Cassandra Darke

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Cassandra Darke, Londonienne pur jus, vieille teigne misanthrope, mauvaise coucheuse en surcharge pondérale, n'est pas sans rappeler le célèbre Scrooge de Dickens. Elle ne pense qu'à elle-même et aux moyens de préserver le confort dont elle jouit dans sa maison de Chelsea à 8 millions de livres.


La BD au féminin Londres

La galerie d'art moderne de son défunt mari a été le théâtre de fraudes qui l'ont mise en délicatesse avec la justice et au ban de son milieu. Mais Cassandra s'accorde le pardon, au prétexte qu'à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige. Ses fautes n'impliquent ni violence, ni arme, ni cadavre. Hélas, dans son sous-sol, une ex-locataire, la jeune et naïve Nicki, a laissé une surprise qui pourrait bien s'accompagner de violence et d'au moins un cadavre...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Avril 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Cassandra Darke
Les notes (1)
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26/11/2019 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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Posy Simmonds s'est spécialisée dans les cocktails surprenants de roman illustré et de bande dessinée. Les pages de ses ouvrages alternent des planches purement BD, d'autres avec beaucoup de textes et quelques images, et d’autres mélangeant les deux, au gré des envies narratives de l'autrice. Ça marche plutôt bien et cela permet des ouvrages dont la densité et le soucis du détail rappellent ceux des romans tout en offrant une lecture plus rapide et fluide, et un dessin qui n'est pas laid du tout, bien au contraire. Cet album est un peu moins riche en texte que ses œuvres précédentes telles que Gemma Bovery. Ici on trouvera bien plus de pages de pure bande dessinée. Cassandra Darke, héroïne éponyme de cet album, est la véritable touche d'originalité de ce récit. C'est une vieille bourgeoise au caractère assez détestable. Spécialisée dans le marché de l'art, elle a gagné une fortune suffisamment confortable pour vivre dans les quartiers riches de Londres. Sans être véritablement imbue d'elle-même, elle n'en reste pas moins singulièrement égoïste et misanthrope, s'engueulant avec un peu tout le monde et n'appréciant que sa solitude et sa vie aisée à l'écart des gens et surtout des pauvres qu'elle méprise comme autant de paresseux qu'ils sont tous. Le personnage est réalisé avec une grande justesse. Jamais complètement haïssable, elle fascine par sa vision égocentrique et la franche sincérité des attaques qu'elle porte à ceux qui ont le malheur de la côtoyer car celles-ci ne manquent bien souvent pas d'un vrai fond de vérité. On en vient parfois à l'admirer d'à quel point elle reste droit dans ses bottes même face au danger potentiel. A cause d'une nièce qu'elle a eu la faiblesse d'héberger dans son sous-sol, elle va se retrouver en partie embarquée dans une histoire glauque impliquant des malfrats et un pistolet qu'ils veulent récupérer. Longtemps, on ne comprendra pas les raisons de l'insistance de ces criminels, d'autant plus que l'héroïne est elle-même mouillée dans une histoire de fraude à la vente d’œuvres d'art, mais finalement les pièces s’emboîtent et on se trouve face à un polar plutôt efficace dans lequel la personnalité de Cassandra Darke fait des étincelles. C'est une lecture agréable, parfois un peu lente pour qui préfère le rythme narratif d'une BD classique, mais j'ai bien apprécié l'originalité de son contexte et la force de son personnage principal.

26/11/2019 (modifier)