Les Lecteurs

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Après le très remarqué Les Amis (collection Côtelette et nominé aux prix d’Angoulême 2009), François Ayroles revient à un système qu’il affectionne : les « gags » en une planche, faussement muets, où l’un des principaux ressorts humoristiques provient de l’aspect illisible du contenu des phylactères (des zigouigouis illisibles pouvant être remplacés par n’importe quel énoncé au cours de la lecture). Après Les Parleurs et Les Penseurs basés sur ce système, Ayroles attaque donc, avec cette troisième Mimolette bâtie sur le même principe, la catégorie des Lecteurs, mettant en quelque sorte en abyme son propre système, car que peuvent donc bien lire ces lecteurs dont l’univers est littéralement illisible ? S’ils lisent à voix haute, reproduisant les zigouigouis présupposés du livre, ces lecteurs font pleurer les enfants, endorment leur entourage ou sont remerciés par des coups de poing. Car comme toujours chez Ayroles, les rapports humains sont basés sur le conflit, la domination, ’incompréhension et la fatuité. Ici, si les personnages n’ont plus rien à dire, ils ont encore quelque chose à lire et tiennent fâcheusement à en faire profiter les autres. L’univers aphone d’Ayroles n’est pas loin de la dérision pessimiste d’un Beckett.


École européenne supérieure de l'image Mimolette

Après le très remarqué Les Amis (collection Côtelette et nominé aux prix d’Angoulême 2009), François Ayroles revient à un système qu’il affectionne : les « gags » en une planche, faussement muets, où l’un des principaux ressorts humoristiques provient de l’aspect illisible du contenu des phylactères (des zigouigouis illisibles pouvant être remplacés par n’importe quel énoncé au cours de la lecture). Après Les Parleurs et Les Penseurs basés sur ce système, Ayroles attaque donc, avec cette troisième Mimolette bâtie sur le même principe, la catégorie des Lecteurs, mettant en quelque sorte en abyme son propre système, car que peuvent donc bien lire ces lecteurs dont l’univers est littéralement illisible ? S’ils lisent à voix haute, reproduisant les zigouigouis présupposés du livre, ces lecteurs font pleurer les enfants, endorment leur entourage ou sont remerciés par des coups de poing. Car comme toujours chez Ayroles, les rapports humains sont basés sur le conflit, la domination, ’incompréhension et la fatuité. Ici, si les personnages n’ont plus rien à dire, ils ont encore quelque chose à lire et tiennent fâcheusement à en faire profiter les autres. L’univers aphone d’Ayroles n’est pas loin de la dérision pessimiste d’un Beckett.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2009
Statut histoire Strips - gags 1 tome paru
Couverture de la série Les Lecteurs
Les notes (3)
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14/11/2009 | cac
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L'avatar du posteur Noirdésir

François Ayroles est un des animateurs de l'oubapo au sein de l'Association, et son travail est souvent intéressant. Le plus souvent (c'est le cas ici), il utilise comme angle d'attaque le verbe, les mots, les lettres, qui sont ici à la fois absents et omniprésents. Absents, car l'album est quasiment muet (de vagues traits font parfois office de dialogues). Mais omniprésents, car c'est bien de la parole, du dialogue (ou de son absence), et bien sûr de la lecture dont il est question. Et Ayroles réussit à faire passer un grand nombre de mots, de réactions, de sentiments, sans que des lettres ne soient utilisées. Inégal mais efficace, son petit exercice est à découvrir, il ravira les amateurs du genre (dont je suis). Vite lu, mais avec plaisir, et donc recommandé !

24/08/2016 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

J'aime beaucoup le travail de François Ayroles. Ce nouveau one shot est dans la continuité de Les Penseurs en terme de qualité et d'inventivité. Il a un sens de l'observation aigu et sait mettre en strips les comportements humains avec intelligence. Ici, tout tourne autour des livres, pas seulement les lecteurs, mais aussi les auteurs. Il y a plusieurs strips mettant en scène un auteur en dédicace. "Les Lecteurs" est facile au niveau de la compréhension contrairement à une autre BD dans cette thématique : Les Parleurs. Le dessin est minimaliste, juste les personnages et le strict minimum en décor. C'est avant tout un travail d'oubapo fort bien réussi. C'est basique mais ça me touche. J'en redemande.

19/11/2009 (modifier)
Par cac
Note: 2/5

Le sentiment final est vraiment bof. Les lecteurs sont des gens comme vous et moi qui cherchent un livre dans les rayons, s'amusent ou s'ennuient de leur lecture ou de celle qui leur est faite. Encore une fois un exercice de la collection Mimolette qui malheureusement ne me séduit pas plus que ça. Par des planches toutes muettes où seuls quelques traits font paraître les éclats de voix des personnages, François Ayroles tente de décortiquer une population, lui-même étant lecteur mais également "producteur de lecture" si je puis dire. Il décortique les comportements observés, étonnamment souvent conflictuels, la lecture des uns dérangeant les autres. On le voit aussi en dédicace croquer les réactions étranges de ses visiteurs. Le dessin est simple, quelques traits sans décor, mais expressif car il délivre un message à lui-seul d'autant qu'il n'y a pas de texte. Pas déplaisant mais trop anecdotique et finalement peu drôle, cet ouvrage risque de ne pas plaire à la majorité de ses lecteurs.

14/11/2009 (modifier)