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Les Grands Espaces

Note: 3.4/5
(3.4/5 pour 5 avis)

Les Grands Espaces raconte le lieu d'une enfance et l'imaginaire qui s'y déploie, en toute liberté.


Autobiographie La BD au féminin

Catherine Meurisse a grandi à la campagne, entourée de pierres, d'arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d'y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d'un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, l'auteure raconte le paradis de l'enfance, que la nature, l'art et la littérature, ses alliés de toujours, peuvent aider à conserver autant qu'à dépasser.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Grands Espaces

19/11/2018 | Mac Arthur
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Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un album bien sympathique. J'aime le dessin de Meurisse que je trouve dynamique, expressif et les couleurs sont bien choisis. C'est beau à regarder. Le scénario est pas mal non plus. C'est une suite d'anecdotes sur l'enfance de Meurisse à la campagne. J'ai bien aimé la plupart d'entre elles. Il y a une poésie qui se dégage de cet album et j'ai ressenti l'innocence de l'enfance de Meurisse. La narration est fluide et cela se lit bien. En faite, le seul défaut que j'ai trouvé est que malgré plusieurs qualités, je n'ai jamais trouvé cela passionnant à lire. J'ai eu du plaisir à lire cet album, mais je n'ai jamais ressenti l'excitation de tourner les pages pour en savoir plus. Cela ne m'a pas paru mémorable non plus, c'est 'juste' sympathique à lire. Je pense que c'est parce qu'il y a pas de ligne linéaire contrairement à, par exemple, Sattouf qui à travers les anecdotes de son enfance, nous montre l'évolution de son père. Cela reste tout de même un album que je recommande si on veut découvrir l'œuvre de cette autrice.

10/06/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà un album dans lequel on retrouve les habituelles considérations littéraire, culturelle de Catherine Meurisse. Et qui en donne les sources, ou plutôt qui explique d'où lui vient cette vitalité, sa résilience. Bâti sur des souvenirs d'enfance (avec un ton, et parfois un dessin qui m'a fait penser au Sattouf de L'Arabe du futur), Catherine Meurisse développe ces souvenirs autour de ses parents, néoruraux avant l'heure, et de sa sœur lectrice boulimique. Surtout, elle adopte un ton bucolique, parfois faussement ingénu, pour réconcilier ce qui souvent n'est présenté que comme antinomique, irréconciliable, à savoir la nature et la culture. Meurisse présente ainsi la dette qu'elle a contractée envers ses parents, qui lui ont donné sans doute une force, des fondations culturelles, tout ce qui lui a ensuite permis de se construire, mais aussi de dépasser la violence des attentats contre Charlie Hebdo. Lecture intéressante, même si je ne pense pas forcément y retourner (d'où ma réticence à en conseiller l'achat: mais vous pouvez allègrement sauter le pas!).

05/07/2019 (modifier)
Par canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur canarde

Pour réconcilier nature et culture ! Petite histoire de fille qui a suivi ses parents dans le retour à la terre cultivé (le retour, pas la terre, quoi que ...). Poésie et jardinage, politiques d'aménagement du territoire et pulvérisation de pesticides, inauguration de parc à thème et émissions télévisées, toutes les étapes d'une vie rurale bien remplie sous l'aile d'une mère littéraire et d'un père en bleu de travail. c'est rafraichissant, je m'y suis retrouvée dans le rôle de la mère qui impose à ses enfants des modes de vie légèrement en grand écart (la société de consommation d'un coté et les grands espaces de l'autre), et cela m'a fait l'effet d'un bon documentaire, drôle, plaisant, sincère. Les personnages en particuliers y sont pleins de vérité. Pour le dessin et la couleur, c'est proche du dessin de presse... un coté rapide et expressif, qui fatigue un peu sur la durée.

31/01/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Avec cet album aux accents bucoliques, Catherine Meurisse revisite son enfance à la campagne et nous offre une ode charmante à la nature. Si cette évocation entre autobiographie et documentaire grouille de références culturelles et littéraires, les questions environnementales qui affectent également le monde rural n’en sont pas pour autant oubliées. Après « La Légèreté », l’album dans lequel elle évoquait l’après-attentat contre le journal satirique, la caricaturiste de Charlie Hebdo poursuit avec « Les Grands Espaces » son chemin vers la reconstruction, opérant une sorte de retour aux sources. Ces grands espaces, ce sont d’abord ceux de la campagne où son enfance a pu s’épanouir. Alors qu’elle-même et sa sœur étaient encore très jeunes, leurs parents décidèrent de restaurer une ferme endormie au milieu des cailloux pour en faire un bijou de verdure… Bien plus qu’un récit linéaire doté d’une logique narrative, ce livre est davantage une promenade champêtre où l’auteure fait jaillir par ci par là des anecdotes amusantes avec l’humour qu’on lui connaît. Amoureuse de littérature, elle y cite ses écrivains favoris, Proust, Loti, Zola, Rabelais… Le virus lui fut transmis par sa mère, qui elle-même avait pris pour habitude de prélever une bouture de rosier ou de plantes diverses en souvenir de chaque maison d’écrivains qu’elle visitait. A coté de ces plaisantes digressions intemporelles, Catherine Meurisse, n’étant évidemment pas du genre à se cacher la tête dans le sable, laisse parfois s’exprimer sa rage de voir cette belle nature abîmée par Monsanto et tous les chantres de l’agriculture industrielle. « Avant, la bouse sentait bon, constate avec colère la mère de l’auteure. Aujourd’hui, elle pue la merde ! Parce que les vaches bouffent de la merde ! » Côté dessin, si les personnages restent très schématiques, la façon qu’a Meurisse de les mettre en scène est très agréable. L’auteure aime la nature, et ça se voit. Pour représenter les paysages, elle a conçu dirait-on une technique particulière au pastel, qui produit un effet organique très étonnant. « Tout ce qui pousse, tout ce qui vit envers et contre tout » donne lieu à un foisonnement végétal magnifique faisant contraste avec les champs arides et monotones résultant d’un remembrement odieux, arrosés par des flots de pesticides et de sang (oui !) des abattoirs environnants. Heureusement, Catherine Meurisse ne s’appesantit pas non plus sur cet holocauste de la biodiversité dont on mesure plus que jamais les effets actuellement, plaidant ainsi pour les initiatives individuelles. Du reste, ce livre a le bon goût de l’enfance et ravira au moins toutes celles et ceux qui ont eu la chance de grandir à la campagne.

01/12/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

C’est agréable de lire une œuvre et de se dire que la personne qui l’a écrite est aussi cultivée que simple. Et c’est vraiment sur cette impression que je suis resté durant toute ma lecture. Catherine Meurisse y évoque son enfance, une enfance heureuse bercée de culture autant potagère qu’artistique. J’ai aimé la douceur de cette évocation espiègle, lorsque l’impertinence de certains propos n’a d’égal que la pertinence des idées. « Les grands espaces » est une invitation plus encore qu’un récit. Cet album est une ouverture à la curiosité, à la découverte, à la culture. L'autrice, au fil des planches, nous montre son univers vu par le prisme de l’enfance, lorsque toute chose à le goût de la première fois, lorsque l’émerveillement peut autant naître à la vue d’un tableau de Vermeer qu’à la découverte d’une bouse de vache encore fraîche et fumante. Espiègle, simple et cultivé, frais, vivant, touchant, drôle… un très bel album. Une bulle hors du temps.

19/11/2018 (modifier)