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In Waves

Note: 3.89/5
(3.89/5 pour 9 avis)

La perte d’un être cher et la façon dont on traverse le deuil, en surfant comme on peut la crête d’une grosse vague. Tantôt au-dessus de l’écume, tantôt envahi et fracassé par le poids de l’eau.


Autobiographie Casterman Douleurs intimes Futurs immanquables Les meilleurs comics Les prix lecteurs BDTheque 2019 Maladies et épidémies One-shots, le best-of

Avec beaucoup de finesse et de pudeur, AJ Dungo, immortalise les instants de grâce de sa relation avec Kristen. La légèreté et l’émotion des premières rencontres, la violence du combat contre la maladie, la noblesse de la jeune femme qui se bat avec calme. Il évoque en parallèle leur passion commune pour le surf, l’océan. Et évite très justement l’écueil du pathos en intercalant dans son récit personnel, un petit précis d’histoire du surf.

Scénariste
Dessinateur
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Août 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série In Waves
Les notes (9)
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13/08/2019 | Mac Arthur
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Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Canarde

Renversant. C'est un format très épais et souple avec des parties en bleu canard, l'histoire du narrateur, mises en vis-à-vis de passages en sépia qui racontent l'histoire des pionniers du surf. Pour quelqu'un de l'intérieur des terres, comme moi, cela ne parait pas très séduisant. Et pourtant... Vous sortez de la lecture comme si vous veniez de passer une journée à la mer. Lavé, fatigué, les yeux mouillés et les bras lourds. Il y a très peu de textes et peu de dialogues. Une voix off qui est le point de vue d'un des personnages et ...le dessin. C'est drôle comme il n'est pas vraiment habile, pas très contrasté non plus. Peu de traits, pas d'ombre. Un mystère. Si je vous raconte l'histoire, ça va vous plomber, donc n'y pensez même pas, l'intérêt est ailleurs, c'est une expérience de BD.

21/05/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
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Moi qui ai un attrait profond pour l'océan et qui aurais le plus grand mal à habiter à plus de 2kms de ses côtes, j'ai vraiment aimé cet album. Non pas seulement parce que la mer et sa "mécanique" y jouent un rôle central au travers du surf d'ailleurs, mais bien grâce à tous les artifices qu'a su déployer Aj Dungo pour construire ce roman graphique. Car avant tout, ce qui marque quand on ouvre cet album c'est son graphisme singulier si épuré. Pour le peu que j'en ai pratiqué, l'art des sports de glisse repose sur un fil tenu avec lequel il faut composer et qu'il ne faut pas rompre. C'est ce feeling subtil et difficilement explicable qui permet de garder l'équilibre nécessaire à l'exercice. Aj Jungo en nous racontant son expérience y parvient de façon subtile et merveilleuse, tout en nous narrant l'épreuve la plus difficile de son existence : la mort de sa petite amie atteinte très jeune d'un cancer. Tout en retenue, tout en justesse, il sait trouver les lignes et les signes pour poser sur ses planches son histoire, cet amour et le déchirement dû au décès de Kristen. Comme il le dit si bien, le deuil est à l'image de l'océan et de ses vagues perpétuelles sur lesquelles il faut savoir s'abandonner pour mieux en tirer parti et reprendre élan sur la suivante. Son trait minimaliste mais très évocateur nous ramène à l'essentiel, tout comme sa colorisation ramenée à deux couleurs qui marquent les deux faces d'un même récit ; le bleu quand il s'agit de sa vie avec Kristen, le sépia pour tout ce qui renvoie à la part historique du surf. Avec "In waves" Aj Dungo tient de la plus belle des manières sa promesse faite à Kristen et nous la fait partager de façon sensible. Une réussite.

25/03/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai eu du mal à accrocher à cette BD. Le premier tiers m'a clairement ennuyé. Autant j'aime l'océan et me baigner dans les rouleaux, autant l'état d'esprit du surf m'indiffère totalement. Du coup, l'aspect documentaire et légèrement philosophique à propos du surf de la moitié des chapitres de l'album ne m'a que peu enthousiasmé. Ce n'est que vers la seconde moitié, avec les développements apportés par Tom Blake que mon intérêt a été un petit peu avivé. Quant à l'autre moitié des chapitres, sur Kristen, son amour, sa famille et sa maladie, elle m'a elle aussi laissé indifférent pendant une bonne partie de l'album. Et là encore ce n'est que sur la seconde moitié que les émotions ont commencé à surgir pour de bon, d'autant plus quand j'ai fini par comprendre que c'était une histoire vraie. Alors forcément, il y a le moment très fort de la mort qui ne peut que toucher un père tel que moi, mais je crois bien que toute oeuvre qui raconterait un tel moment ne peut que donner le même résultat émotionnel aux lecteurs donc je ne le comptabilise pas vraiment comme faisant partie des grosses qualités de cet album. Bref, j'ai un sentiment partagé envers cette BD qui ne m'a plu que sur une moitié seulement, même si je reconnais qu'elle se lit bien, qu'elle a un graphisme intéressant et une mise en scène narrative qui sort plutôt de l'ordinaire.

14/03/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

J'avais à vrai dire un peu peur de m'attaquer à ce monument. En effet, lors de sa sortie ce roman graphique a connu les louanges du plus grand nombre. Dans ces cas là j'aurais tendance à me méfier. Si l'on y ajoute une quatrième de couverture dithyrambique et les précédents avis, je me suis dit ben faut y aller. Divine surprise, en premier lieu le graphisme qui ne fait pas partie de ma zone de confort, mais que j'ai trouvé particulièrement adapté au sujet. Je ne reprendrais pas tous les termes employés ailleurs, mais celui qui me semble le mieux convenir c'est fluidité. Toute la partie sépia sur l'histoire du surf m'a graphiquement moins emballé. En ce qui concerne le récit j'avais peur que l'auteur tombe dans le pathos, ce qui avouons le n'est pas du tout le cas. L'histoire est fort triste mais racontée de fort belle manière. Cet album est à coup sûr un album de résilience, chose en l'état très impossible pour l'auteur qui, s'il passe du temps sur l'eau, en passe aussi beaucoup à contempler les trottoirs. A lire même si vous n'êtes pas les acheteurs habituels de ce genre de BD.

28/02/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ju

Il s’agit d’une histoire assez émouvante. On sent que les deux protagonistes s’aimaient, et j’ai sincèrement été ému par cet amour. On sent que pour l’auteur AJ, Kristen était toute sa vie, qu’il ne voyait que par elle et qu’elle a été ce qui lui est arrivé de plus beau. Il fait bien ressentir ça, tout au long de la bd, ainsi que la souffrance de la maladie, pour lui même et pour elle. Mais le problème, c’est que ça n’est pas tout à fait assez développé, en comparaison avec le surf. J’ai trouvé que ce dernier prenait un peu trop de place, dans le sens où il y a pas mal de planches sur l’histoire du surf, qui me semblaient un peu déconnectées de l’histoire principale. On en apprend pas mal sur le surf, mais il m’en a manqué un peu sur le lien entre le surf et Kristen, j’ai trouvé que ce n’était pas assez développé, en tout cas pas assez pour baser le récit autour. Il y aurait pu y avoir quelques planches sur la jeunesse de Kristen et son attachement au surf, par exemple. Ça m’aurait permis de mieux comprendre le lien que l’auteur fait. Mais globalement, j’aurais aimé un peu moins de surf, et surtout moins d’histoire du surf pour un peu plus de développement de leur histoire d’amour qui est très belle et émotive. Évidemment, il ne s’agit que de mon ressenti, et le fait d’avoir raconté cette histoire de cette façon était sûrement la meilleure pour l’auteur de rendre hommage à l’amour de sa vie. J’avoue également que je n’ai pas été particulièrement séduit par l’aspect graphique. Le dessin est bien réalisé, mais n’est pas le style dont je suis le plus friand. Les personnages ont des corps un peu lâches, mous, et ne sont pas facilement reconnaissables. Pareil pour les décors, je n’ai pas trop aimé comment était dessinées la mer et les vagues. Je ne suis pas non plus un grand fan du découpage : trop de pages doubles, à mon avis, casse le sens que prend un dessin sur toute une page ou sur deux. D’habitude, ça représente un genre de climax. Là, pas vraiment étant donnée la profusion. Enfin, je n’ai pas trop aimé la colorisation, ce noir/blanc/bleu, qui donne une impression un peu floue, et que je n’ai pas trouvé très beau. Encore une fois, c’est avant tout une histoire de goût. Pour résumer, il s’agit d’une très belle histoire d’amour qui nous est relatée avec tout l’amour qu’avait l’auteur. Mais je n’ai pas réussi à totalement me mettre dedans pour un tas de petites raisons. Il s’agit quand même d’une œuvre qui mérite le détour.

24/01/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue boy

Si le surf lui sert de fil rouge, « In Waves » est d’abord le livre d’un deuil. Comme le précise l’auteur en postface, ll n’est pas « expert en matière de surf », se définissant plutôt comme « amateur enthousiaste, que les grandes figures du surf inspirent ». Et d’évoquer cette obsession en commun « de chevaucher les vagues, ce profond respect pour l’océan, et le cœur brisé. » Un cœur brisé par la mort de sa petite amie. Il n’est donc nullement nécessaire de s’intéresser au surf pour apprécier ce très beau roman (autobio-)graphique, qui du coup nous fait voir cette discipline sous un jour nouveau, loin des clichés faciles sur les beaux gosses un peu benêts passant leur journée à se faire admirer par des meutes de filles éperdues. Nous sommes ici dans un registre très différent, beaucoup plus grave, plus mélancolique aussi. Aj Dungo évoque ici la maladie de sa petite amie Kristen, disparue bien trop tôt après des années de lutte pour rester en vie. Quel rapport entre le surf et la maladie me direz-vous ? On le comprend dès le début du livre, où tous les amis de Kristen se sont réunis sur la côte à l’occasion de son anniversaire pour la voir surfer, alors que celle-ci apparaît déjà passablement affaiblie. L’auteur, qui ne l’avait jamais vue sur une planche, connaissait sa passion pour ce sport qu’elle ne pratiquait presque plus depuis que son cancer avait été diagnostiqué. Aj Dungo va ainsi utiliser la passion de la jeune fille pour construire un récit alternant l’histoire du surf et la descente aux enfers de Kristen. Et contre toute attente, ce parti pris fonctionne formidablement bien, avec un code couleur bichromique pour chaque versant du récit, vert pour raconter l’intimiste, sepia pour évoquer le sport et ses figures. Et les deux narrations, en s’entrecoupant de la sorte, finissent par produire une alchimie inattendue, un rythme harmonieux, régulier et apaisant comme peuvent l’être le bruit des vagues… ce qui contribue sans nul doute à alléger un récit au thème pas forcément très joyeux. L’auteur nous épargne tout pathos inutile, se contentant de nous livrer sa propre expérience, celle d’un amour pur, avec pudeur et sensibilité. Très graphique, le dessin est d’une sobriété exemplaire, avec une ligne épurée où chaque trait est à sa place, sans surcharge, comme une évidence. Un peu comme si la mer avait guidé le crayon d’Aj Dungo, d’une fluidité et d’une douceur infinie, même si l’on peut imaginer la tempête qui a précédé… Et quand arrivent les dernières pages, on se dit que l’auteur n’a pu concevoir cette œuvre tout seul, et que la personne qui l’a aidé vit forcément en lui… comme une évidence. « In Waves » parvient ainsi à nous toucher au plus profond de nous-mêmes. L’histoire de Kristen, cette jeune fille profondément amoureuse de la vie, frappée injustement par une maladie qui « se jouait d’elle », nous brise le cœur à nous aussi. Elle constitue un exemple admirable de courage pour chacun et une leçon pour tous les bien-portants grognons centrés sur leur petite personne. Loin d’être une vague bluette, « In Waves » nous submerge telle une vague émotionnelle puissante, nous rendant à la fois plus humble et plus fort, plus proche de l’essentiel.

12/01/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

On croit souvent que la vie est éternelle, que les bons moments qu’on passe avec sa dulcinée vont durer. Quelquefois, cela s’arrête malgré la jeunesse de l’âge à cause d’une foutue maladie. C’est pourquoi, il faut profiter de chaque instant de bonheur comme si c’était le dernier. Vivre intensément et passionnément. L’auteur a rencontré Kristen alors qu’il était un jeune adolescent. Même pas 10 ans après, elle est morte suite à sa maladie. La relation s’est construite au gré de ces moments de répit avant les rechutes. Il y a comme un apaisement, une reconnaissance de ces belles années pendant lesquelles l’amour a pris son envol. Comme si la confiance apporte le réconfort et la consolation. Rien ne pourra altérer ce qui a été vécu. La majorité de ces scènes sont des morceaux de vie figés comme une compilation de moments suspendus. Cela libère une véritable authenticité qui laisse exprimer une vérité émotionnelle. Même le graphisme pourtant épuré et minimaliste suggère une profondeur de l’âme. Bref, les textes sonnent justes et nous touchent. De belles valeurs nous sont transmises. C’est beau, triste et percutant. Il y a surtout cette passion pour le surf, instrument de liberté, dont on va découvrir toute l’histoire et la philosophie des plages hawaïennes en 1800 à ce jour. Le surf est surtout une métaphore. En effet, les vagues sont les fiancées de l’Océan. Rien n’est plus beau que de glisser sur les eaux pour affronter les mastodontes géants qui se brisent dans un flot d’écumes. Les vagues sont immortelles mais malheureusement pas les humains. L’un des plus grands auteurs de comics à savoir Craig Thompson nous indiquait sur la préface qu’il s’agit du meilleur roman graphique au monde du moment. C’est fort. Je souligne en effet que c’est sans doute l’un des meilleurs romans graphiques de la décennie. C’est surtout un hommage étonnant et incroyablement touchant à l'amour et à la résilience. Je recommande bien entendu également sa lecture. Reste le plus beau des cadeaux que fait l’auteur AJ Dungo en toute humilité à sa chérie disparue à savoir cette œuvre qui fait qu’elle existera pour toujours. On l’imagine alors debout sur sa planche avant qu’une déferlante se forme derrière elle pour la pousser sur de nouveaux rivages.

18/11/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« In Waves » est un voyage dans le monde du surf et dans l’intimité, l’amour puis le deuil d’AJ Dungo pour Kristen, fauchée par le cancer. Une véritable émotion se dégage de ce roman graphique, page après page. Malgré le caractère éminemment personnel du scénario, l’auteur parvient à garder une grande pudeur tout en faisant preuve d’une honnêteté qui force le respect. Pour écrire « In Waves », AJ Dungo se livre et a forcément dû mettre ses tripes sur la table. Parvenir à le faire avec tant de classe et une telle douceur, malgré la violence du sujet traité, a dû lui demander un immense travail d’introspection et du recul. Tout cela n’est pas sans me rappeler le fameux Pilules bleues de Frederik Peeters, la poésie en plus. La trame narrative mêle habilement l’histoire personnelle de Kristen et AJ et l’histoire du surf, notamment par les biographies de Duke Kahanamoku et Tom Blake, légendes de ce sport. Si ce mélange peut sembler étonnant, voire superficiel, au début de l’album, les liens entre l’autobiographie et le surf se resserrent peu à peu jusqu’à devenir une évidence. À ce propos, la citation qui suit, directement tirée de l’album, résume parfaitement le parallèle qu’AJ Dungo tire entre le deuil et l’océan : « Cela vient par vague. C’est une réponse un peu lapidaire, mais juste. Le vide est constant. Mais le chagrin du deuil n’a pas de forme propre. Il va et il vient. Il demeure imprévisible. Il naît d’une tempête au loin, au plus profond de l’océan, à l’abri des regards, en faisant gronder les flots. Il surgit, canalisé, concentré, se forme, se précipite, chargeant toute sa force avant d’atteindre le point de rupture. Il croît jusqu’à ne plus pouvoir tenir sa forme. Il devient instable et s’effondre. Il finit par se répandre en une surface uniforme et calme. Et puis l’eau se retire, avant que la vague ne se reforme à nouveau. (…) Il faut surfer. » Cet album n’est pas seulement une réussite scénaristique. Il est également un succès graphique. Quel talent, quelle souplesse et quelle force malgré la simplicité et la douceur du trait, presque liquide. Les planches s’enchaînent avec une homogénéité et une fluidité qui rappellent l’eau. Cela commence déjà avec la fort jolie couverture et se confirme tout au long de l’album. Quant à la mise en couleur, là encore c’est une réussite, avec le sépia pour l’histoire du surf et le bleu pour la partie autobiographique. « In Waves » est un coup de cœur et sans doute l’un des albums les plus marquants de l’année 2019. Plusieurs heures après sa lecture, j’en suis encore imprégné…

26/08/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Très beau récit que celui-ci, qui a réussi à me toucher alors que le pari n’était pas gagné d’avance. Ce qui marque tout d’abord, avec ce ‘In Waves’, c’est bien sûr (et il suffit de jeter un œil sur la couverture) son aspect graphique. AJ Dungo fait montre d’un talent énorme. Ses dessins combinent élégance, pureté et esthétisme. Chaque case me semble réalisée avec le même souci de recherche, d’épure, le même soin, la même cohérence pour qu’à chaque fois je reste stupéfait par l’harmonie et la douceur qui se dégagent de ce trait, de ce style démodé et moderne à la fois… intemporel en somme. Bon, c’est clair, côté visuel, je suis sous le charme. Mais bien souvent, avec ce type de livre qui s’admire pour chaque case, l’histoire a tendance à passer au second plan et l’émotion du récit n’atteint jamais l’émotion suscitée par le trait. Du coup, d’ordinaire avec ce genre d’objet j’admire… mais je ne suis pas ‘dedans’. Et bien ici, l’émotion du récit est bien réelle. Ce livre est un magnifique hommage d’un auteur pour sa compagne défunte, une œuvre emplie de respect, de pudeur… et, on y revient, d’élégance. Roman graphique par son sujet autobiographique, cette œuvre m’a marqué par sa sincérité et par la capacité de l’auteur à nous faire partager son amour pour Kristen au travers d’un portrait simple et d’une grande finesse. Finesse qui se dégage aussi dans la pertinence de l’alternance entre les pages consacrées à l’histoire du surf et celles dédiées à l’aspect autobiographique. Car en racontant les vies de Duke Kahanamoku et de Tom Blake, AJ Dungo ne se contente pas de retracer une page d’histoire. Il lie cette histoire à sa propre expérience, Duke le flamboyant et Tom le solitaire… Kristen et AJ… Elle, belle intelligente et pleine de vie et lui solitaire, renfermé, maladroit. Enfin, derrière ce drame d’une existence rongée par la maladie se love une leçon de vie, celle que nous donne Kristen qui cherchera aussi longtemps possible à ‘rester sur la vague’… et celle que nous offre AJ Dungo pour qui ce deuil est comme une vague qui parfois le submerge et parfois le laisse dans le creux. Et finalement, ce livre nous parle de résilience dans le sens le plus noble du terme, dans cette capacité qu’a l’être humain de se construire au travers de ses expériences, quand bien même celles-ci sont terriblement douloureuses.

13/08/2019 (modifier)