Crache trois fois

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Une chronique sociale dans l'Italie moderne


Documentaires Italie

Une bande d'amis du Nord de l'italie fréquente un lycée technique Entre échec scolaire et virées nocturnes, le quotidien morne et monotone d'une bande d'adolescents. Et puis il y a cette communauté de gens du voyage, que l'on méprise tant...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Crache trois fois
Les notes (2)
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09/03/2018 | montane
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Par canarde
Note: 3/5

Un chouette pavé. Un village d'Italie après la seconde guerre mondiale, des ados sans avenir qui trainent, une famille de tziganes qui est montrée du doigt et vit de l'autre coté du pont dans une ferme abandonnée, un champ labouré qui laisse revenir à la surface toute sorte d'objets... Des événements décousus qui semblent toucher du doigt la grande histoire autant que les hontes et les fiertés de l'adolescence. C'est assez noir. Le dessin en noir et blanc est assez déroutant, comme l'enchaînement des scènes, sans qu'on puisse comprendre où commence le fantasme et où s'arrête la réalité. Le trait fin et multiple virevolte en masses floues. Tout le travail semble montré (pas de première ébauche au crayon, qu'ensuite on repasse à l'encre sur un calque), et du flou sort parfois des visages extrêmement précis qui semblent vous regarder depuis derrière la page. Le sujet dur et le dessin qui se met à vous observer créent une inquiétude chez le lecteur que je trouve rare et précieuse. Cependant il manque une construction de la narration plus tenue, pour que mon enthousiasme soit total.

02/04/2018 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Davide Reviati est ce que j'appellerai un auteur social, un chroniqueur d'une jeunesse italienne, qui tourne en rond, sans horizon aucun et qui tue le temps comme elle peut. C'était déjà un peu le cas avec son autre album Etat de veille. Il continue ici, avec cet album présent dans la sélection d'Angoulême 2018. Nous voilà plongés dans le quotidien d'une bande d'amis au Nord de l'Italie, qui végètent dans un lycée technique. Hormis, les sorties nocturnes, où l'on consomme alcool et cannabis, rien ne vient égayer son quotidien. Aucun horizon radieux ne s'offre à elle. Et puis, à coté, il y a ce camp de gens du voyage, encore plus marginalisés qu'eux et qui a tant souffert lors de la période nazie. On les méprise autant qu'ils fascinent, surtout lorsque parmi eux apparait une jeune fille, qui ne semble pas des plus farouches. Une chronique du racisme ordinaire tel qu'il existe dans toutes nos sociétés. Les lecteurs de ce genre d'histoire, qui s'étale sur près de 550 pages, apprécieront la qualité d'écriture de Davide Reviati, tout comme son trait en noir et blanc, où l'on reste plutôt dans l'esquisse que dans le dessin parfaitement abouti. Son trait m'a fait penser à Cuvelier en certaines circonstances. Une histoire qui n'est pas destinée au grand public, mais les amateurs de récits exigeants apprécieront sans nul doute.

09/03/2018 (modifier)