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Le Monde de Lloyd Llewellyn

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

33 historiettes humoritico-philosophiques centrées autour de Lloyd Llewellyn et de son acolyte Ernie Hoyle


Comix Fantagraphics Books

Les enquêtes de Llewellyn et Hoyle ne sont pas vraiment sérieuses, le héros finit toujours par faire preuve de maladresse et de naïveté, mais il affronte avec une débordante énergie une faune hétéroclite constituée d'un cheptel d'individus dégénérés ou atteints du ciboulot dans un univers complètement loufoque. Lloyd Llewellyn peut être considéré comme une sorte de cousin de Phil Perfect, personnage crée un peu avant par Serge Clerc.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2010
Statut histoire Histoires courtes (intégrale) 1 tome paru
Couverture de la série Le Monde de Lloyd Llewellyn
Les notes (1)
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20/10/2020 | Agecanonix
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En 1997, Fantagraphics éditait une mini-intégrale des mésaventures de ce détective publiées entre 1986 et 1987, mais il n'existait pas d'édition française, c'est chose faite avec ce gros album luxueux qui regroupe la totalité des récits courts de Lloyd Llewellyn, première série de Daniel Clowes et qui ne pourra que ravir ses fans. Lloyd Llewellyn est une sorte de faux play-boy, pas très malin, qui a le chic pour se fourrer dans les embêtements, mais il est opiniâtre et prend son métier au sérieux. C'est l'environnement et les gens qu'il côtoie qui eux, ne sont pas sérieux, il est confronté à des individus dérangés, névrosés, des monstres, des nababs, des péquenots, des Martiens, des babas-cool, des femmes à fort tempérament et toute une couche de la société américaine représentative des années 50, le tout dans un univers complètement déjanté et surréaliste. Cette intégrale est l'occasion de découvrir les premiers travaux de Clowes, auteur américain très en vogue que j'avais découvert avec David Boring, mais sans en être fan, c'est un univers qui n'est pas dans mes préférences, mais je trouve qu'il gagne quand même à être connu quand on s'intéresse à la bande dessinée, disons que son univers est très atypique et peut dérouter le lecteur non habitué. C'est pourquoi cette intégrale est une oeuvre de débutant, mais qui comporte déjà ce qui constituera les éléments classiques qu'on trouve chez cet auteur : un humour potache, le goût du grotesque, les questions existentielles, philosophiques et masturbatoires de cervelle, l'attrait de la pop-culture, un certain détachement et une mélancolie étrange... Clowes puise ses thématiques au sein d'une imagerie très fifties en la détournant, tout en rendant hommage au cinéma des années 50 et en faisant un énorme clin d'oeil aux comics de la EC. A cela, s'ajoutent satire sociale et gravité qui feront l'identité de Clowes et qu'on retrouvera dans David Boring mais en plus drôle. Graphiquement, le trait n'a pas encore l'aspect stable qu'on connaitra plus tard, il est encore simple et peu abouti, agrémenté de pointillés, de trames grisées et d'aplats noirs, mais on y reconnait le style en gestation de Clowes ; il y a un peu de naïveté dans ce dessin, mais ce n'est pas dérangeant, au contraire, ça colle bien avec le sujet. A travers un contenu folklorique de plus de 30 petits récits de cette oeuvre de jeunesse, Daniel Clowes déploie ses qualités de conteur et revisite de façon décalée les clichés du cinéma noir des années 50 tout en posant les marques graphiques et narratives de son futur parcours ; je n'en raffole pas mais c'est une découverte intéressante, je crois qu'on peut parler d'un ouvrage fondateur, en tout cas ça comblera les inconditionnels de l'auteur.

20/10/2020 (modifier)