La série aborde de front le sexisme, le harcèlement, le poids des traditions et des privilèges, et elle parvient sans difficulté à provoquer l'indignation du lecteur. Malgré mes réserves sur le mélange entre fiction romancée et représentation d'une institution bien réelle, j'ai trouvé ce premier tome prenant et difficile à lâcher. La fin donne clairement envie de découvrir la suite, d'autant plus que la série est annoncée en seulement trois tomes, ce qui laisse espérer un récit resserré qui ne s'étirera pas inutilement.
Voilà une œuvre sur laquelle je ne sais pas encore pleinement quoi penser mais que je trouve indéniablement intéressante. Vertu de St-Cyr, avec son titre et sa couverture, m'a paru à l'origine être un banal récit historique vantant la gloire passée et (disons-le) grandement enjolivée (voire même inventée) de la France, le tout dans un enrobage "girl-power". Sauf que voilà, curieuse que je suis, j'ai quand-même essayé de voir de quoi il retournait et, quand j'ai vu qu'il s'agissait vraisemblablement d'un récit souhaitant surtout parler de sujets comme le harcèlement scolaire, l'élitisme bourgeois et la cruauté et le froideur d'un système patriarcal, j'avoue que j'ai sincèrement eu envie de voir de quoi il retournait. Vertu de St-Cyr nous raconte l'histoire de Vertu Dumas, une jeune femme souhaitant rejoindre les rangs de l'armée et qui devra faire face à un système archaïque, cruel et inhumain broyant chacun-e des élèves entrant dans l'école. Ou l'on plie, ou l'on casse. Vertu, orgueilleuse et désireuse de justice, fera tout son possible pour résister mais finira par rejoindre malgré elle l'infernale machine qui régit l'école, et c'est avec Ysaure L'Éstoiles, une jeune fille dont la vie sociale a été réduite en miette lorsque d'affreuses rumeurs sur sa soi-disante perte de virginité on commencé à circuler, et Alyosha Novotny, petit frère du grand chef de la bande dirigeante, secrètement homosexuel, que Vertu va commencer à instaurer une rébellion, une vengeance même. Bon, sur ce point, difficile pour moi d'en dire plus, c'est justement là que ce premier tome se termine. L'histoire est classique, la mise en scène ne m'a pas convaincue et le dessin, bien qu'expressif, ne me parle pas tant que ça. Sur ces points l'album ne m'a pas vraiment marqué en bien, et pourtant je vous ai partagé le fait que je le trouvais tout de même très intéressant lors de mon introduction. Pourquoi ? Parce que l'album ne mets pas des gants et souhaite aborder son sujet ouvertement et clairement. Harcèlement systémique, pression social, bizutages, peur, contrôle des foules, discours sexistes, racistes, classistes, nationalistes et homophobes normalisés et intériorisés, la radicalisation des pensées et des paroles, les beaux discours de façades et les actions "positives" qui ne font pas de vague, qui ne changent rien… On nous parle de tout, tout ce qui constitue un système social cherchant par tout les moyens à conserver des séparations de classes, de sexes/genres claires et qui cherche à se donner des airs de progressisme. Le fait que le récit et la mise en scène, tant dans les dialogues que dans l'usage de certaines commodités modernes, mélange le récit historique et certains us et coutumes de notre époque à nous nous rappelle le caractère intemporel de ce genre de récit. Au delà du caractère intemporel, il est aussi question d'un fonctionnement de pensée, d'une construction sociale qui refuse de mourir, qui se cache sous des atours progressistes et bien pensants mais qui continue bel et bien d'exister, d'agir, d'écraser les mentalités. La post-face où les autrices parlent de ce qui les a inspiré pour ce récit est justement intéressant. Le sujet de l'embrigadement et de la dichotomie entre les discours tenues et les actions effectuées par les classes dirigeantes, par les institutions nationales, sont encore bel et bien d'actualité. Donc voilà, même si la forme du récit ne me parle pas vraiment, que la narration m'a paru trop convenue, je reconnais amplement à cette création de ne pas être creuse et mièvre pour autant, d'être joliment travaillée et documentée dans son fond même. Je n'irais sans doute pas plus loin, faute d'attache, mais nul doute que d'autres personnes pour qui ce style parle plus sauront apprécier ce récit qui, je l'espère avec cette prémisse engageante (bien que classique), semble bien parti pour être a minima sympathique et réfléchie.
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