Jimjilbang

Note: 1/5
(1/5 pour 1 avis)

Jérôme Dubois raconte son voyage d'études en Corée où il perd tout repère.


Carnets de voyages Corée

Élève aux Arts Déco de Strasbourg, Jérôme Dubois doit partir en voyage d’études au Japon, qu’il a toujours rêvé de visiter. Les circonstances décident autrement. Avec ses camarades, il se retrouve en Corée, pays dont il ne sait rien. Aussi aimable que soit l’accueil des Coréens, le séjour se passe mal. Revenu en France, Jérôme tente de se purger d’un malaise profond en dessinant une histoire basée sur son expérience. Loin de l’humanisme et de la curiosité de rigueur dans un récit de voyage, le héros de Jimjilbang (nom du sauna coréen) affiche peur et dégoûts à travers une Corée lavée de ses couleurs. Affublé d’une tête de cachet d’aspirine, cet avatar ingrat d’Alice traverse le miroir et se perd dans un monde où tout est trop grand ou trop petit, trop propre ou trop sale, trop minéral ou trop charnel. Fatigue et isolement engendrent chez lui la peur, la paranoïa et l’aliénation. La foule, la nourriture ou l’architecture, tout lui semble étrange, donc effrayant. La ville est un labyrinthe menaçant. Le petit Français cite Voltaire, se plaint de la nourriture, ronchonne que personne ne parle sa langue et gémit qu’il aurait du écouter maman. Quand la beauté du pays lui apparaît, il est trop tard, il faut rentrer. Son départ n’a pas plus de sens que son arrivée. La Corée aura joué le rôle d’un révélateur : aussi loin qu’il aille, l’homme emporte dans ses bagages sa solitude et sa peur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Avril 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Jimjilbang
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07/10/2019 | Jetjet
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Par Jetjet
Note: 1/5
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Jérôme Dubois se met lui-même en scène dans cette première oeuvre étrange racontant un voyage d'études qu'il aurait dû effectuer au Japon mais qu'il a du faire en Corée du Sud. Mais rien ne va se dérouler comme prévu, la métropole n'est qu'une succession de lignes géométriques toutes identiques et les barrières de la culture et de la communication vont freiner l'ambition du protagoniste français qui ne va rien capter à cet environnement. Représenté sous le visage d'un personnage ampoulé anonyme, Dubois va purement et simplement rejeter en bloc toute proposition de la Corée, qu'il s'agisse de sorties, de la bouffe ou même des marchés ouverts, il ressent constamment un malaise le rendant au mieux désagréable, au pire dépressif. On peut comprendre Jimjilbang comme un exercice personnel permettant d'évacuer et d'exorciser la peur de l'auteur d'un pays inconnu où il se sent constamment rejeté. Peu de dialogues d'ailleurs émanent de cet essai constitué principalement d'un trait sommaire et anxiogène en noir et blanc. Il faudra attendre la visite des Jimjilbangs pour trouver enfin une rupture de ton, l'auteur commençant enfin à s'imprégner de l'ambiance coréenne voire carrément de l'apprécier en fin de lecture alors qu'il est temps pour lui de rentrer dans son pays natal. Le Jimjilbang kézako ? Il s'agit de bains publics ou saunas pouvant permettre aux plus démunis d'y dormir sur place dans des conditions particulières. Le problème de ce récit tient en plusieurs phases : s'il est le penchant bd du fameux film "Lost in Translation" de Sofia Coppola qui parlait également d'une histoire semblable, il n'en possède pas la richesse et l'esprit. Et à vouloir bien trop en faire et à démonter l'austérité de la Corée, Jérôme Dubois parvient un peu trop à réussir son pari : dresser une image peu attractive d'un pays lointain sous couvert d'un récit loin d'être palpitant et intéressant. En effet si on y retrouve de temps en temps quelques dessins corrects, le trait trop épuré et géométrique coupe toute émotion lors de la lecture et on se contrefiche assez rapidement des états d'âme de Dubois. À contrario, lorsque la tête d'ampoule commence à apprécier le pays, c'est pour faire n'importe quel caprice et de façon peu naturelle. Alors si Jimjilbang peut constituer une porte d'entrée dans le monde merveilleux de la bédé pour Jérôme Dubois, c'est tout à son honneur mais il nous excusera d'avoir réussi à nous en écarter et plus encore à nous y ennuyer.

07/10/2019 (modifier)