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Longue Vie/Le Fils du roi

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Une saga d'heroïc fantasy hors-normes


BD muette Les petits éditeurs pendant la pandémie

Il était une fois un monde pacifique, où les hommes vivaient en harmonie avec la nature et les bêtes. Un beau jour, une armada d'êtres mi-hommes mi-bêtes débarque, pillant tout sur son passage. Un berger, dont la famille a été massacrée, réclame vengeance. C'est pour lui le début d'un long périple où l'attendent des ennemis toujours plus monstrueux et des périls toujours plus effroyables... Dans cette saga se déploie un style foisonnant qui peut se rapprocher de celui de Sophie Guerrive ou de Christophe Hittinger. Longue vie : œuvre atypique, composée de dessins réalisés au rotring. Singulière, précise, chaotique, chaque page est une géographie où voyage le regard du lecteur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Mai 2020
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Longue Vie/Le Fils du roi
Les notes (1)
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20/02/2021 | Blue boy
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Par Blue boy
Note: 3/5
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Pour ce vrai-faux diptyque qui commence avec « Longue Vie » et se poursuit avec « Le Fils du roi », le choix formel d’une case par page apparenterait plutôt l’ouvrage à un « beau livre de bande dessinée », car pour l’éditeur Le Tripode, qui n’est pas vraiment spécialisé dans le neuvième art mais est davantage axé sur les romans, le but est de surprendre en s’appuyant sur trois piliers : « les littératures, les arts, les ovnis ». Preuve s’il en fallait encore que la bande dessinée ne se cantonne plus au modèle franco-belge traditionnel mais continue à élargir son champ d’expression, qui semble infini. Pour ce qui est de surprendre, on peut affirmer que le but est atteint, et c’est aussi ce que l’on aime en découvrant de nouveaux auteurs. Dans cet ouvrage totalement muet et lunaire, on va voir évoluer des petits bonhommes tout ronds dans un univers de fantasy médiévale ultra-poétique. Et des petits bonhommes, il y en a partout, souvent regroupés en armées combattantes, car c’est la constante du récit où il est question de conquêtes et de batailles, de victoires et de défaites. Les épées tranchent dans le lard et le sang gicle en pagaille, mais le trait rond à la Mordillo éloigne toute l’horreur que pourrait susciter une description réaliste de ces guerres. L’histoire, quant à elle, est irracontable, d’autant qu’il est souvent assez difficile d’identifier les personnages principaux, qui se reconnaissent plus à leur blason qu’à leur frimousses minimalistes, et dont aucun n’apparaît jamais en plan rapproché. Ce qui est dommage car la fluidité du récit en souffre quelque peu, et surtout cela peut produire une certaine lassitude. A moins peut-être d’être particulièrement observateur, et ceux qui ont passé des heures de leur tendre enfance à s’user les yeux sur « Où est Charlie » y trouveront leur compte à coup sûr. L’humour est bien présent même si on sourit plus qu’on ne rit, on est parfois interloqué devant la prouesse graphique, car il faut bien le dire, « Longue vie » et « Le Fils du roi » tiennent plus de l’exercice de style que d’une réelle volonté narrative. Difficile de ne pas s’extasier devant ces motifs répétés à l’infini à travers les pages, des motifs d’arbres, de buissons, de rochers, de plantes, créant un environnement bucolique très original dont on n’est pas vraiment sûr de vouloir en faire partie, étant donné la menace constante de guerriers en embuscade, si avenant soit le paysage, car c’est bien connu, le barbare adore se vautrer dans les champs de marguerites. Le roman chevaleresque est ainsi mis au goût du jour, avec quelques tranches de romance où la femme apparaît plus dominatrice que l’homme, où l’on ne voit pas la queue d’un dragon mais plutôt d’horrrrrrribles monstres qui tiennent plus de la larve géante venue d’outre-espace. Perché dans ses montagnes (quand il ne fait pas de la BD, il est berger), Stanislas Moussé reste aussi perché sur sa planche à dessin. A défaut d’apprécier pleinement, une curiosité unique en son genre à découvrir.

20/02/2021 (modifier)