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Les Cahiers (Un récit-témoignage d'Igort)

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 8 avis)

Après avoir exploré l'univers du polar, du jazz et des super héros décalés, Igort s'attaque à la bande dessinée de reportage avec le premier tome d'un diptyque consacré aux pays de l'ex-URSS. Il s'est rendu à maintes reprises en Ukraine, Russie et Sibérie. Les témoignages recueillis sur place révèlent un passé terrible, et un présent guère plus glorieux. Une plongée dans l'Histoire du XXè siècle qui permet de mieux comprendre ces pays qui se redécouvrent eux-mêmes.


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Après avoir exploré l'univers du polar, du jazz et des super héros décalés, Igort s'attaque à la bande dessinée de reportage avec le premier tome d'un diptyque consacré aux pays de l'ex-URSS. Il s'est rendu à maintes reprises en Ukraine, Russie et Sibérie. Les témoignages recueillis sur place révèlent un passé terrible, et un présent guère plus glorieux. Une plongée dans l'Histoire du XXè siècle qui permet de mieux comprendre ces pays qui se redécouvrent eux-mêmes. Le livre se composera de deux volumes, Cahiers ukrainiens et Cahiers russes. Une exploration sur le terrain pour comprendre ce qu'a été et comment a été vécu le rêve communiste de la Révolution à nos jours. Avec cette question : que reste-t-il de tout ça aujourd'hui, à l'heure de la commémoration de la chute du Mur ?

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Juin 2010
Statut histoire Une histoire par tome 2 tomes parus
Couverture de la série Les Cahiers (Un récit-témoignage d'Igort)

08/08/2010 | Ems
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L'avatar du posteur Noirdésir

Même si l’auteur est le même et que son travail documentaire cible plus ou moins des régions proches (en tout cas qui ont fait partie de l’ex-URSS), j’aurais personnellement classé ces deux albums comme deux one-shot distincts, puisqu’ils peuvent tout à fait se lire séparément l’un de l’autre. C’est globalement du documentaire coup de poing, comme le fait Joe Sacco (je préfère d’ailleurs le style de Sacco, même si Igort se met ici moins en scène), qui cherche à la fois à informer, mais aussi à faire réagir. En cela le logo d’Amnesty international sur Les cahiers russes confirme le caractère engagé du travail d’Igort. « Les Cahiers ukrainiens » sont un peu décousus, c’est une sorte d’assemblage de témoignages recueillis par l’auteur, et mis en images. Témoignages de personnes ayant vécu la famine des années 1930, orchestrée par Staline (ce triste épisode est le plus documenté ici, et sera de nouveau développé dans « Les Cahiers russes), l’horreur de l’occupation allemande, puis la « normalité » des kolkhozes, enfin la fin de l’URSS et la dégradation de la vie après la chute de l’URSS. Dans la réédition que j’ai lue, Igort a ajouté quelques témoignages sur la guerre menée par la Russie en Ukraine : cette dernière partie, écrite au même moment ou peu après Les Cahiers russes, s’en rapproche : évocation de l’action d’une journaliste activiste et menacée par les autorités, banalisation de la violence gratuite de la part de l’armée russe. « Les Cahiers russes » sont un hommage posthume à la personnalité et au travail de la journaliste russe Anna Politkoskaïa, assassinée pour la faire taire à Moscou. Igort poursuit ainsi le travail de témoignage et de dénonciation de celle-ci, autour des horreurs commises autour du conflit Tchétchène. Et là, en matière d’horreur, on n’est pas dans l’euphémisme – et on aimerait sincèrement que l’auteur ait inventé ce dont il parle, même si nous savons hélas que ce n’est que la triste et horrible réalité : les massacres gratuits, la torture sont devenus d’une banalité scandaleuse, au point que questionner les « dirigeants » à ce propos équivaut à risquer sa vie (Politkoskaïa a elle-même subi des actes de torture). C’est un témoignage à charge, édifiant sur la réalité de la démocratie russe de Poutine – et par là même de la complaisance des « démocraties » occidentales. Si ces deux albums sont différents, ils dénoncent tous les deux des horreurs passées, mais aussi bien présentes, et démontrent que l’Histoire bégaient souvent. C’est une lecture intéressante, même si la construction (surtout du premier album) hache un peu la lecture, et si le dessin d’Igort (qui mélange plusieurs styles, là aussi surtout dans le premier album) est assez froid, proche parfois des œuvres de propagande soviétiques des années 1930. C’est en tout cas à lire, pour le regard posé sur le passé plus ou moins proche, mais aussi pour ouvrir les yeux sur le présent et le futur… Note réelle 3,5/5.

04/03/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'aime bien les documentaires en bande dessinée et mes deux références dans ce domaine sont Guy Delisle et Joe Sacco. J'ai trouvé qu'Igort n'était pas mauvais, mais il n'est pas aussi talentueux que ses deux auteurs. Peut-être que j'aurais mieux si l'auteur s'était mise en scène et qu'on le voyait se promener en Ukraine et en Russie recueille des témoignages et vivent des expériences. Je trouve que le mélange de témoignages et de fait historiques n'est pas fait de manière fluide, particulièrement dans le premier tome. C'est intéressant, mais lire un témoignage d'une personne âgée racontant la vie en Ukraine durant les dernières décennies, puis lire consacré plusieurs pages sur la famine des années 30 et ensuite lire un autre témoignage d'une personne âgée qui raconte sa vie cela donne l'impression que l'auteur part dans tous les sens. Cela reste tout de mêmes des albums à lire si on s'intéresse à la Russie et ses environs.

27/11/2014 (modifier)
Par Thorn
Note: 4/5

Les cahiers Russes

Une BD choquante, crue, directe, sur les atrocités commises en Tchétchénie dans les années 2000, et la difficulté à en témoigner en Russie. J'ai déjà lu des BD sur des faits atroces, des guerres, Maus bien sûr, mais aussi plusieurs Aire Libre, aucune ne m'avait frappée ainsi. Il y a une combinaison terriblement efficace entre le texte et les illustrations. Le premier est principalement des textes-off, qui reprennent des témoignages directs, sans fioritures ni commentaires, que ce soit de victimes ou de soldats. Le ton est descriptif, journalistique. Les dessins, eux, sont très évocateurs. Parfois réalistes, parfois fantasmés, un trait simple et brut, des effets d'ambiance très visibles mais pas moins efficaces. Le résultat est à la fois très (trop) réel, et très prenant. Il y aussi le fait aussi de sentir que ça se passe tout près, dans le temps et dans l'espace. L'album dans son ensemble ne m'a pas convaincue, c'est très décousu, on a l'impression que l'auteur veut en venir quelque part alors qu'il s'agit plus d'une quête, pour cerner la personnalité et les motivations d'une journaliste, Anna Politvoskaïa, assassinée pour avoir étudié et raconté ce qui se passait là-bas. Quête qui ne mène à rien, qui va d'une anecdote sur un juif errant à un rappel de l'histoire de l'URSS, en passant par la biographie de grands auteurs russes, sans aboutir nulle part mais en s'arrêtant sur des récits vraiment durs, qui méritent de ne pas être niés ou oubliés. À la suite d'Anna, l'auteur prend le temps de parler également du vécu des bourreaux, et ce n'est pas le moins remuant. Il est frustrant d'avoir cette impression de ne faire que commencer à appréhender ce qu'est la "question Tchétchène", à travers ces récits, et en même temps, il y a-t-il une autre façon d'appréhender une telle histoire ? Je suis partagée sur la note à donner. Ce n'est pas une BD que je conseillerai à n'importe qui, clairement. Je trouve même que c'est un peu inconséquent de lui donner un titre si innocent, une couverture assez soft (enfin de face du moins), sans un gros avertissement pour les âmes sensibles préférant s'abstenir. Et en même temps, je salue ce que l'auteur a fait pour vulgariser les travaux d'Anna Politvoskaïa, cela semble si essentiel que nul ne puisse ignorer ce que peut recouvrir une guerre, même aujourd'hui, même dans un pays "développé", même contre des terroristes...

08/11/2014 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Si Futuropolis classe ces deux albums, Cahiers Ukrainiens et Cahiers Russes, dans la même série, c'est parce qu'ils partagent évidemment le même auteur, la même structure et la même façon d'aborder à l'aide de témoignages et de documentations des sujets historiques et très sérieux en lien avec les anciens pays de l'U.R.S.S. Le sujet du premier et du second sont cependant très différents quoique tout aussi noirs. Les Cahiers Ukrainiens aborde la situation ukrainienne des années 20 à nos jours. Pour ce faire, l'auteur a passé des mois sur place et a recueilli le témoignage de plusieurs vieilles personnes visiblement croisées dans la rue. Le thème le plus récurrent de cet album aborde la grande famine de 1932 et ses conséquences terribles sur la population locale. C'est un récit édifiant et souvent sordide malgré l'horreur de sa réalité. On se rend compte par ce récit et celui des années suivantes à quel point des auteurs de génocides tels qu'Hitler ou Pol Pot n'étaient finalement que de petits joueurs face à Staline. De tout cela, il ressort en tout cas une image très très noire de la vie en Ukraine et même encore de nos jours, avec de nouveaux fléaux tels que la mafia. C'est glauque, parfois un peu trop car on dirait que l'auteur fait précisément le choix de demander le témoignage des personnes les plus malheureuses et de n'aborder aucune possibilité de joie ou d'espoir dans ce pays. Je regrette aussi une narration un peu embrouillée ainsi que quelques mots oubliés dans les textes qui impactent la fluidité et la clarté de la lecture. Mais c'est en tout cas instructif et dur. Les Cahiers Russes, pour sa part, aborde en priorité le sujet de la guerre de Tchétchénie dans les années 2000 notamment par le biais du témoignage d'une amie et traductrice de la journaliste engagée et assassinée en 2006, Anna Politkovskaïa. Le récit est cette fois plus clair et plus fluide mais son sujet est peut-être encore plus noir. Ce sont des horreurs inhumaines qui sont dénoncées et racontées dans cet ouvrage. On savait que l'armée Russe perpétrait des actions hautement condamnables en toute impunité dans cette région mais les témoignages précis de cet album sont vraiment infâmes. Encore une fois, l'auteur ne laisse aucune part à la joie ou à l'espoir. Très dur et instructif, cet album ne s'adresse pas à tout le monde.

21/06/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5

Les cahiers ukrainiens est un récit illustré par Igort des témoignages d'Ukrainiens rencontrés dans la rue lors de ses voyages. Les plus anciens d'entre eux qui ont connu les heures sombres du pays lui rapportent des faits édifiants telle la famine orchestrée par Staline dans les années 30 pour soumettre les habitants à sa volonté communiste. Le pays n'était pas favorable à l'idée de collectivisation et pour contraindre les koulaks, c'est-à-dire les petits propriétaires à renoncer à leurs acquis, il mit en place ce qu'on peut qualifier d'un génocide organisé. Avec la révolution russe le moindre paysan qui a de quoi manger devient un koulak. Les images et les récits sont durs. On rapporte des faits de cannibalisme, de nécrophagie et une hausse naturelle des crimes et délit. Il est estimé que près de 5 millions de personnes seraient mortes par cet Holodomor, littéralement "extermination par la faim". Après la famine, le pays a connu la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des nazis et une nouvelle période difficile. Mais Igort révèle que depuis l'éclatement du bloc soviétique et la mise en place du capitalisme en Ukraine la vie n'est pas forcément plus rose. Elle est même pire pour certains qui regrettent l'époque du communisme. Les prix tiennent à l'écart et dans la pauvreté toute une partie de la population. C'est un éclairage intéressant sur un pays qui se développe, par exemple en accueillant cette année l'Euro de football, mais sclérosé par la mafia.

03/06/2012 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
L'avatar du posteur iannick

Franchement, je ne m’attendais pas du tout à lire un récit aussi sérieux et terrible que ça ! En feuilletant « Mémoires du temps de l’URSS, les cahiers ukrainiens », je pensais y découvrir des anecdotes rigolotes sur les habitants de ce pays et un carnet de voyage sympa sur cette contrée. En fait, c’est une bd réunissant les témoignages de ceux qui ont vécu l’holodomor que nous propose Igort. Qu’est ce que l’holodomor ? Ça se passe dans les années 1930, c’est un programme élaboré par Staline et son gouvernement pour « forcer » les ukrainiens à accepter la collectivisation. Comment ? En implantant volontairement la famine dans leur pays. Pour quel résultat ? Au moins un quart de la population ukrainienne fut décimé ! L’album se présente en plusieurs chapitres. A chaque chapitre, une personne raconte comment elle a vécu cette période dramatique. On y découvre aussi comment les ukrainiens ont traversé les divers faits (comme la seconde guerre mondiale, l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl), réformes et gouvernements jusqu’à nos jours… le moins qu’on peut dire, c’est que l’Ukraine est loin d’être pays moderne, il est loin aussi le temps où on disait que ce pays est le grenier à blé de l’Europe. Le lecteur y distinguera comment, aujourd’hui, les ukrainiens vivent la capitalisation de leur nation et les effets de la radioactivité. Je savais qu’il s’était passé « quelque chose de grave » en l’URSS lorsque Staline était au pouvoir mais je ne savais pas que ce fut à ce point terrifiant pour le peuple ukrainien. Quand je pense que tout cela s’est déroulé dans l’indifférence quasi générale des autres nations, ça donne une idée du comportement des politiciens et des populations à cette époque. Donc, la lecture de cette bd me fut salutaire : je vois désormais d’un œil nouveau le peuple ukrainien, mes opinions sur Staline et l’URSS ont aussi changé. Il faut aussi remercier Igort d’avoir conçu cet ouvrage car en réunissant tous ces rares témoignages, il contribue à faire en sorte que personne n’oublie ce génocide (oui, ce mot n’est pas trop fort !) dont furent victimes des millions d’ukrainiens. Deux choses m’ont « tiqué » en lisant cette bd : - Je n’aime pas trop ce genre de dessin mais je reconnais que le trait d’Igort colle bien au récit surtout au niveau de la mise en couleurs dont les tons sont rougeâtres et brunâtres. - La narration en voix off y est très présente. Souvent, j’ai eu l’impression de feuilleter un roman car de nombreux dessins ne servent qu’à illustrer les propos de l’auteur. J’y ai constaté également la présence de beaucoup de fautes grammaticales et de vocabulaires. Ce premier tome des « Mémoires du temps de l’URSS » m’est apparu très intéressant à lire. Cette bd contentera les lecteurs qui sont intéressés par les récits historiques même lorsqu’elle relate des faits qui se sont passés dans un pays étranger. Je doute fort que les bédéphiles qui n’apprécient généralement pas ce genre de récits trouveront leur bonheur en feuilletant cet album d’autant plus que l’auteur y raconte un terrible drame national avec toute la gravité qui se doit avec.

24/11/2010 (modifier)
Par jurin
Note: 3/5

Un bon livre documentaire qui m’a donné l’occasion de connaître l’histoire de l’Ukraine dans les années 30. Igort à travers des témoignages nous décrit l’holodomor, famine orchestrée par Staline et ses sbires pour contrer les Ukrainiens rétifs à la collectivisation. Cette famine coûta la vie au quart de la population. Cette famine fut conjuguée avec de nombreuses déportations en Sibérie. L’ensemble de l’ouvrage est de bonne facture, j’ai moins apprécié le témoignage de Nikolaï Vassilievitch qui est certainement émouvant mais pas complètement en adéquation avec le sujet traité. Je note aussi quelques imprécisions dans la rédaction. Le dessin est moyen, alternance de bon et de moins bon.

21/11/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Après la lecture du premier tome : Les cahiers ukrainiens C'est la seconde BD que je lis sur le passé de l'Ukraine. La première était La Vie secrète qui rappelait la triste période de la seconde guerre et les exactions des nazis en Ukraine. Ici, Igort va bien plus loin et raconte par le biais de témoignage de personnes encore vivantes l'histoire de l'Ukraine sur le vingtième siècle. Autant le dire tout de suite, c'est édifiant. Il y eu dans un premier temps l'arrivée du communisme et l'Holodomor au début des années 30, une famine provoquée par Staline décimant d'un quart la population. Ensuite, la seconde guerre mondiale brisa de nouveau le destin de ce peuple qui subit une dure répression des nazis. Pour enfoncer le clou, le pays ne s'en sort pas depuis la fin du mur de Berlin et l'arrivée du capitalisme, les prix sont prohibitifs et la mafia semble s'être sérieusement implantée. Le découpage de la BD se fait au fur et à mesure des témoignages, certains sont impressionnants, il est impossible d'imaginer avoir une vie plus difficile, cela donne l'impression de retrouver la vie de paysans plusieurs siècles auparavant quand ils n'étaient rien ou si peu. Le dessin est idéal pour ce genre de récit, la mise en couleur s'appuie surtout sur des couleurs beiges, brunes et rougeâtres. L'ensemble se lit facilement, c'est bien construit. Cet ouvrage est salutaire pour ce peuple et apporte un devoir de mémoire en rappelant ce qui se passait derrière le rideau de fer.

08/08/2010 (modifier)