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Bella ciao

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Bella ciao, c'est un chant de révolte, devenu un hymne à la résistance dans le monde entier... En s'appropriant le titre de ce chant pour en faire celui de son récit, en mêlant saga familiale et fiction, réalité factuelle et historique, tragédie et comédie, Baru nous raconte une histoire populaire de l'immigration italienne.


Baru Immigrants

Bella ciao, c'est pour lui une tentative de répondre à la question brûlante de notre temps : celle du prix que doit payer un étranger pour cesser de l'être, et devenir transparent dans la société française. L'étranger, ici, est italien. Mais peut-on douter de l'universalité de la question ? Teodoro Martini, le narrateur, reconstruit son histoire familiale, au gré des fluctuations de sa mémoire, en convoquant le souvenir de la trentaine de personnes qui se trouvaient, quarante ans plus tôt, au repas de sa communion. Le récit se développe comme la mémoire de Teodoro, tout en discontinuité chronologique. Il y est question d'un massacre à Aigues-Mortes en 1893, de la résistance aux nazis, du retour au pays, de Mussolini, de Claudio Villa, des Chaussettes noires, et de Maurice Thorez... Des soupes populaires et de la mort des hauts-fourneaux... En tout, du prix à payer pour devenir transparent. Avec Quéquette Blues, publié dans les années 80, et les Années Spoutnik, publié au tournant du siècle, Bella ciao peut être vu comme le dernier volet d'une trilogie, pensée comme la colonne vertébrale de l'univers narratif de Baru.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Septembre 2020
Statut histoire Série en cours (3 tomes prévus) 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Bella ciao
Les notes (1)
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23/02/2021 | cac
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Par cac
Note: 4/5

Plusieurs histoires composent cet album qui retrace l'histoire familiale de l'auteur issu de l'immigration italienne du début du siècle. Baru, de son vrai nom Barulea, commence par une histoire sur le massacre d'italiens à Aigues-Mortes fin du XIXème siècle. Je connaissais déjà cette affaire de xénophobie qui illustre les premiers sentiments anti-immigrés qui "volent" le travail des nationaux. A cette époque, c'étaient les italiens, plus tard ce seront d'autres étrangers qui seront accusé des mêmes maux. Baru qui a déjà dessiné des histoires de boxeurs est plutôt à l'aise ici. Ensuite on a un récit qui donne son nom à l'album autour de la chanson Bella Ciao qui est un peu revenu "à la mode" ces derniers temps, si vous avez vu la série 'La casa de papel'. On découvre l’intéressant background historique de ce chant, à l'origine incertaine, déclamé par les mondines, les ouvrières italiennes dans les rizières, et récupéré après modification des paroles en tant que chant des partisans, résistants au fascisme. L'auteur raconte également l'histoire de son père qui a connu les camps allemands pendant la Seconde guerre. Et aussi la recette des pâtes familiales, sa madeleine de Proust. Je l'ai lu d'une traite, très bon album. Je lirai avec plaisir la suite de cette saga.

23/02/2021 (modifier)