Le Vivant à vif

Note: 5/5
(5/5 pour 1 avis)

Adaptation au format bande dessinée de "A l'aube de la sixième extinction" de Bruno David.


Adaptations de romans en BD Changement climatique Documentaires École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg Environnement et écologie Perles rares ?

Salomé et Félicien, deux collégiens particulièrement bavards, doivent préparer un exposé. Peu réjouis à l'idée de devoir travailler sur cet exercice, il leur est distribué un sujet des plus mystérieux : « A l'aube de la sixième extinction ». Menant des tentatives de réflexion plus vaines les unes que les autres, ils sont bientôt épaulés par Iris, une jeune scientifique rencontrée par le plus heureux des hasards. Celle-ci, spécialiste de sujets environnementaux , va ouvrir les deux adolescents à l'étendue de ses connaissances, en leur décrivant la richesse de la biodiversité et les conséquences de l'exploitation intensive des ressource énergétique et alimentaires. À son contact, ils vont se sensibiliser à des questions environnementales plus que jamais d'actualité, pour devenir ensuite, à leur échelle, les porte-paroles de l'urgence à sauver notre planète.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Avril 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Vivant à vif © Rue de Sèvres 2024
Les notes
Note: 5/5
(5/5 pour 1 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

19/06/2024 | Mac Arthur
Modifier


L'avatar du posteur Mac Arthur

Rarement un livre m’a semblé aussi essentiel. La lecture de ‘Le Vivant à vif’ devrait être imposée dans toutes les écoles, son étude devrait être suivie de tables de réflexions, de travaux pratiques, d’actions sur le terrain. Son constat devrait influencer les politiques menées par nos dirigeants, avec une vision mondiale. Car ‘Le Vivant à vif’ supprime toutes les frontières, son sujet concerne chacun d’entre nous. Nous provoquons une catastrophe sans précédent, nous le savons et nous sommes pourtant incapables d’agir, de nous brider, de nous unir, de nous sauver. Ce livre pourrait être profondément déprimant s’il n’y avait la dernière partie qui redonne un peu espoir en éclairant les petites actions que déjà certains d’entre nous mènent au quotidien, et d’autres que nous pourrions tous mener à notre tour. Mais de quoi est-ce qu’on cause ? Le Vivant à vif est l’adaptation au format bande dessinée du roman de Bruno David « A l’aube de la sixième extinction ». Adapté pour être compris d’un très large public, il explique de manière didactique pourquoi et comment nous, l’humanité dans son ensemble et les pays riches en particulier, sommes responsables de la future extinction de masse. Un futur qui a déjà commencé, un futur qui nous concerne tous et qui pourrait (devrait ?) nous être fatal. Par son propos, cette bande dessinée peut être rapprochée de « Le Monde sans fin » de Blain et Jancovici. Je trouve toutefois son contenu encore plus pertinent car celui-ci ne se limite pas au seul réchauffement climatique. Même s’il montre parfois une décroissance idyllique (qui ne rêve pas d’une belle maison avec un beau potager, une alimentation saine à base de produits locaux, une mobilité douce en vélo), il n’occulte pas les aspects négatifs ou moins réjouissants de cette absolue nécessité d’arrêter d’épuiser la terre. J’ai particulièrement apprécié le fait que les auteurs soulignent le caractère énergivore des réseaux sociaux. Mieux encore, pour la première fois j’ai lu dans une bande dessinée grand public que ne pas avoir d’enfant était un acte responsable (rahhhh, que ça fait du bien dans ce monde occidental où ne pas avoir 1,7 enfant par ménage est considéré comme de l’égoïsme à l’état pur !) Et puis Dieu sait si j’ai déjà lu pas mal de documentaires traitant de l’impact positif du végétarisme… mais c’est le premier qui me fait vraiment réfléchir à la pertinence de sauter le pas (le chapitre sur la pêche et les ressources marines m’a particulièrement marqué). La mise en scène de Simon Hureau est soignée. Si elle destine prioritairement cette lecture vers un jeune public, elle demeure accessible à tous. Le trait de l’auteur apporte toujours autant de fraicheur à ses planches, et ses qualités de naturaliste ne sont plus à démontrer (même si ici, il reste très en deçà du travail méticuleux réalisé sur L'Oasis). Le moins que l’on puisse dire est que c’est une lecture qui m’a marqué. Et du fait que je trouve son message essentiel, sa forme adaptée à un très large public et sa conclusion incitante, je me laisse aller pour un « culte ». A lire A faire lire A relire A partager … et puis agir…

19/06/2024 (modifier)