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Le Oki d'Odzala

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Reportage graphique dans la jungle du Congo-Brazzaville, à la découverte des gorilles, entre scientifiques, braconniers, rangers et sorciers. Une plongée aussi dans le coeur de l'Afrique centrale, de ses légendes et fonctionnements.


Afrique Noire Documentaires Les Singes

Clémence, primatologue et Manu, dessinateur qui l'accompagne pour un reportage BD, débarquent à MBOMO, dernier bourg avant les profondeurs de la forêt équatoriale, pour une expédition scientifique auprès des grands primates. La dernière probablement, faute de budget. La présence du dessinateur est d'ailleurs là peut être pour trouver de nouvelles subsides. Manu est friand de fables et légendes et cherche les conteurs pour lui transmettre les croyances locales. Clémence, irritable, met au point l'expédition. On découvrira les braconniers, leur chef, les exactions, entre viols, pressions et violences. Pendant que le duo accompagné de quelques guides se plonge dans la forêt à la recherche des gorilles (ainsi que d'un specimen blanc non albinos), nous suivrons les relations entre Gibson pilote américain ambigu et Mickey, adolescent cherchant à se venger de Pépito, caïd local et chef des braconniers, qui a violé sa mère en représailles et pression de son père, ranger. Protégé par un sorcier vénal et les pots de vin, il règne sans crainte sur ce territoire où la clientèle est passée des européens (qui ont voté des lois pour stopper le carnage du braconnage) à celle asiatique. Au final, Pépito sera arrêté, le réseau démantelé. Clémence écrasera les données de ce spécimen inconnu, pour le protéger. La protection des grands singes, de ce qu'il reste de notre nature devient donc primordial.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Mai 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Oki d'Odzala
Les notes (1)
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30/09/2018 | McClure
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Par McClure
Note: 3/5

La difficulté avec le reportage, c'est de rendre suffisamment intéressant son récit pour ne pas perdre le lecteur. Deux options sont possibles, soit être très bon (Le Photographe/Les Chroniques....) soit scénariser pour créer une tension dans la lecture. C'est ce deuxième axe qu'a choisi d'exploiter A.DAN. Son histoire manque malheureusement d'écriture. Il tisse une trame autour de Mickey et de sa vengeance, de la participation de Gibson à celle ci, de l'importance des marabouts et de leurs sorts pour étoffer le peu à dire de l'expédition. La finalité est bien de dénoncer le braconnage, les horreurs qui y sont liées et l'absurdité de son utilisation (trophées, soigner les troubles de l'érection, cendriers etc....). Clémence la primatologue est sans intérêt. Je pensais qu'elle nous apprendrait beaucoup mais c'est survolé. De plus, elle apparaît toujours acariâtre, énervée. Elle ne communique pas avec ses partenaires d'expédition. Donc nous n'apprenons que trop peu d'elle. Manu ensuite est bien plus agréable. L'auteur s'est il autoportraitisé de manière plus positive volontairement? Malheureusement, il cherche sans arrêt à rentrer plus loin dans les mythes locaux mais on ne lui en fourni que trop peu. il aimerait apprendre, connaître, mais on ne lui en laisse pas la place. Il se retrouve comme nous. Reste donc les personnages secondaires qui conduisent la trame "suspense". Le gosse et son protecteur, pilote de son état, ont déjà plus de choses à dire. Malheureusement, la trame est trop légère. Cela va trop vite. Gibson a un passé qui l'a conduit ici. Mais c'est juste évoqué, juste survolé. Mickey cherche à se venger, il veut aussi marcher sur les traces de son père, mais là encore tout file autour de lui. En fait il y a une volonté forte de l'auteur de pondre quelque chose de bien foutu, malheureusement, il passe à côté de son sujet sur les 2 axes. Le reportage n'est pas assez fouillé, l'histoire est trop légère. C'est dommage, les bonnes intentions sont là. Graphiquement, c'est très réussi. Les aquarelles sont superbes mais....elles auraient pu être plus belles encore. La couverture, le cahier graphique en fin de volume, tout montre l'extraordinaire artiste qu'il est. Mais il s'est limité sur les planches. C'est joli, bien réalisé, mais tellement en dessous de son travail que l'on retrouve en fin d'album. Sur le fonds, l'ouvrage est essentiel. Il offre une lecture de pratiques encore fortes et ancrées quand on les connait depuis si longtemps, qu'elles étaient déjà dénoncées par Dianne Fossey, qu'on voit les dégâts s'amplifier, le globe se détruire.

30/09/2018 (modifier)