Les Vestiaires

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

Loin du feuilleton adolescent, cet album est un authentique témoignage sur la puberté.


Adolescence Harcèlement scolaire La Boite à Bulles

Le nouveau vestiaire des collégiens ouvre ses portes. Vitres floutées et toilettes roses, les garçons découvrent les locaux rénovés avec un mélange de gêne et de moquerie. D’autant plus que les douches sont désormais collectives ! Ainsi deviennent-elles un centre d’intérêt particulier, dans cet espace clos où le principe fondamental de l’autorité adulte disparaît et où peuvent s’exprimer les instincts primaires à l’état le plus brut : agressivité, sexualité ado, moqueries, harcèlement de la tête de turc… Est recréée au sein même du vestiaire une microsociété sans limites et à l’équilibre incertain, avec ses chefs craints et ses moutons noirs. Affranchis, les garçons du vestiaire affichent leur cruauté naturelle dans un récit à la fois captivant et étouffant qui n’est pas sans rappeler Sa Majesté des mouches. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Mai 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Vestiaires
Les notes (4)
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24/06/2014 | Alix
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Quand j'ai feuilleté l'album, je me suis d'abord dit que ça ressemblait beaucoup à un ersatz des BDs de Bastien Vivès. Le graphisme épuré au trait lâché se focalisant sur les personnages avec des visages souvent vides de traits, le décor de vie intime d'adolescents, l'ambiance visuelle, je trouvais que ça ressemblait beaucoup. Et comme je ne suis pas fan du tout de cet auteur, je n'avais guère envie d'en lire une copie. Mais finalement, même si ça ressemble un peu, ce n'est pas du Bastien Vivès. Le trait est assez différent et j'ai trouvé le récit plutôt intéressant. Cela raconte ce qu'il se passe dans les vestiaires d'un lycée où une même classe se retrouve tous les jeudis pour le cours de sport. Dans cette classe, il y a les gars cools, les redoublants, ceux dont on se fiche et forcément il y a aussi un souffre-douleur, dans le cas présent un petit gros qu'on moque pour son physique. Jeudi après jeudi, entre différentes conneries d'ados esclaves de leurs hormones, on voit ce gars se faire harceler plus ou moins gravement jusqu'à ce que finalement il trouve le moyen de retourner la situation au détriment de celui qui le harcelait. Le représentation de l’atmosphère lycéenne et très stupidement mâle de garçons qui se retrouvent en meute est plutôt bien rendue même si ça me gonflerait d'avoir étudié dans une telle atmosphère et cela ne donne vraiment pas envie de revivre ça une fois devenu adulte. La mise en scène narrative est plutôt fine car on ne voit pas exactement quel est l'élément qui permet le retournement de situation puisqu'on saura juste que c'est une photo sans jamais la voir ni qu'on décrive ce qu'il y a dessus. Ça a aussi un côté un peu frustrant, tout comme la fin que j'ai trouvée très abrupte. C'est voulu, l'auteur a clairement voulu couper net pour maintenir le lecteur sur une note émotionnelle bien particulière, mais ça m'agace de ne pas avoir au moins 2 ou 3 pages de conclusion pour raconter ce qu'il se passe après l’événement final.

27/07/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’aime bien cette idée de développer toute une histoire dans un lieu unique. Comme le disent les précédents aviseurs, il y a un côté voyeur/télé-réalité dans le traitement de l’histoire puisque le regard restera constamment à l’intérieur du vestiaire. Même les images de l’extérieur nous sont délivrées à travers les vitres floutées du vestiaire. L’histoire en elle-même est une étude de caractère. Une microsociété (une classe d’adolescents) est analysée avec ses diverses composantes (les intellos, les fortes têtes, les souffre-douleur, les amuseurs, etc… ). C’est, je pense, assez juste dans l’analyse avec une prédominance de la connerie et du pouvoir de la meute sur les bons sentiments et l’empathie. Pas de quoi donner une belle image de l’humanité mais ce n’est pas le but non plus. Mon sentiment en fin de lecture est assez neutre. Je trouve qu’il y a de bons moments mais aussi des périodes creuses et des clichés un peu faciles, c’est la raison pour laquelle je reste sur une note de 3/5. Le dessin de couverture me faisait un peu peur mais l’intérieur ne m’a pas déplu. Ce n’est clairement pas le genre de bande dessinée que je lis pour son dessin mais celui-ci convient bien au sujet et la petite trouvaille des images floutées à travers la vitre apporte un poil d’originalité agréable. Je ne déconseille pas l'achat mais je n'en ferais pas une priorité non plus. Si vous avez l'occasion de l'emprunter, je pense que c'est suffisant.

19/05/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Faire une bd ayant pour thème les vestiaires est une chose curieuse en soi. Mais pourquoi pas ? Il y a un côté voyeuriste qui ne met pas très à l’aise lorsque l’on recherche l’intimité. Le cadre est celui d’un collège avec des élèves qui découvrent leur nouveau vestiaire. Il y a les bandes qui s’organisent et toujours un souffre-douleur dans le lot. Cela peut rappeler des mauvais souvenirs à certains lecteurs entre moqueries et agressivité. Dans mon cas, on n’avait pas le droit de prendre des douches : cela réglait tout problème éventuel ! D’ailleurs, la bd prendra également soin de ne rien montrer. Le politiquement correct sera de mise. J’ai bien aimé l’évolution psychologique de certains personnages. Cependant, ils ne sont pas constants. Le bon et le mauvais se côtoient et se mélangent. Bref, aucun élève ne reflète des qualités basées sur la bienveillance du prochain. L’âge bête sans doute ! Par ailleurs, on assistera à une évolution des rapports de force entre garçons d’une même classe. C’est assez intéressant. Le dessin assez épuré ne fera pas dans la finesse. On pourra le regretter. Aucun sensualisme ne transparaît. Certains dialogues seront futiles. Cependant, toute la réussite de cette bd est de ne montrer que ce qui se passe dans le vestiaire : ce lieu collectif des plus secrets. Pari audacieux réussi pour les auteurs ! Au final, cela ne sonne pas très vrai. La violence est trop exacerbée. Je ne crois pas que tous nos ados sont bêtes et méchants. En faire des assassins est un pas que les auteurs ont allègrement franchi. Pas de concession ! Bref, la cruauté morale et physique sera de mise. D’où un certain malaise …

14/10/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
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Ha, les vestiaires au collège, la gym, les douches collectives, les camarades cruels, que de souvenirs horribles pour de nombreux hommes (enfin pour moi en tout cas !) J’ai ressenti lors de cette lecture une fascination presque malsaine, une impression de regarder une émission télé réalité. J’ai pris un certain plaisir sadique à regarder d’autres garçons vivre ce droit de passage vers la vie adulte. C’est super bien vu, même si je dois avouer que j’ai trouvé la fin un peu « too much ». Notez que la narration se situe uniquement dans le vestiaire, ce qui est original et bien amené, les événements se passant ailleurs nous étant narrés par les protagonistes. Le dessin est classique, et les couleurs un peu trop criardes à mon goût. L’auteur utilise aussi des effets de flou qui jurent un peu avec l’ensemble. Une lecture fascinante, qui rappellera de mauvais souvenirs.

24/06/2014 (modifier)