Le Chant des sabres

Note: 3/5
(3/5 pour 7 avis)

Dans une Asie quelque peu « fantasmée », un vieux chef de clan entraîne ses hommes dans une chute inexorable…


Couleur de peau : bleu

Quelque part en Asie, une Asie quelque peu fantastique, un vieux mandarin Fu zhu-Ing devenu fou, plonge les siens dans une guerre sans retour et impitoyable. Mais ce dernier dispose d'un serviteur, aveugle et dévoué ou inversement dévoué et aveugle, Eo-Eyon, qui le protégera contre son fils malgré ces actes de folies. Entre toutes ces batailles, il y a Eo-Yon, dont l'amour qu’il porte à sa femme est étrange et fantastique. Cette folie et cet amour conduira ces personnages vers un seul endroit, celui de la mort.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Mai 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Chant des sabres © Casterman 2008
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 7 avis)
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20/11/2008 | SaV
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Par Chalybs
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Il est rare que je sois en accord avec le texte de la présentation éditeur. Mais pour le coup, celle ci me correspond à 100%... Quelque part dans une Chine d’autrefois, fantasmatique et peut-être bien rêvée, le vieux mandarin Fu Zhu-Ing règne sur un royaume en déliquescence. L’opium se déverse sans retenue sur le pays, la révolte des Taiping gronde et peut-être bien que Fu Zhu-Ing n’a plus toute sa tête. Son fils se dresse contre lui, malgré la présence aux côtés du mandarin de So-eyon, garde du corps fidèle… Magnifique d’invention, d’audace et de liberté, Le Chant des sabres est une manière de poème haletant en bande dessinée, en même temps qu’une cavalcade graphique d’une inventivité inouïe. Magnifique. J’aime les couleurs, j’aime le découpage, j’aime la simplicité du trait, le tranché du trait, la symbolique des couleurs (rouge : la folie et la colère ; gris : le calme, l’apaisement, l'ennui ; bleu : la lucidité…), les couleurs utilisées. J’aime la mise en page, j’aime le rythme alternant violence et calme, j’aime le style de la narration. Même les passages violents m'ont semblé se dérouler calmement, presque sereinement ; je n'ai pas ressenti de haine. J’aime l’esprit et l’ambiance étrange qui se dégage de chaque page ; le léger souffle de folie qui plane au dessus de chacun des personnages, So-Eyon, le garde du corps, Jiang la fiancée au pouvoir insensé, absurde et inquiétant qui finira par prendre racine au sens propre, le mandarin, Fu Zhu-Ing fou, simplement, décadent. J’aime le style graphique soigné, tourmenté, radicalement original, alternant entre un sorte de découpage/collage, de hachuré, de crayonné simple mais pour moi terriblement efficace. Beau. L'histoire est poétique, lyrique, fantastique, cruelle, belle. Entre rêve, folie et dure réalité. A la limite du conte. Les lieux et le temps ne sont d'ailleurs pas vraiment fixés, sûrement fantasmés, sûrement aménagés pour l'occasion... En fait j'ai du mal à parler de l'histoire, du scénario, tellement mes émotions, mes sens ont pris le dessus. C'est une expérience rare pour ma part. Puissant. Une BD OVNI sûrement, étrange à tous les coups. Elle ne plaira pas à tout le monde, j'en conviens. Mais je suis conquis par ce mariage entre scénario/narration et graphisme déroutant.

16/11/2010 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Miranda

J'aurais plutôt classé cette bd dans le genre conte, car elle en a toutes les qualités : La poésie, le fantastique avec une femme-arbre, l'amour, la réflexion en fin d'ouvrage, - comprenez morale, mais je n'aime pas ce mot. Le Premier mouvement est assez déroutant, on est un peu perdu et on ne comprend pas trop où veut en venir Ozanam, mais tout s'éclaire au cours du Deuxième mouvement, ensuite on est littéralement happé par l'histoire jusqu'à la fin. Ce récit comporte une belle part de violence, retranscrite de façon très exagérée avec des corps mutilés souvent coupés en deux. L'atmosphère est stressante, la mort rode partout cherchant ses proies sans répit, parfois elle retient son couperet pour mieux l'abattre l'instant d'après. Un amour impalpable et vaporeux plane au-dessus de la guerre impitoyable que se font les personnages et apporte un peu de douceur à l'histoire. Une narration charmeuse accompagne le tout, lui donnant des airs de conte philosophique. C'est avant tout une bd d'ambiance, appuyée par un graphisme très particulier. Tout passe par un semblant de simplicité, mais ce n'est qu'un leurre car chaque case a été pensée et chaque élément trouve sa place avec précision. Les couleurs, sublimes et renversantes sont adaptées à chaque situation, le dessinateur en joue et en abuse pour mon plus grand plaisir. Une chose que j'aime chez Ozanam est qu'il sait trouver des dessinateurs originaux pour accompagner ses scénarios, il donne une chance à de nouveaux talents de se faire connaître. Il récidive ici avec Tentacle Eye, auteur à suivre de très près.

09/08/2009 (modifier)