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Printemps Noir

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

A travers l’itinéraire d’un homme, la description des errements d’une révolution pourtant initialement légitime...


Amnesty International Caraïbes Documentaires La Boite à Bulles La révolution Cubaine

« Je suis né quelques jours après la fin de la révolution, le 29 janvier. Fidel Castro et les barbudos venaient de renverser le dictateur Batista… » Alejandro González Raga est un Cubain comme les autres, un enfant de la révolution. Il étudiera même dans des écoles militaires et sera donc abreuvé à satiété de propagande castriste. Mais le jeune homme aime le rock and roll et, sans doute plus que d’autres, souffre des conditions de vie imposées sur la grande île : surveillance permanente, liberté de mouvement entravée et contrôlée. Il se met donc à écrire des articles et à militer dans des partis politiques demandant le rétablissement de la démocratie. C’en est trop pour le régime qui déclenche en mars 2003 l’opération Printemps Noir et arrête ses opposants les plus gênants. Alejandro ne sortira de prison qu’en 2008, suite aux tractations de l’Union Européenne et de l’église cubaine et grâce au soutien d’organisations telles que Reporters sans frontières et Amnesty International. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Juin 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Printemps Noir © La Boîte à Bulles 2013

08/07/2013 | Alix
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L'avatar du posteur bamiléké

Je suis un peu circonspect au sortir de ma lecture de "Printemps Noir". D'un côté c'est toujours une très bonne chose de défendre par tous les moyens la liberté d'expression et de pensée. Cela montre de facto la faiblesse structurelle des régimes qui usent de la coercition pour imposer une pensée unique. C'est un axe majeur de l'engagement d'Amnesty International qui soutient ce livre. D'un autre côté je suis toujours un peu gêné quand je n'entends qu'un son de cloche. Les auteurs recueillent le témoignage d'Alejandro Raga et sans vouloir le mettre en doute nous n'avons que son point de vue. Je n'ai jamais été un fan du "Lider Maximo" ni du Che. Mais je trouve que c'est un tort assez courant de vouloir brûler ce que l'on a adoré. Dans l'ouvrage, les auteurs mêlent un peu facilement des situations anecdotiques sans grandes importances (la pêche du Lider voire même l'accident de tracteur) mais à fort caractère émotionnel et des épisodes historiques plus importants (la fuite en radeaux de milliers de Cubains vers la Floride) traités de façons superficielles. De même j'ai du mal à accepter la comparaison des auteurs entre les prisons cubaines avec les Goulag Soviétiques. Bien sûr Cuba n'est pas un paradis démocratique au sens où nous l'entendons mais j'ai trouvé la description des mésaventures policières d'Alejandro plutôt assez soft par rapport à d'autres pays autoritaires. Le graphisme est assez expressif et l'idée d'introduire des photos est bonne. Malheureusement les couleurs ne sont pas top et d'ailleurs je trouve que ce type de reportage/témoignage supporte bien mieux le N&B. Une lecture pas désagréable mais qui laisse sur sa faim.

03/06/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Plusieurs BDs dont notamment Castro m'avaient permis de découvrir le détail de la Révolution Cubaine. El Comandante Yankee de son côté, m'avait permis de voir de l'intérieur les suites de cette révolution en se plaçant parmi les fidèles du parti Castriste. Printemps Noir prend le contre-pied puisque cette BD aussi se déroule après la Révolution, mais cette fois vue du camp opposé, de ces cubains qui voudraient que leur île échappe à l'oppression du gouvernement castriste qui a a laissé la place aux espoirs des premières années. Le héros et narrateur est né au moment de la révolution elle-même. Il n'a donc connu Cuba que sous le pouvoir de Castro et de son gouvernement révolutionnaire. S'il n'a jamais été un grand soutien de ce dernier, le jour où son meilleur ami est mort en essayant de fuir le pays a été le déclic pour le motiver à rejoindre pour de bon l'opposition. Il va alors s'engager auprès d'un parti démocrate et travailler essentiellement dans le journalisme semi-clandestin, fournissant des informations à une radio cubaine exilée en Floride et imprimant un petit journal à destination de la population cubaine de sa petite ville. J'ai apprécié avec cet album de découvrir l'état d'esprit de cubains standards, initialement ni forcément pour ni forcément contre Castro, puis de voir comment le contexte et les événements vont peu à peu les pousser à s'engager de plus en plus, quitte à risquer leur vie et leur liberté. C'est intéressant et instructif, d'autant que c'est raconté de manière claire et plutôt agréable. Par contre, cette BD date du début des années 2010 et se termine alors que Castro est encore en vie et au pouvoir. Du coup, le contexte a changé entre-temps et je ne sais pas s'il est devenu vraiment différent pour ces opposants, ni si leur situation s'est améliorée pour eux et pour le peuple cubain. Ça donne du coup l'impression de lire un documentaire un petit peu périmé et c'est dommage.

13/08/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Certes, il y a eu le printemps arabe mais également le printemps noir en 2003. Je ne le connaissais pas car il est passé totalement inaperçu au moment où Georges Bush menait sa croisade pour la liberté en Irak (les mauvaises langues diront que c'est pour le pétrole). Ce récit historique a pour cadre Cuba et on découvre l'envers du décor de la carte postale. Certes, il y a eu la révolution menée par Fidel Castro au nom du peuple. Néanmoins, on a remplacé une dictature de droite par une dictature de gauche. Ce sont finalement toujours les mêmes qui en profitent et le peuple qui trinque... Le printemps noir est une répression politique menée par le régime cubain contre ses dissidents. Il faut dire que les gens aspirent à la liberté de circulation ou de parole. Or, Cuba lutte férocement contre ces valeurs en présentant le monde occidental comme son principal ennemi. Nous allons partager le combat d'un cubain ordinaire à savoir Alejandro Gonzalès Raga qui fut dans sa jeunesse abreuvé par la propagande de ce régime. Amnesty international a joué un rôle dans cette crise afin de dénoncer les violations des droits de l'homme à commencer par le délit d'opinion. Elle est également associée à ce projet de bd. Il est vrai que je partage totalement les valeurs d'Amnesty et que je suis résolument dans le camp des occidentaux et contre toute forme de dictature communiste. La bd est tout à fait correcte malgré un dessin qui laisse parfois à désirer. J'espère qu'un jour les habitants de cette île connaîtront la liberté sous toutes ses formes. Le blocus est sur le point de céder après 50 ans car les choses semblent évoluer favorablement depuis la retraite de Fidel Castro. Bref, ce témoignage a le mérite de restituer les choses telles qu'elles sont.

15/03/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

L’été est cubain chez La Boîte à Bulles, avec les parutions simultanées de "Benigno, mémoires d’un guérillero du Che" et « Printemps noir », deux albums s’intéressant à l’Histoire complexe de cette petite île des caraïbes. « Printemps noir » se penche sur l’après révolution, et la propagande castriste étouffant les libertés personnelles d’une population surveillée et terrorisée. L’histoire de Alejandro González Raga, jeune militant pro-démocratie, est passionnante et remarquablement contée par Maxence Emery. La narration est fluide, et l’auteur arrive à « caser » une quantité incroyable d’information sans rendre les textes indigestes. Par contre je suis moins fan du dessin, et surtout des couleurs, beaucoup trop flashy à mes yeux. Un témoignage passionnant, et un album à lire si l’Histoire de ce pays vous intéresse.

08/07/2013 (modifier)