Chroniques absurdes

Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 4 avis)

En plusieurs histoires courtes, Miguelanxo Prado dresse, à travers des situations quotidiennes qui virent à l'absurde, un portrait décapant de notre humaine condition.


Absurde Auteurs espagnols

C'est une véritable galerie de personnages incongrus que Prado nous invite à découvrir dans un monde délirant : mamies à chien-chien, voisins formidables, propriétaires véreux, supporters hargneux, policiers acharnés, difficile de trouver chez nos contemporains un peu de tolérance, de compassion ou de compréhension. Miguelanxo Prado dresse, à travers des situations quotidiennes qui virent à l'absurde, un portrait décapant de notre humaine condition. Le premier volume des "Chroniques Absurdes" reprend pour la première fois, dans l'ordre original de parution souhaité par l'auteur, des histoires courtes parues initialement aux Humanoides Associés dans les albums "Chienne de Vie" et "C'est du Sport", épuisés depuis quelques années. Le tome 2, édité en 2004 également, continue la compilation de ces histoires. Vieilles dames irrascibles, mères de famille acariâtres, ménagères rompues au close combat, électriciens procéduriers, automobililstes libidineux. Des histoires courtes de pure méchanceté !

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2004
Statut histoire Histoires courtes 3 tomes parus

Couverture de la série Chroniques absurdes © Dupuis 2004
Les notes
Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 4 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

21/10/2004 | Ro
Modifier


L'avatar du posteur Mac Arthur

Je suis passé par plusieurs états d’âme lors de ma lecture de ces chroniques absurdes. Le rejet, dans un premier temps. Je trouve en effet les premières histoires trop gratuitement spectaculaires. Bien sûr, c’est toute l’idée de Prado que de nous exposer les absurdités de notre société via ces scénettes exagérément démonstratives. Je ne pense cependant pas qu’il y avait lieu de systématiquement arracher les membres de ses personnages pour parvenir à nous transmettre ses idées. A force de tomber dans le spectaculaire démonstratif, le style de l’artiste en devient caricatural, ce qui dessert ses propos. Pourtant, le potentiel est là. Le trait de l’artiste n’est pas désagréable, son sens de l’observation est réel (mais mal exploité), et sa colorisation est même des plus réussies. Ensuite, j’ai trouvé que certaines situations étaient tout de même bien observées. Et les histoires les plus absurdement pertinentes m’ont fait revoir ma position. Malheureusement, on ne sortait pas encore du « bof » ou, dans le meilleur des cas, du « pas mal », une appréciation moyenne avant tout due à l’exagération injustifiée de certaines séquences (aaarghh, ces membres arrachés, cette violence totalement gratuite !) Au début du troisième tome (admirez au passage mon obstination vis-à-vis d’une série peu convaincante à mes yeux), je tombe enfin sous le charme. Certaines des premières histoires sont tout simplement excellentes de pertinence et de joyeux délire. Malheureusement, ce pic d’excellence sera de courte durée et, bien vite, la série retombera dans ses travers. La violence gratuite reprendra le dessus sur la critique absurde, et, à nouveau, j’oublierai la pertinence de l’artiste pour ne retenir que ses tendances trop démonstratives. En moyenne, je reste entre le « bof » et le « pas mal », sans plus, mais Prado a un potentiel manifeste, tant du point de vue graphique que scénaristique. Une plus grande subtilité et un style moins démonstratif à l’avenir devraient lui permettre de franchir un fameux palier.

07/10/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Trois opus où Miguelanxo Prado décrit de nombreux travers de notre société. C'est vrai, il donne de poignants coups de canif dans les vilaines manies (que nombreux croient bonnes), situations cruelles et absurdes que l'on feint parfois (souvent ?) d'ignorer. Où même que l'on ne voit plus du tout... par habitude. Manies, cruauté où même certains (et plus qu'on ne pense) s'y complaisent par bêtise et facilité... ou connerie. La caricature est ici dépassée, forcée. Le trait moral est tiré jusqu'à outrance, mais -et c'est cela qui est bien fait- sans jamais sombrer dans l'exagération. C'est méchant (très), réaliste (très) et ça m'a fait bien rire... mais c'est bien aussi ce qui m'a fait peur !... Chroniques de l'absurde où -peut-être- vous vous reconnaîtrez, ou un de vos proches, ou une de vos relations... Et ça donne à réfléchir... Non ?...

28/01/2007 (modifier)
Par Pierig
Note: 2/5
L'avatar du posteur Pierig

Inutile de spécifier que je n’ai pas trop accroché à l’humour caustique des Chroniques absurdes, série qui m’a pourtant été conseillée. Qu’on ne s’y trompe pas, je ne suis pas hermétique à ce genre d’humour. Je trouve simplement la violence de certains passages d’un goût douteux et purement gratuite. C’est une caricature des travers de notre société, certes, mais plutôt malsaine. De plus, le canevas sur lequel repose chaque histoire est identique, rendant celles-ci répétitives. Cependant, quelques histoires sortent du lot mais elles sont largement minoritaires. Le dessin, quant à lui, accuse le poids des ans. C’est pas mauvais, juste vieillot. Bref, je ne suis pas adepte de ce genre de satire. L’absurde dont il est question ici tient plus du mauvais goût que du non-sens.

31/01/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'avais déjà été charmé par le dessin de Prado par sa splendide participation à Sandman - Nuits Eternelles. Et là, de nouveau, j'apprécie beaucoup son style et surtout ses couleurs, même si on sent qu'à l'époque de première publication de ces Chroniques absurdes, il n'avait pas encore la maîtrise de son dessin actuel. Quoiqu'il en soit, ce sont des jolies planches très agréables à lire et à voir à mon goût. Concernant les scénarios, c'est un humour un peu particulier, très acide. Ces histoires courtes portent sur l'absurdité du monde moderne, la mesquinerie des hommes, des femmes, des vieilles femmes, etc... Ce sont souvent des histoires d'injustice, tout le monde qui se retourne contre une seule pauvre victime qui n'aura alors plus aucune chance de s'en sortir ni moralement ni physiquement. C'est parfois vraiment dur, avec un humour tellement discret qu'on se demande s'il faut rire, pleurer ou être outré par la méchanceté du monde dans lequel Prado plonge ses personnages. D'autres fois, l'humour est bien présent et on lit ses histoires (d'humour noir quand même) avec un franc sourire. Acide, cynique, et jolîment dessiné.

21/10/2004 (modifier)