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L'Homme qui tua Chris Kyle

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Chris Kyle est un héros. Ancien sniper chez les Navy Seals durant la deuxième guerre d'Irak, il a tué plus de 160 « cibles ». Au faîte de sa gloire (Clint Eastwood a même acheté les droits de son autobiographie, bestseller aux États-Unis, pour en faire un film – ce sera "American Sniper"), Chris Kyle dédie sa vie à aider ses anciens camarades de combats marqués aussi bien physiquement que mentalement par la guerre. Eddie Ray Routh est l'un d'entre eux.


Documentaires Les coups de coeur des internautes

Le 2 février 2013, l'inconnu Eddie Ray Routh abat la Légende Chris Kyle. Ce livre raconte le crime – et ses conséquences.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 29 Mai 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Homme qui tua Chris Kyle
Les notes (4)
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18/05/2020 | pol
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L'avatar du posteur Guillaume.M

Brüno étant l’un de mes dessinateurs préférés, mon attention a logiquement été attirée lorsque je suis tombé sur cet album. Mon intérêt s’est retrouvé grandement renforcé quand j’ai réalisé que l’album parlait du même Chris Kyle qu’« American Sniper » de Clint Eastwood. En 2014, j’avais déjà bien aimé le film, malgré le biais ultra patriotique - à l’américaine - choisi par ce cher Clint. Quand j’ai compris que Fabien Nury avait opté pour un documentaire, je n’ai plus hésité une seule seconde. Je précise encore avoir lu l’édition en noir et blanc. Après avoir feuilleté la version couleur, je ne regrette pas mon choix. Les couleurs n’apportent en effet pas grand-chose et atténuent selon moi la puissance de certaines planches. Graphiquement, les amateurs de Brüno voyageront en terres connues. Épurés, nets et tranchants, les dessins sont une réussite. Ces caractéristiques sont encore renforcées par la version B&W, ce d’autant plus que les planches sont plus grandes. Everything is bigger in Texas ! Le scénario est linéaire, mais rappelons qu’il s’agit ici d’un documentaire. Une temporalité classique est donc non seulement prévisible, mais adaptée et bienvenue. Ici et là, j’ai lu plusieurs critiques qui comparaient cet album à la série Tyler Cross, autre œuvre des mêmes auteurs. Autant le dire tout de suite, ces deux histoires n’ont rien en commun, ce qui est tout à fait normal. Tyler Cross est une fiction policière façon gangster, alors que « L’Homme qui tua Chris Kyle » relate des faits réels, avec tout ce que cela implique en terme de narration. Le suspense ne disparaît pas pour autant, surtout dans le chapitre qui traite d’Eddie Ray Routh. Nul besoin d’avoir vu le film pour comprendre et apprécier ce beau one shot. Toutefois, la lecture me paraît bien plus intéressante après l’avoir regardé. La différence de point de vue est frappante, même si prévisible. Nury et Brüno remettent l’église au milieu du village. Ils livrent sans doute ici l’histoire de Chris Kyle que Clint Eastwood aurait racontée, s’il n’était pas un américain made in Hollywood et républicain de surcroît. Si le ton reste neutre, le lecteur restera perplexe devant ce patriotisme primaire teinté de religion, cet amour irrationnel pour les armes et ce capitalisme à tout épreuve. Les interviews télévisées sont particulièrement inquiétantes… merci Fox news… Dieu pourtant sait si j’aime ce magnifique pays que sont les États-Unis. Contrairement au film, l’album couvre un spectre beaucoup plus large, puisqu’au contexte et à la vie de Chris Kyle s’ajoute le parcours de son meurtrier et l’exploitation de sa mort par son épouse, qui semble encore plus dangereuse que son défunt mari car moins primaire. « L’Homme qui tua Chris Kyle » est un bel album et une très bonne lecture que je recommande chaudement.

24/07/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Une fois n’est pas coutume, le duo de choc Nury-Brüno, qui depuis Tyler Cross, fait figure de référence dans le milieu du neuvième art, tente une incursion dans le documentaire. Fascinés par le western et le roman noir « hard boiled », ces deux-là ne pouvaient que s’intéresser à Chris Kyle, celui qui de son vivant était surnommé « La Légende ». Le fait de tuer de sang froid 255 personnes, dont 160 « confirmés », fit de lui le « recordman du nombre de tués homologués de toute l’histoire de l’armée américaine ». Un palmarès impressionnant qui d’un point de vue européen pose beaucoup de questions sur cette Amérique toujours encline à se fabriquer des héros, a fortiori quand cela réactive le mythe du cow-boy à la gâchette facile, prêt à sauver la veuve et l’orphelin. L’approche de Fabien Nury pourra déconcerter ceux qui s’attendent à trouver dans l’ouvrage une charge cinglante contre cette Amérique que nous adorons détester de ce côté-ci de l’Atlantique. La narration retranscrit de façon extrêmement objective le cours des événements, depuis le retour d’Irak du vétéran Chris Kyle jusqu’à son assassinat en février 2013 par l’ex-Marine Eddie Ray Rouch. Ce dernier, qui avait été également en Irak ainsi qu’en Haïti pour une mission humanitaire, était victime tout comme Kyle de PTSD (trouble de stress post-traumatique). Rouch n’avait pourtant jamais tué personne mais il avait vu l’horreur. Vouant une admiration sans bornes à l’ancien sniper, il rêvait de le rencontrer. Mais Rouch avait pris la voie inverse. Gavé d’antipsychotiques, en proie à la démence et passant ses journées à se défoncer, il était devenu l’antithèse de Kyle, le pur loser, un envers de rêve américain. Si Nury ne se livre pas une attaque violente du système US dans ce docu-BD, sa façon d’égrener les faits est beaucoup plus subtile et constitue en elle-même une accusation si l’on reste un tant soit peu attentif. L’auteur semble faire confiance à l’intelligence de ses lecteurs, et rien que pour cela, on peut lui en être reconnaissant. Il est possible d’aimer les westerns ou les polars sans pour autant défendre le port d’armes, et le co-auteur de Tyler Cross semble vouloir le prouver ici. Quant au dessin de Brüno, il reste toujours impeccable, malgré le format « copier-coller » pour la retranscription des quelques interviews qui pourra éventuellement frustrer les plus accros aux vues panoramiques hollywoodiennes auxquelles il nous a habitués. « L’Homme qui tua Chris Kyle », une fois de plus, confirme la parfaite alchimie entre ces deux auteurs. Sachant maintenir le lecteur en haleine, la narration est passionnante, puissante, décuplée par le minimalisme parfaitement calibré du dessin. Sous la lumière tapageuse d’une certaine Amérique, Nury et Brüno ont su en débusquer la proportionnelle noirceur, sans ostentation inutile. Et du coup réussissent avec brio leur entrée dans le documentaire.

25/06/2020 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
L'avatar du posteur Hervé

Comme certains, je n'ai pas attendu la sortie de l'album en couleur pour me procurer la version n&b, tant je suis fan du dessin en n&b très épuré de Brüno. (je possède d'ailleurs l'ensemble de ses albums en n&b) Ce livre s'ouvre sur la célèbre réplique de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford "quand la légende devient réalité, on imprime la légende", ce qui sied parfaitement à cette histoire. Le scénario se base sur l'histoire de Chris Kyle (qui avait déjà fait l'objet d'un film "American sniper" de Clint Eastwood) mais surtout va beaucoup plus loin que le film, à travers notamment le portrait d'Eddie Ray Routh, le meurtrier. En suivant ces deux personnages, Chris Kyle et Eddie Ray Routh, Fabien Nury nous dresse un portrait sans concession des États-Unis, empreints de nationalisme, de suprématie blanche, mais aussi et surtout très attachés aux armes à feu, et au business (le destin de la veuve de Chris Kyle est d'ailleurs à ce point remarquable). Bien sûr cet album relève beaucoup plus du reportage dessiné que d'une aventure classique dont nous avaient habitués Nury et Brüno. D'ailleurs, il n'y a pas de dialogue ici (Fabien Nury s'en explique d'ailleurs dans le très bon dossier présent à la fin de l'album). Avec un découpage assez original, les auteurs utilisent les clip vidéo, les interviews TV données par les différents protagonistes pour nous livrer leur version de l'histoire. Certes on peut regretter un peu trop de copié/collé niveau dessin, mais sur la pagination (152 pages) cela passe. Graphiquement, le travail de Brüno est parfait, et je me contenterai uniquement de la version noir et blanc tant elle est parfaite à mes yeux. Pour ceux qui s'attendaient à une aventure type Tyler Cross, jetez-y un coup d’œil tout de même, cela vaut le coup d’œil. En tout cas , j'ai bien aimé cet album à la fois déconcertant sur la forme mais passionnant sur le fond.

25/05/2020 (modifier)
Par pol
Note: 2/5
L'avatar du posteur pol

Ce pavé d'un peu plus de 160 pages raconte la vie et la mort de Chris Kyle, un soldat américain, dont je n'avais jamais entendu parler avant de lire cette BD. Chris est une célébrité aux USA : il est connu pour être le sniper ayant tué le plus de cibles. Son surnom est la légende, rien que ça. Cet album n'est donc pas une fiction mais un vrai biopic bien documenté. Découpé en différents chapitres qui se succèdent pour nous conter tour à tour, qui il était, comment il est devenu cette légende, le jour de son assassinat, la vie de sa veuve ensuite, le film réalisé sur lui, ... Je n'ai pas eu l'impression de lire une biographie romancée, ou une contre enquête de la part des auteurs, ni un plaidoyer contre l'usage des armes aux USA. On a droit à entrée, plat, dessert dans l'ordre chronologique : sa vie, sa mort, les conséquences. Tout ça est livré de manière linéaire au fil des chapitres. Et autant dire que tous les chapitres n'ont pas le même intérêt. Loin de là. Par exemple, celui du récit du jour de sa mort à un coté polar noir assez agréable à lire avec un suspens sur ce qu'il lui est arrivé. Mais la plupart des autres, ceux qui racontent le procès en diffamation de sa veuve ou la promo qu'elle vient faire à la télé sur le livre sur son mari, sont peu interessants. Pourtant le dessin de Brüno est fidèle a son style habituel, c'est à dire si fun et si agréable visuellement, pourtant l'association avec Nury fait d'habitude des étincelles. Mais cette fois, cette succession de faits sur l'existence de ce soldat américain manque cruellement de romance et de palpitant. Une lecture n'est pas ennuyeuse, mais ce n'est pas le genre d'album qui se relit plusieurs fois. Les amateurs de polars préféreront largement relire un excellent Tyler Cross des mêmes auteurs.

18/05/2020 (modifier)