Bitume

Note: 3.4/5
(3.4/5 pour 5 avis)

Divers destins sur la route, le trottoir, en ville… Sur le bitume, quoi.


Road movie

Une série à thème, un peu comme « la Mémoire des arbres » des Servais : tout tourne autour du bitume, sous toutes ses formes. Le bitume, c’est, en fait, le seul personnage commun à tous les albums de la série, qui pour l’instant se déroule chaque fois dans un autre pays – allant de la Colombie à Londres, en passant par l’Australie. Chacun de ces tomes nous livre une histoire centrée sur un personnage, chargé de blessures, petites ou grandes, et qui se résout, ou pas, au cours de l’album. Une vision toute en finesse et en sensibilité de cœurs humains…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1995
Statut histoire Une histoire par tome (Histoires très indépendantes !) 6 tomes parus
Couverture de la série Bitume
Les notes (5)
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07/08/2002 | SuperFox
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L'avatar du posteur Noirdésir

Étrange cette série, qui porte bien son nom, mettant en avant le bitume, la route (ou parfois la rue), autour de laquelle tournent les intrigues, mais qui n’est pas vraiment une série. En effet, c’est plutôt une sorte de collection, de concept, puisque chaque album est une sorte de one-shot, se déroulant dans des lieux différents et variés (Colombie, Amérique profonde, bush australien, rues de Paris ou de Londres, etc.) avec des personnages et des intrigues totalement indépendants d’un album à l’autre. Le point commun est le rythme, assez pépère généralement, une économie de dialogues, et donc une omniprésence de ce bitume, qui devient une sorte de personnage muet (mais souvent mis en avant par des gros plans, des séries de planches). Ce sont des albums d’ambiance le plus souvent, plus que d’intrigues fortes. Du coup, c’est assez inégal (et donc on peut envisager d’en acheter certains). Mon préféré est celui se déroulant en Australie, assez poétique, usant habilement (avec une petite dose d’humour) de l’univers aborigène. Je suis moins intéressé par les histoires jouant moins sur les grands espaces, et qui, plus urbaines et tournant autour de la rue plus qu’autour de la route, perdent le côté lyrique que pouvaient avoir les 3 premiers albums parfois (les suivants se déroulant en plus dans un univers « occidental » bien moins exotique). Le dessin est relativement original, efficace (sans être de ceux que je préfère). Je ne suis par exemple pas fan des visages, anguleux. La colorisation joue sur des tons chauds, mais manque parfois de nuance. Si vous ne devez choisir que quelques albums, prenez les 3 premiers (et le troisième si vous n’en prenez qu’un).

16/10/2019 (modifier)
Par BDenis
Note: 3/5

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Une histoire différente par album pour des mêmes auteurs. Je n’en ai lu que quatre et la qualité est très inégale : la première est moyenne, j’ai beaucoup aimé la deuxième, la troisième est une très belle histoire et la sixième est pas terrible. Que des scénarios qui se passent sur la route ou la rue, comme le titre le laisse présager. Les visages sont assez triangulaires avec des yeux souvent très écartés mais ça ne m’a pas gêné. J’ai trouvé les couvertures somptueuses et rien que pour ça ces BD méritent de figurer dans une collection. Bitume 1 – Le Sauveur de La Linea 2.50 / 5 Bitume 2 – Norma’s day 3.25 / 5 Bitume 3 – Cow-boy Louie l’Australien 3.25 / 5 Bitume 6 – Taxi City 1.75 / 5 global 2.7 / 5

02/06/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai bien aimé les trois premiers tomes. Les histoires correspondent alors bien avec l’idée que je me faisais de la série. Les scénarios n’étaient pas très originaux, mais ils permettaient d’illustrer des lieux dépaysants et socialement intéressants. Le ton mélodramatique était parfois trop accentué mais je me laissai emporté et je trouve Norma’s Day (le tome 2 de la série) vraiment très équilibré. Malheureusement, à partir du tome 4 (Paris-trottoir), je ne retrouve plus ce qui faisait le charme de la série à mes yeux. Paris-trottoir est une histoire urbaine, bien plus béton que bitume. Fini l’exotisme, les grands espaces, les territoires désolés (des lieux et des âmes). Bonjour les sans-abris, les squatteurs et les problèmes d’immigration. Quant à « le fils de l’autre », son univers me plait plus, mais sa conclusion est trop illogique et manque totalement de crédibilité pour me convaincre. Ces deux tomes m’ont tellement déçu que j’ai renoncé à lire Taxi City, une histoire qui, de prime abord, me paraissait à nouveau très urbaine. A noter dans le tome 5, un carnet de route bien ficelé apporte un éclairage intéressant sur les travaux préparatifs des différents tomes. J’aime toujours bien ce genre de supplément, et celui-ci est pas mal réussi.

16/09/2009 (modifier)
Par Picado
Note: 4/5

J'ai été très étonné par cette série, qui ne payait pas de mine quand je me suis penché dessus... Les histoires se révèlent cependant très fortes et bien fouillées... J'apprécie réellement le lien qui est fait entre les BDs sur la route... C'est vraiment une bonne idée, car la route couvre tous les pays, mais les pratiques au volant sont très différentes et des vies se trament au bord ou sur le bitume. J'apprécie l'humanité des personnages, qui comportent leurs blessures, leurs défauts et leurs envies. Les dessins varient selon les tomes mais se révèlent en général plutôt plaisant et agréable. On se laisse vraiment prendre à la lecture de ces tomes, et il en ressort une certaine fraîcheur et une certaine mélancolie...

19/01/2005 (modifier)
Par SuperFox
Note: 4/5

Cette série, originale par son concept – le seul point commun entre les albums, c’est le bitume, sous toutes ses formes -, ne se résume de loin pas à des histoires à la Michel Vaillant ou aux Casseurs : ici, la route ou le trottoir se font plutôt prétexte à chacun pour y dérouler son destin, y faire quelques kilomètres dans son passé, ou filer vers l’horizon de son être… Les intrigues sonnent très juste, et touchent tout autant : bouffées de nostalgie, vieilles histoires parfois difficiles qui se dénouent de manière inattendue et pas « bêtement » dans un happy end convenu, chacun des opus de la série est un petit moment de bonheur, une invite à l’introspection parfois sordide – Le Fils de l’Autre -, parfois limite romantique – Taxi City -, mais le plus souvent entre-deux – Norma’s day. Les personnages, solidement campés sur les deux jambes que forment leur passé et leur mémoire, sentent l’écorché vif, l’attachant que donne le tragique et cette odeur de vieille page que l’on finit par tourner, une bonne fois pour toute. Bref… Je vais m’arrêter là, ou je vais encore plus verser dans le lyrique. Mais lisez cette série. Vraiment chouette, même si le dessin, honnête, n’a à mon sens pas grand-chose de novateur –on apprécie toutefois cette parfaite adéquation avec le côté lisse des scénarios, ces grandes lignes routières… (Mention spéciale pour l’esthétisme particulier des couvertures.)

07/08/2002 (modifier)