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The Shadow Hero

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

La naissance et les premiers pas du premier super héros issu de la diapora chinoise, en lutte contre la pègre qui infeste les bas-fonds de San Incendio.


First Second Super-héros

Hank est un jeune homme, fils d'immigrants chinois, qui ne rêve que de prendre la suite de son père à la tête de la petite épicerie familiale, au cœur de Chinatown. C'est compter sans sa mère, qui rêve de faire de lui un super héros depuis qu'elle a croisé par hasard la route de « l'Ancre de la Justice ». La vie tranquille de Hank est bouleversée par les ambitions maternelles et ses premiers pas en tant que justicier masqué ne sont pas vraiment des réussites. Mais le jeune homme est habité par l'esprit de la tortue qui le protège, et c'est sous la cape de « la Tortue Verte » qu'il va défier les parrains de la pègre qui oppriment la communauté chinoise de San Incendio.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Juin 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série The Shadow Hero
Les notes (2)
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14/06/2017 | Eric2Vzoul
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Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

J’ai beaucoup aimé le développement de cette histoire qui nous parle d’émigrés chinois vers le début du XX ème siècle. La Chine est alors en proie à des troubles politiques sans précédent car une dynastie impériale vient de s’éteindre en 1911. Une mère rencontre un super-héros américain. Elle décide que son fils de 19 ans sera également un super-héros pour débarrasser le quartier de Chinatown de ses triades mafieuses. Cependant, encore faut-il avoir des pouvoirs spéciaux ! Il est plutôt timide et maladroit. ce n'est pas gagné d'avance ! Notre jeune héros va prendre des coups et perdre son père bien-aimé. Cependant, lors de son enterrement, il se passera quelque chose de bizarre. Nous voilà lancé dans une grande aventure. A la fin de cette œuvre, il y a comme un goût d’inachevé, non pas que l’histoire n’a pas de fin mais elle appelait sans doute à d’autres aventures. On regrettera qu'il n'y ait qu'un seul tome. Ce titre a été couronné de nombreux prix comics aux USA. Il a été réalisé par des auteurs d’origine chinoise. On sent toute cette influence et symbolique avec ce folklore pour un résultat très convaincant. Au final, une belle réussite.

17/12/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

En 1944, en plein “âge d'or” des comics et durant la Seconde Guerre mondiale, un certain Chu Hing créa un éphémère personnage de super-héros appelé La Tortue Verte. Ce héros ne vécut que le temps de cinq aventures avant de disparaître. Mais il présentait la double originalité d'agir aux côtés des Chinois en lutte contre l'envahisseur nippon, et aussi d'être (probablement) le premier super-héros chinois. Probablement, car l'auteur se garda soigneusement de dévoiler son visage et ses origines… La première aventure de cette Tortue Verte de 1944 est reproduite en fin de l'album et on comprend un peu pourquoi la série est tombée dans l'oubli, tant elle aligne les poncifs et les facilités des comics de guerre, censés délivrer un message patriotique et dénigrer l'ennemi japonais : le héros et ses amis sont courageux et nobles, leurs ennemis fourbes et cruels, les rebondissements téléphonés… Toujours est-il que 70 ans plus tard, Gene Yang, lui même descendant d'immigrés chinois, a redécouvert le personnage et a décidé de le faire revivre en lui donnant un visage, une identité et un passé. Dans cette mini-série, nous assistons à la naissance du super héros connu sous le nom de « la Tortue Verte », sobriquet un peu ridicule et loin d'inspirer la terreur, reconnaissons-le. Ce détail donne le ton. Tout en restant fidèle aux éléments de la série d'origine, le scénariste instille une solide dose d'humour qui donne à son récit un ton léger et résolument moderne. Comment un jeune homme normal (sauf que sa peau devient rose et fluorescente quand elle est mouillée) choisi-t-il de se promener dans Chinatown vêtu d'un slip et couvert d'un cape sur laquelle figure une tortue ? Dans les Watchmen, Alan Moore nous explique que les encapés en collants sont des individus frustrés, psychopathes, à l'égo surdimensionné… Yang a une réponse tout aussi freudienne : si le jeune Hank devient un super héros, c'est parce que sa mère a décidé qu'il en serait un et qu'elle est particulièrement têtue ! Ses débuts sont hésitants et il multiplie des déboires dignes d'un Kick-Ass, d'autant plus que le zèle maternel lui cause autant de torts que les méchants qu'il est censé combattre. C'est avec beaucoup de dérision que l'auteur transforme ce garçon falot en véritable héros. Certaines scènes sont très drôles, et je comprends pourquoi son récit lui a valu un Eisner Award en 2015. Sonny Liew se charge du dessin. Lui aussi est d'origine asiatique, puisqu'il est né en Malaisie. Pour ce que je connais du genre, son style s'inspire de la tradition du manhua, que j'ai personnellement découvert avec la trilogie Une vie chinoise ; c'est un peu caricatural, avec des traits au pinceau qui donnent du volume aux personnages. Mais on sent aussi qu'il est tout imprégné de la culture des comics, et ses ambiances penchent aussi vers Le Spirit de la grande époque, celui d'Eisner himself. C'est original, dynamique, souvent beau, dans un style qui réussi à se faire remarquer au milieu de la production pléthorique des récits de super héros. Ce Shadow Hero est donc une belle découverte, qui m'a fait passer un bon moment de lecture, avec quelques tranches de franche rigolade. Je ne pense pas qu'une suite soit prévue, mais je la suivrais volontiers.

14/06/2017 (modifier)