Submersion
Quand la mer monte… Les frères Calloway unis dans la haine.
Écosse Les coups de coeur des internautes Les petits éditeurs indépendants
Wyatt était le plus prometteur de la fratrie Calloway. Il avait une femme, un gamin, un diplôme. Pas comme ses frères, Travis et Badger, qui se tuent à la tâche dans l’usine de tri des algues invasives de Shebkirk, un coin perdu de l’Écosse menacé par des mégamarées cataclysmiques. Wyatt n’aurait pas dû mourir. C’est injuste, inacceptable. Incompréhensible, surtout. La route était toute droite, il n’y avait personne. Mais il pleuvait et Wyatt avait bu une bière. Ç’avait suffi à la police pour conclure à une perte de contrôle. Mais pas à Travis. Quelque chose cloche, il en a le pressentiment, mais rien pour le prouver. Jusqu’au soir où il surprend une conversation entre des gars du coin. Il est question d’un concours de billard remporté de justesse grâce à Joseph, le mécano, qui aurait débarqué en retard et sauvé la mise à ses coéquipiers. Pas grand-chose a priori, sauf que Travis avait perçu ces derniers mois des tensions entre Joseph et son petit frère, et que ce dernier avait perdu la vie précisément le soir de ce concours de billard. Pas grand-chose, mais la petite étincelle que Travis attendait pour démarrer la machine à embrouilles. Qu’est-ce qui avait mis en retard Joseph ?
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 02 Octobre 2024 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
D’emblée, il faut le dire, Submersion n’est pas une BD qui vous prend aux tripes dès les premières cases. Le rythme est lent, presque contemplatif, et c’est diablement bon. Ywan Lepingle prend son temps pour installer une atmosphère, pour faire monter en nous une tension sourde, une mélancolie qui colle à la peau. On pourrait croire que ça traîne, mais chaque page, chaque silence entre les dialogues, est nécessaire. C’est une œuvre qui respire, qui s’impose par sa lenteur même. Et puis, il y a ce graphisme. Très épuré, très sobre, sans fioriture. On pourrait s’attendre à plus de détails, à plus de spectaculaire, mais non ! Iwan mise sur l’essentiel, sur la force des lignes et des ombres. Le trait est sec, précis, presque minimaliste. Et c’est là que réside la magie : cette simplicité apparente cache une maîtrise totale du récit visuel. On est surpris, puis conquis. Les couleurs, ensuite, ces couleurs chaudes, presque anachroniques dans les paysages nord-écossais qu’il dépeint. On s’attend à des gris, à des bleus froids, à une palette qui colle au climat rude et aux falaises battues par les vents. Mais non, Iwan ose des ocres, des rouges, des jaunes qui semblent sortir d’un autre monde. Et pourtant, ça marche. Terriblement bien. Ces couleurs, loin d’affaiblir le récit, lui donnent une dimension presque onirique, comme si chaque case était un tableau à part entière. J’ai acheté cet album parce que la couverture m’a immédiatement rappelé l’hôtel Sainte-Barbe au Conquet, cette masse de béton abandonnée sur la falaise, face à Ouessant. Ce bâtiment fantôme, ce géant de pierre et de souvenirs, qui résiste encore et toujours aux assauts de l’océan. Submersion m’a fait revivre cette sensation de solitude face à l’immensité, cette mélancolie des lieux qui ont vu passer des vies et qui, aujourd’hui, ne sont plus que des coquilles vides. Je me suis régalé. Vraiment. Chaque page tournée était un plaisir, chaque planche une invitation à m’immerger un peu plus dans cette histoire. C’est une BD qui ne vous lâche pas. Je la recommande vivement, à ceux qui aiment les récits qui prennent leur temps, qui osent la sobriété et la poésie, et qui savent que la beauté se niche souvent là où on ne l’attend pas. Un coup de cœur, sans hésitation pour ce polar surprenant.
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