Le Croissant et la Croix (les croisades des Saint-Preux)

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Au travers de la lignée des Saint-Preux, revivez les temps forts des huit croisades de l'empire chrétien.


987 - 1299 : Moyen-Âge et Capétiens La BD au féminin Les Croisades

Au travers de la lignée des Saint-Preux, revivez les temps forts des huit croisades de l'empire chrétien.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1985
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Croissant et la Croix (les croisades des Saint-Preux)
Les notes (3)
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13/10/2011 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Agecanonix

Nul doute que les époux Funcken ont enchanté mes jeunes années avec leurs personnages dans le journal Tintin, comme Harald le Viking, le lieutenant Burton, le Chevalier Blanc, Capitan ou Doc Silver. Mais quand ils décident de s'attaquer à un sujet aussi compliqué que les Croisades, c'est un peu moins réussi. Attention, je n'ai pas dit que ça ne valait rien, non au contraire, c'est instructif parce que moi, dans ce long Moyen Age qui me passionne tant, je n'ai jamais aimé cette période des Croisades. Oui, c'est très compliqué, et aussi parce qu'il est un peu vain d'aller si loin pour guerroyer alors qu'il y avait bien assez d'adversaires en France ou en Angleterre pour croiser le fer et s'accaparer des territoires. La narration est ici beaucoup trop compressée, c'est curieux pour un album de ce calibre dont le contenu n'a pas été diffusé dans le journal Tintin, simplement réalisé pour l'édition en album, qu'est-ce qui pouvait empêcher les auteurs d'allonger le nombre de pages pour mieux développer ? D'autre part, il y a tellement de personnages que parfois on s'y perd un peu. Mais Yves Duval, en tant que scénariste chevronné, réussit le tour de force d'intéresser quand même le lecteur réticent que je suis à ce sujet, et surtout il démontre en filigrane (parce que c'est discret quand même) l'appât de la richesse et du pouvoir des Croisés, démentant ainsi une idée longtemps entretenue qui faisait de ces nobles chevaliers presque des saints. Une autre Bd plus tard ira dans cette direction de façon plus nette : Bohémond de Saint-Gilles dessinée par Juillard, mais elle reste peu connue. La lecture finit donc par être un poil laborieuse, mais heureusement, chaque partie du récit est découpée en petits chapitres, et Duval décrit à travers cette fausse lignée des Saint-Preux qui sert de témoin, les épisodes politiques, guerriers et religieux des Croisades, avec un regard plus attentif vers la fin sur le roi Louis IX (Saint-Louis). Cette Bd ne plaira qu'à des nostalgiques ou des habitués de ce style graphique et narratif, dont je fais évidemment partie, mais moins sûrement à des lecteurs plus jeunes. J'avoue néanmoins que c'est limite, parce que la lecture un peu fatigante, j'ai déjà donné. Le dessin des Funcken est toujours aussi soigné, un peu didactique, à l'image de leurs ouvrages sur les "Uniformes et armes des soldats de tous les temps", et donc fidèle dans l'équipement de ces chevaliers entre le XIème et le XIIIème siècles. Une bonne Bd, foisonnante, un peu trop rigoureuse, mais qui fait revivre dans un résumé serré une période cruciale du Moyen Age.

01/03/2015 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Sept bonnes histoires de bruit et de fureur où faits d'armes, politique, alliances, tromperies se mêlent pour le grand plaisir du lecteur. J'aime bien, même si tout ceci paraît quelque peu surrané, car le style graphique des époux Funcken (hé oui, ils "travaillent" ensemble) m'a toujours attiré. Recherche du détail historique, mise en scène et en pages soignées, dessin "appliqué", contexte historique pas trop exploité dans la production font de cet album une bonne introduction à cette période de l'Histoire un peu, déjà, oubliée. Et puis, j'ai apprécié cette fausse descendance des Saint-Preux où l'on ne se contente pas d'aligner les hauts faits d'armes de l'époque. Certes, on guerroye, mais l'ennemi musulman se montre bien souvent supérieur à ces Croisés qui ne pensaient qu'à s'enrichir rapidement en conquérant de nouvelles terres. Le didactisme et le dessin en font peut-être une BD passée de mode mais, personnellement, j'apprécie beaucoup.

13/10/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Le style historique rigoureux en un tome m’a rarement valu des satisfactions. Et cet album ne dérogera pas à la règle tant il cumule les défauts du genre malgré le grand soin apporté par ses auteurs. Tout d’abord, allez-vous en résumer huit croisades en 62 planches, vous ! Impossible en s’attardant sur un personnage, une péripétie ou une époque. Donc, tout est survolé… mais avec talent et subtilité (j’y reviendrai. Là, je critique. Les louanges, c’est pour après. Et puis laissez-moi écrire mon avis comme je l’entends, nom de Dieu). A propos de Dieu, justement (oufti, quel enchainement ! Tu l’avais pas vu venir, celui-là !) Il en sera bien entendu fort question dans cet album, sujet oblige. Et les premières planches tombent dans un prêchi-prêcha affolant (Waf, la mère qui pleure le départ de la chair de sa chair mais qui se résigne… sur l’exemple de Marie laissant Jésus courir les bois avec sa bande de potes). Par moment, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ce qu’un musulman dirait après lecture d’une œuvre qui, à l’occasion, encense la guerre sainte au nom d’un Dieu de miséricorde. Seulement, là aussi, le ton change en cours de récit, et le message devient en fin de compte bien plus nuancé (j’y reviendrai). Enfin, le défaut majeur, c’est l’accumulation d’informations sur un espace restreint. Les planches sont riches de cases et de texte. Les personnages se multiplient. Et finalement, il m’est bien difficile de retenir qui a fait quoi quand. Donc, après lecture, j’ai une petite vue d’ensemble mais certainement pas de quoi parler durant ne fusse que dix minutes (à moins d’apprendre ce livre par cœur). Et puis, il y a le dessin… Pas mauvais en soi, avec une réelle recherche de rigueur quant à la reconstitution historique mais aussi avec, à l’occasion, de gros problèmes de perspectives. Le style est vieillot et ne plaira qu’aux amateurs de moisi dans mon genre. Mais, comme vous l’aurez compris, cet album n’est pas dénué de qualités. Je dirais même que, dans le genre, et malgré ses défauts, il fait montre d’autant d’originalité que de soin. La grosse originalité réside dans cette fausse lignée de chevaliers que nous proposent de suivre les auteurs. Les Saint-Preux participent de pères en fils ou d’oncles en neveux à toutes les croisades… et j’y ai cru, à cette improbable lignée. Cette approche apporte une dimension romanesque à un récit par ailleurs purement historique. Ensuite, je ne peux nier le côté instructif. Le simple fait de voir sur une carte les différents parcours réalisés par les croisades est, à ce titre, très évocateur. Enfin, et malgré un départ sans nuance, le ton général du récit évolue au fil des croisades. L’aspect politique et mercantile n’est pas occulté et, surtout, jamais les musulmans ne sont montrés comme des barbares incultes. Bien au contraire ! Et si certains personnages chrétiens sont évoqués avec complaisance, l’Eglise, elle, ne sort pas grandie de cette lecture. Pas mal faite dans son genre, donc… même si ce genre montre à mes yeux des lacunes récurrentes. A lire si vous ne connaissez pas grand-chose au sujet et que vous aimeriez avoir une vue d’ensemble.

13/10/2011 (modifier)