Salvator Mundi
C'est l'histoire de la peinture la plus chère du monde.
Peinture et tableaux en bande dessinée
Jamais dans l'histoire économique, un bien n'a pris autant de valeur en si peu de temps. Depuis 2005, cette peinture aura été l'objet de maintes spéculations, de convoitises effrénées et d'invraisemblables imbroglios. Malgré une incertitude initiale sur sa paternité et sa restauration, le Salvator Mundi a été présenté comme une œuvre autographe de Leonard de Vinci, exposée comme telle, vendue puis revendue un demi-milliard, certifiée authentique par des experts de Christie's et quelques universitaires.
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| Date de parution | 08 Janvier 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
A la fin de cette lecture, j'ai immédiatement pensé à une autre situation saugrenue qui existe en ce moment et qui, bien que paraissant éloignée, est pourtant du même type : la folie des cartes pokemon. Car ici, il n'est pas réellement question d'art et d'authentification de tableau. Il est question de capitalisme, de gros sous, d'achats démesurés et de l'enthousiasme provoqué par une peinture. La question de l'art n'est que secondaire ... Je ne connaissais pas du tout l'histoire de cette BD, n'ayant pas spécialement été attentif à ces évènements lorsqu'ils sont survenus. Mais encore aujourd'hui, le tableau Salvator Mundi est le tableau vendu le plus cher au monde. Et toute la BD permet de mettre en lumière ce qu'il s'est passé avant et après cet achat démentiel (un demi-milliard !). Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est presque comiquement débile ! L'histoire est celle d'un tableau retrouvé, vendu, revendu et re-revendu, chaque fois pour une somme plus considérables et avec d'autres enjeux. Parce que l'idée sera progressivement de faire monter les attentes d'un public, jouer sur l'engouement et surtout acheter un bien positionnel. C'est une histoire de personnes qui veulent prouver quelque chose par la peinture, quitte à ne pas se soucier de la réalité. Après tout, on s'en fout de ce qu'est ce tableau ! Ce qui compte, c'est ce qu'il représente, ce qu'on veut y voir. Et surtout, il est important que ce tableau soit ce qu'on veut ! C'est là que cette histoire est folle : lorsqu'on voit arriver la politique dans le monde des tableaux, lorsque l'idée n'est plus d'avoir une peinture mais un outil politique. Désormais, les arts sont une façon de faire de la politique. La BD est servie par un dessin qui va très bien avec, j'ai trouvé que les caricatures sont très réussies. C'est un dessin très fonctionnel, suffisant pour qu'on suive très bien le déroulé narratif qui est prenant et surtout surprenant. J'ai dis plus haut que la BD m'a rappelé ce qui se joue aujourd'hui autour des cartes Pokemon, et je veux dire par là qu'il y a les mêmes mécaniques à l’œuvre : création d'un engouement artificiel, gonflement des prix et arnaques aux reventes, personnes qui profitent de l'ensemble en faisant les intermédiaires pour rafler une partie des mises ... En fait, c'est une démonstration de la force du capitalisme qui peut faire de l'argent sur tout, sans jamais s'intéresser à la valeur intrinsèque de la chose en question. Et cette BD démontre que tout ceci est un système qui déborde largement du monde de l'art : au final, la question nous touchera d'une façon ou d'une autre ....
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