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Pot-bouille

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Derrière le luxe et les tentures dorées, tout n’est que saleté, stupre et vacuité. Comme l’écrit Zola, la bourgeoisie, c’est « cochon et compagnie » !


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Adaptations de romans en BD Emile Zola Les petits éditeurs pendant la pandémie Paris

« Pot-bouille » : cuisine ordinaire, tambouille médiocre des familles. Tout juste arrivé à Paris, Octave Mouret emménage rue de Choiseul dans un immeuble bourgeois au cœur d’une capitale en pleine transformation haussmannienne. Derrière la façade policée, il découvre l’envers du décor : basses intrigues et adultères à tous les étages ! Chacun fait sa petite cuisine peu ragoûtante pour s’acheter une place dans la société du Second Empire. Avec l’appétit d’un jeune loup affamé, Octave s’en donne à cœur joie parmi ces hypocrites, prend une maîtresse à chaque étage et s’enivre des mesquineries de familles prêtes à tout pour marier leurs filles. Éric Stalner et Cédric Simon dressent avec virtuosité une galerie de personnages plus jubilatoires les uns que les autres et nous régalent du spectacle de la faiblesse humaine.

Scénaristes
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Mars 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Pot-bouille © Les Arènes 2020

08/08/2022 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Dans la série des Rougon-Macquart, Pot-Bouille vient s’intercaler entre Nana et Au Bonheur des dames. Et s’il garde quelque peu le caractère sulfureux de Nana, il se centre bien plus sur une critique de la bourgeoisie, de sa suffisance et de son hypocrisie. Ce récit n’a pas la modernité d’Au bonheur des dames (encore d’une grande pertinence aujourd’hui) mais nous permet de découvrir le Paris bourgeois de l’époque au travers de la petite « popote » quotidienne de ses habitants. L’histoire est simple : Octave Mouret, un provincial, emménage dans un Hôtel particulier du 2ème arrondissement parisien. D’abord réservé, il cerne rapidement le profil des autres locataires de l’immeuble, repère les femmes qui l’intéressent et s’insinue dans leurs quotidiens, profitant des largesses des unes tout en restant dans les bonnes grâces des autres. Nous découvrons ainsi plusieurs familles réunies sous un même toit et Emile Zola nous en décrit toute la suffisance, toute l’hypocrisie, toute la mesquinerie, sans même épargner Octave Mouret, qui finalement devient aussi arriviste et mesquin que les autres. L’adaptation qu’en offrent Eric Stalner et Christophe Simon est d’une bonne qualité sans être exceptionnelle. Les deux principaux reproches que je ferais viennent du fait qu’il est parfois facile de confondre deux personnages féminins et que les coupures inévitables dans le texte original se font sentir à diverses occasions. La lecture demeure cependant fluide et, dans l’ensemble, le roman me semble restitué sans manquement notable. Mais, par rapport à la modernité dont Agnès Maupré avait fait montre dans son adaptation de « Au bonheur des dames », les deux compères restent ici dans un style très académique, n’apportant à mon goût pas assez d’accents personnels dans leur adaptation. Si vous ne connaissez pas le roman, voici une manière aisée de le découvrir. Sorte de « Desperate housewifes » avant l’heure, ce roman demeure une peinture acerbe de la bourgeoisie parisienne de la seconde moitié du XIXème siècle. Pas mal quoi, mais un peu trop académique à mon goût et se basant sur un roman que je trouve plus démodé et moins pertinent à l’heure actuelle que d’autres œuvres de Zola.

08/08/2022 (modifier)