Chainsaw Man

Note: 4/5
(4/5 pour 4 avis)

Harvey Awards 2021, 2022, 2023 : Best Manga Title Un manga inclassable où un jeune homme devient très puissant après avoir fusionné avec son chien démon...


Diables et démons Les petits éditeurs indépendants Shonen Shueisha

Pour rembourser ses dettes, Denji, jeune homme dans la dèche la plus totale, est exploité en tant que Devil Hunter avec son chien-démon-tronçonneuse, "Pochita". Mais suite à une cruelle trahison, il voit enfin une possibilité de se tirer des bas-fonds où il croupit ! Devenu surpuissant après sa fusion avec Pochita, Denji est recruté par une organisation et part à la chasse aux démons… Texte: L'éditeur

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 11 Mars 2020
Statut histoire Série en cours - cycle(s) terminé(s) (22 tomes parus au Japon, en cours) 21 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série Chainsaw Man © Crunchyroll (Kazé) 2020
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 4 avis)
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05/01/2021 | Gaston
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L'avatar du posteur Deretaline

Bon, la seconde partie du manga vient officiellement de s'achever hier, j'ai – comme beaucoup – vécu les hauts et les bas de cette seconde partie, pleine de potentiel et pourtant si frustrante dans son exécution. L'histoire a pris fin et je ne sais pas trop quoi penser de sa conclusion (sur laquelle je ne m'étendrais pas puisque ladite fin n'a pas encore été publiée sur papier). Chainsaw Man est une série chère à mon cœur, facilement mon shonen préféré (la partie 1 en tout cas), ne serait-il pas temps pour moi de mettre à jour mon avis qui m'avait toujours semblé perfectible jusque là ? Chainsaw Man c'est un récit mêlant “concept loufoque” et "exécution sérieuse", jouant souvent sur les attentes des lecteur-ice-s en allant à contrecourant de certains archétypes narratifs (tout en sachant quand bien amener des scènes plus convenues et dramatiques). Les personnages avec un code d'honneur (ou la façade d'un code d'honneur, a minima) sont souvent contrecarrés par des actes immoraux et/ou inattendus, bon nombre de situations dramatiques sont entrecoupées (voire purement et simplement interrompues) par des interventions décalées, humoristiques comme à la limite de la sociopathie, … Bref, la formule n'est pas nouvelle, on mélange humour et sérieux, moments de tension dramatiques et cassures humoristiques, mais ce qui fait la force de cette série à mes yeux c'est sa narration. Qu'il s'agisse des jolies idées de mise en scène jouant avec la pagination (comme les attaques du démon Malédiction qui proviennent toujours de l'interstice entre les cases ou encore tout le passage avec le démon Ténèbres), du travail sur l'ambiance bien souvent froide et morose du quotidien qui se fait constamment (mais imprévisiblement) percée par des scènes dramatiques, violentes et tragiques, ou encore de la composition et l'enchaînement de certaines cases qui proposent une narration que je trouve personnellement magnifiques, j'aime énormément la forme de cette série. L'univers est suffisamment complexe dans ses enjeux et simple dans sa forme et son fonctionnement pour que le tout nous semble concret, que l'on se sente investi dedans. Ce monde pourrait être le nôtre (dans les années 90, certes) sauf qu'il s'agit d'une sorte d'uchronie où la quasi-totalité de l'histoire du monde reste inchangée… si ce n'est le fait qu'il existe une dimension infernale parallèle à la nôtre ! Dans cet enfer vivent les démons, tous-tes lié-e-s à un concept et donc né-e-s des esprits humains – de leurs peurs, plus précisément. Plus un concept est craint, plus le démon qui lui est associé se verra puissant, complexe aussi (il y a des strates d'intelligences et une sorte de chaîne alimentaire qui se crée parmi elleux). Rien à craindre pour l'humanité sur le papier, les deux mondes sont hermétiques (sauf cas extrêmement rare de démon pouvant passer de l'un à l'autre), mais le hic c'est que les démons possèdent un cycle de réincarnation bien particulier : tant que le concept associé existe lae démon-ne est immortel-le et renaîtra toujours (l'être, la conscience, l'incarnation précédente du démon n'est plus, mais un nouveau prendra immédiatement sa place) en alternant entre les deux plans d'existence. Si un démon meurt en enfer, sa prochaine incarnation naîtra sur Terre (et vice-versa). Les démons passant leur temps à s'entretuer, la grande majorité d'entre elleux va donc régulièrement se retrouver sur Terre à un moment de leur cycle de réincarnation. Les sociétés humaines sont donc en tout point similaires aux nôtres, si ce n'est que tout le monde est habitué à ce qu'à tout moment un massacre ait lieu et que des groupes (gouvernementaux comme privés) de “devil hunters” aient été mis en place pour assurer au mieux la sécurité des êtres humains. Avec une telle prémisse on pourrait s'attendre à un récit sur le conflit entre les humains et les démons, une mise en parallèle entre les deux espèces se concluant par le fait qu'après tout elles ne seraient pas si différentes, mais en fait pas vraiment. Les démon-ne-s ont vraiment un fonctionnement mental différent des êtres humains, n'ont pas une conception morale similaire (on insiste là-dessus plusieurs fois), et même si de nombreux passages s'interprètent facilement comme une sorte de "après tout les humains sont tout aussi cruels que les démons" le récit se centre surtout sur la condition humaine au-delà du conflit inter-espèce. Les thèmes les plus évidents de la série sont son propos sur la société (japonaise, ça se passe au Japon) étouffante et aliénante qui déshumanise au possible au nom d'un fonctionnement “optimal”, la fascination/relation qu'ont certains démons avec l'humanité ou encore tout simplement l'impossibilité de créer un monde juste et humain. Les personnages sont tous bien loin de la figure héroïque, iels sont cruel-le-s, pathétiques, égoïstes mais indéniablement humains dans leurs imperfections. Notre protagoniste Denji s'en fiche pas mal de sauver le monde (si ce n'est si son petit monde à lui est impacté), n'a pas vraiment de code d'honneur et souhaite plus que tout sortir avec une fille (voire même coucher avec une fille – disons que le bonhomme confond tout du long son besoin de contact humain avec sa libido exacerbée). Denji s'en fiche des règles, des punitions, de la souffrance même (selon une certaine mesure), tout ce qui lui importe c'est de vivre une vie meilleure qu'avant, de protéger les gens qui lui sont chers (au détriment d'inconnu-e-s s'il le faut), il est loin de la figure exemplaire, et pourtant son sincère désir de créer des liens, les amitiés qu'il se forge et ses déboires successifs, le rendent extrêmement attachant. Voilà, ça c'est la force de la première partie de Chainsaw Man, celle qui m'avait fait tomber amoureuse de cette histoire, de ces personnages (car même les plus abjects et petits sont marquants et intéressants), c'est un récit d'apparence foutraque mélangeant "comédie déjantée", “bastonnades gores” et “moments et relations tragiques” qui se révèle en fait surprenamment complexe. Mais pourtant, malgré la fin (certes ouverte) on ne peut plus satisfaisante de cette première partie, une seconde a vu le jour. Je tiens à préciser que la deuxième partie n'a rien de mauvais à ses débuts, elle est même très bien faite je trouve. L'idée d'introduire un second protagoniste à la série en la personne d'Asa, une adolescente névrosée et asociale propulsée malgré elle dans une quête cruelle et violente, était une jolie façon de redonner un second souffle à la série, une nouvelle histoire dans la continuité de la précédente, mais possédant tout de même sa propre identité. Les autres nouveaux personnages ne sont pas en reste, il y en a des particulièrement intéressants et prometteurs, mais c'est justement bien le problème. Prometteurs. Je n'ai pas boudé ma lecture de cette deuxième partie, les personnages ont énormément de potentiel, de nombreuses idées fortement intéressantes sont disséminées de ci de là dans les chapitres, mais rien ne mène vraiment nulle part. Encore une fois je ne spoilerais rien sur le final, mais je me contenterais tout de même de dire "tout ça pour ça ?". Ce n'est pas inintéressant, c'est juste bâclé. Fort à parier que Fujimoto a fait un bon gros burn-out lors de cette deuxième partie, le dessin devient moins précis, moins lisible aussi parfois, de nombreuses sous-intrigues sont abandonnées sans raison, le rythme final ne prend pas le temps de se poser. Malheureusement cette deuxième partie est une déception. Malheureusement cette deuxième partie est la conclusion, la note finale, ce qu'il nous reste. Cette série reste importante à mes yeux, sa première partie reste un récit que je recommande avec joie, mais il est vrai que je ne saurais si je devrais recommander la seconde partie. Est-ce que la présence de bons personnages et intrigues en son sein vaut le coup d'œil si au final tout ça ne mène à rien ? Je garde ma note à quatre étoiles, je ne regrette pas non plus mon coup de cœur, mais je me sens sincèrement flouée avec cette conclusion “finale”… PS : Asa, tu méritais mieux ma pauvre…

26/06/2025 (MAJ le 25/03/2026) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

J'avais lu des bonnes critiques sur Chainshaw Man sur internet et je fus bien content lorsque je suis tombé sur les tomes en français à la librairie. J'ai fait le pari de les acheter d'un coup après les avoir feuilletés et je ne regrette pas mon achat. C'est vraiment un manga bien barré et je ne veux pas trop dévoiler le scénario pour vous laisser la surprise de découvrir cet univers un peu spécial. Je spécifie qu'il faut aimer les scènes d'action gores et aussi un peu la vulgarité, parce qu'il y a des gags un peu limite (genre le héros se fait vomir dans la bouche lors de son premier baiser). On retrouve des principes de bases du shonen, comme le héros très fort, des combats et des thèmes du genre l'amitié c'est bien important vu qu'on va avoir droit à une demi-démone qui n'aime personne, mais qui commence à s'attacher à notre héros. J'ai trouvé que le scénario était prenant et je ne savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Les personnages sont attachants (j'adore Power) et intriguants car certains sont ambiguës. L'humour fonctionne bien et on tombe dans le tragique sans que cela tombe dans du larmoyant facile. J'ai bien hâte de lire la suite et voir comment tout ça va se terminer. Un titre à suivre pour amateur de shonen atypique.

05/01/2021 (modifier)