Terremer (Earthsea)

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Cette adaptation du Sorcier de Terremer est un hommage fidèle et respectueux à ce récit iconique de la fantasy, servi par les dessins à couper le souffle de l’illustrateur de renom Fred Fordham.


Adaptations de romans en BD Auteurs britanniques Les petits éditeurs indépendants

Sur Gont, l’une des nombreuses îles de Terremer, Duny, le fils du forgeron, mène une vie paisible de gardien de chèvres. Jusqu’au jour où il découvre qu’il maîtrise de manière innée le pouvoir des mots. Et que le mage Ogion lui propose d’intégrer l’école de magie sur l’île de Roke. Là, son ambition dévorante lui fait bientôt libérer une créature des ténèbres… qui pourrait mettre en péril le monde entier.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Août 2025
Statut histoire Une histoire par tome 1 tome paru

Couverture de la série Terremer © Livre de poche 2025
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)
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27/08/2025 | Cacal69
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Par grogro
Note: 4/5
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Après relecture, passage entre guillemets ajouté : Avec cette BD, je découvre une autrice dont j'avais jusqu'ici beaucoup entendu parler sans l'avoir jamais lue, à savoir Ursula Le Guin, un illustrateur inconnu au bataillon, ainsi qu'un éditeur que je n'aurais pas soupçonné frayer avec l'univers de la BD : Le Livre de Poche. Bon, pour ce qui est de l'éditeur, Le Livre de Poche c'est Hachette, et Hachette, c'est la caillasse. Or, la BD ayant actuellement le vent en poupe, il était logique qu'Hachette s'y colle. Toujours est-il que quand on m'a parlé de cette BD, j'ai cru à une blague. Pour tout dire, je cherchais un cadeau à faire et la BD à laquelle je pensais n'étant pas dispo chez mon libraire, j'ai entamé un petit tour des popotes. C'est là que, chez un concurrent, une jeune libraire certaine de son coup m'a sorti le dit-bidule (et non pas le Bidibule !). Le dessin s'est immédiatement incrusté dans ma rétine, et si je ne suis pas reparti avec, j'ai bien pris soin de noter la chose dans mon calepin. Et nous y voilà ! Oui, le dessin, c'est avec le scénario le gros truc de cette BD. Je dis dessin, mais il faudrait peut-être mieux parler de graphisme car il faut bien l'avouer, tout ça sent l'outil informatique. Perso, je n'ai pas trop de problème avec ça, surtout quand c'est bien fait, ce qui est le cas ici. Il se dégage en effet une ambiance tout à fait onirique. Que ce soient les forêts baignées de brume, les nuits sans lune où il s'agit de discerner les contours, le halo des flammes verdâtres ou les tempêtes en pleine mer, tout concourt à l'élaboration d'un univers fort et cohérent. C'est vraiment très chouette et plaisant pour les yeux. S'il fallait pointer un bémol, je dirais que c'est l'expression des personnages qui pâti un peu de l'infographie, mais je n'en suis même pas certain. En tout cas, ça a très bien fonctionné sur moi, et si tout cela devait se révéler n'être qu'une création purement AI-assisted, alors je me suis fais berné, je l'avoue par anticipation. Le scénario n'est pas en reste. D'abord, je l'ai trouvé très bien équilibré. J'entends par-là qu'il se développe à un rythme constant qui me sied particulièrement. Ca prend son temps, mais ça avance et se dévoile progressivement. On a le sentiment de s'enfoncer dans le monde de Terremer comme dans un bon fauteuil. Les personnages sont bien taillés et échappent au manichéisme. Ils sont souvent en proie à leurs démons intérieurs : envie de revanche, vexations, volonté de puissance, égotisme... Tout cela rend l'histoire haletante car on sent bien qu'ils peuvent basculer à tout moment, et que cette magie ancestrale que les maitres leur enseignent avec une sagesse profonde peut être source d'un grand désordre, porteuse d'une dualité intrinsèque : pas de lumière sans ombre ! Univers riche donc, mais qui ne repose pas nécessairement sur des aventures épiques à rebondissements multiples, plutôt sur un climat, une ambiance, des psychologies. Un truc philosophique quoi ! L'œil a le temps de s'imprégner des illustrations. C'est très bon de ce point de vue. Là où j'ai plus de réserve, c'est sur les textes que j'ai trouvés parfois un peu maladroits, et globalement mal écrits. C'est très dommageable car ils cassent la fluidité. Peut-être suis-je un peu trop pointilleux... Et d'accord avec Cacal à propos du format du livre, trop petit pour mettre pleinement en valeur les illustrations ! ""Bon, j'ai relu cette BD, et j'ai dû halluciner au sujet des textes qui sont en réalité très corrects. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je devais être fatigué, comme quoi des fois, ce n'est pas le moment... En revanche, on a parfois un peu de mal à identifier qui parle, à plus forte raison parce que certains protagonistes dont les visages se ressemblent bien trop. J'ajouterais tout de même que le dessin est vraiment captivant."" Le sorcier de Terremer reste une BD tout à fait recommandable. Elle m'a en outre donné envie de lire le roman original. Et petite cerise à l'eau de vie sur le gâteau : en menant quelques recherches, j'ai découvert qu'Ursula K. Le Guin était la fille d'Alfred Kroeber, anthropologue américain qui a écrit un livre magnifique qui m'a beaucoup marqué, Ishi : testament du dernier Indien sauvage de l'Amérique du Nord, dont le tire parle de lui-même. Mieux : il a été tiré une série télé de cette histoire !!! C'est très personnel et n'a certes rien à voir avec l'œuvre en elle-même, mais c'est le genre de liens que j'adore faire.

31/10/2025 (MAJ le 05/11/2025) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
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Il y a de la magie dans ce comics. L'adaptation du roman "Les sorciers de Terremer" d'Ursula K. Le Guin. Un roman considéré comme un classique de la fantasy et de la littérature jeunesse. Et le premier volume du cycle Terremer. L'objet en lui-même est de qualité, mais j'aurais préféré un format plus grand (seulement 173 x 243 mm). La BD commence par une carte des différentes iles constituants Terremer, puis par une préface du fils de l'autrice. Ensuite place au récit, il aura pour personnage central un jeune garçon de condition modeste, il deviendra le plus grand des magiciens. Un jeune garçon aux différents noms : Dunny (celui de son enfance), Épervier (son nom de magicien) et enfin Ged (son nom véritable). Dunny va intégrer une école de magie (elle n'a rien avoir avec Poudlard) où il va apprendre et apprendre. Une école austère où on peut entendre une mouche voler. La magie y est traitée de manière intelligente, elle demande patience, humilité et travail. Un récit qui prend le temps de développer l'évolution psychologique d'Épervier, entre culpabilité (il a fait apparaître une entité malveillante) et recherche d'identité, tout en faisant du pouvoir, de la fine frontière entre le bien et le mal, les thèmes principaux de cette histoire . L'histoire est captivante, les personnages sont tous intéressants et la narration est maîtrisée, elle permet de profiter des sublimes textes d'Ursula K. Le Guin. Ne vous attendez pas à de la fantasy violente avec des scènes de combats sanglants, mais plutôt à une fantasy qui tend vers le récit philosophique. Être capable de donner le vrai nom des êtres vivants, ne serait-ce pas la clé du pouvoir ? Une quête intérieure mâture, complexe et touchante. Pour la partie graphique, j'ai été sous le charme des planches qui nous dévoilent ce monde d'eau où quelques îles émergent ci et là. Surtout celles où le texte est absent, un certain onirisme s'en dégage. La colorisation lumineuse à l'aquarelle est magnifique. Le passage avec les dragons dans la brume est superbe. Par contre, les plans serrés sur les personnages et ceux de nuit manquent de lisibilité, il n'est pas toujours évident de savoir qui est qui, le choix de couleurs sombres dans les mêmes tons n'est pas judicieux. Le seul point négatif à mes yeux. Fred Fordham a su retranscrire l'essence du roman. Je serai du voyage pour une seconde adaptation.

27/08/2025 (modifier)