L'Art selon Madame Goldgruber

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

La description dessinée du statut d'auteur par Malher à son contrôleur fiscal.


Autobiographie BD minimaliste Profession : bédéiste

Pour ce troisième volume de la collection Eprouvette dite "théorique" de L'Association, inaugurée en janvier 2005 par "Désoeuvré" et "Plates-Bandes", ce travail de Mahler tombait à point nommé. Commande d'une galerie d'Art Contemporain de Vienne, cette bande dessinée développe avec humour et amertume la question du statut de l'auteur de bandes dessinées par rapport au monde de l'Art. Un constat partout triste, mais dans le cas de Mahler, il faut ajouter qu'il est pratiquement le seul à faire ce genre de bandes dessinées en Autriche. A Vienne, Mahler semble donc être l'extra-terrestre numéro un, et son principal ennemi se trouve être Madame Goldgruber, car de cette inspectrice des Impôts seule dépend son abattement fiscal : encore faut-il que Mahler réussisse à prouver à Madame Goldgruber que ce qu'il fait est... de l'Art. Ce travail le plus autobiographique et le plus "écrit" de Mahler n'en est donc certainement pas.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Novembre 2005
Statut histoire Une histoire par tome 2 tomes parus
Couverture de la série L'Art selon Madame Goldgruber
Les notes (4)
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10/01/2006 | cac
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L'avatar du posteur Noirdésir

Mahler est un auteur très original, autant dans le fond que dans la forme de ses productions, aux dessins et aux « intrigues » ultra minimalistes. C’est souvent inégal, mais quasiment tout le temps intéressant. Toujours est-il que ces deux albums sont hautement recommandables. L’auteur autrichien y a mis beaucoup d’autobiographie (sa jeunesse, ses expériences cinématographiques, ses premiers pas dans la Bande Dessinée, etc.), pour nous présenter ces petites histoires, tournant autour du métier de bédéiste, des festivals, des expositions, bref, du regard que portent les autres sur ce qui est (ou pas ?) un art, le neuvième. Il y a beaucoup d’autodérision, un humour à la fois contenu mais aussi très efficace – plusieurs fois le rire s’est invité par surprise lors de ma lecture. Mahler, sur un ton souvent plus ou moins faussement désabusé, charge les milieux artistiques, les collectionneurs d’autographe – et la fonctionnaire chargée de traiter son dossier fiscal, madame Goldgruber donc. Même si cette dernière disparaît du second tome, celui-ci est du même très bon niveau que le premier ! L’humour de Mahler est certes particulier – on est loin des tartes à la crème ou de la déconne Fluide Glacial – mais il réussit ici à faire mouche, tout en développant des réflexions très intéressantes – alors même qu’il se moque des conférences théoriques auxquelles il a pu assister. A (re)découvrir !

01/11/2018 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Avis portant sur le seul tome : "L'Art selon Madame Goldgruber" C'est le second volume de la collection Eprouvette que je lis après Désoeuvré de Tronheim. Ils m'ont plus tous les deux sans se ressembler. Pourtant ils parlent indirectement de la BD dans sa globalité avec des sujets proches ou lointains. Mahler se dévoile dans cette BD. Il raconte douze moments de sa vie dans douze chapitres distincts. Il semble assez désabusé mais garde une certaine dérision sur ce milieu qui le fait vivre. Ses réflexions sont structurées et intéressantes. Ses anecdotes sont bien choisies. La lecture est prenante. On ne se rend pas compte des changements constants de sujets. Je vais suivre de près cette collection car elle apporte une vision différente de la BD.

12/07/2009 (modifier)
Par Cassidy
Note: 2/5

De Mahler, je n'avais lu que "Bad Job" que j'avais trouvé absolument sans intérêt. Néanmoins, intrigué par l'avis dithyrambique de cac sur BDT, j'ai voulu lire cet album par curiosité... et même s'il est plus intéressant que "Bad Job", à vrai dire il n'a réussi qu'à me rendre l'auteur encore plus antipathique. Ainsi donc, Mahler est dessinateur, peut-être un artiste, peut-être pas, il ne sait plus bien mais prétend n'en avoir rien à cirer (ce qui est faux, et typiquement une posture d' "aaaaaaartiiiiiiiste"). En tout cas, ce qu'il sait, c'est que les gens qui disent qu'il ne fait pas de l'art sont des béotiens qui n'y comprennent rien. Et que ceux qui pensent qu'il en fait sont des imbéciles. Au fil de la lecture, on découvre d'ailleurs qu'à peu près tout le monde, aux yeux de Mahler, est un béotien, un imbécile, un imposteur, un demeuré, un sale con. Les amateurs d'art sont des cons, les amateurs de BD sont des cons, tout le monde sont des cons (pour simplifier, hein), et tout le monde a des goûts de chiottes. Quant à lui, il est visiblement plus malin que tout le monde. Bon, après tout, pourquoi pas ? Jouer le misanthrope tout seul sur son rocher n'est pas condamnable en soi (à mes yeux du moins). Mais dans ce cas faut assumer, pas mendier la sympathie de son public avec ce côté "je ne suis qu'un pauvre artiste incompris, regardez ce que je dois subir". De la même façon, le plan "le pékin moyen ne comprend rien à l'art et ne sait dire que des conneries de café du commerce sur le sujet", ok, mais quand quelques pages plus tard, il se permet de dénigrer un confrère à l'aide d'un argument aussi fort et intelligent que "c'est moche et en plus tous mes copains pensent pareil que moi", on a plutôt envie de lui rire au nez que de rire avec lui, au père Mahler... Bref, hormis quelques passages qui contiennent des anecdotes un peu marrantes (ce qui fait que je ne mets pas la note minimum) dans l'ensemble cet album et son auteur m'ont été particulièrement désagréables.

21/04/2006 (modifier)
Par cac
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

J'ai adoré ce bouquin. C'est tout simplement hilarant, ça fait longtemps que je n'avais pas ri comme ça à la lecture d'un album. Je n'ai pas lu les 2 précédents opus de la collection Eprouvette, et à vrai dire ils ne m'attirent pas plus que ça. Si je ne m'abuse, la collection est sujette à regrouper des albums-réflexions sur la bande dessinée. Mahler le fait ici en une douzaine de chapitres alternant anecdotes autobiographiques - ses débuts dans une vidéothèque sont très drôles - et questionnements sur l'art. La bande dessinée est-elle un art ? Pas d'après madame Goldgruber le contrôleur fiscal de Mahler. Je n'avais pas spécialement accroché à Lone Racer une précédente lecture de Mahler, mais ici il a su me faire rire même si ses jugements sont parfois blasés sur la considération du commun des mortels envers la bande dessinée ou encore son regard sur la publicité l'associant à une vraie merde. Cet album a dû lui servir de défouloir d'une certaine manière, et bien tant mieux.

10/01/2006 (modifier)