Box - Qu'y a-t-il dans la boîte ? (Box hako no naka ni nani ka iru)

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Après Umezu et Junji Ito, le retour tant attendu d’un maitre du manga d’horreur et d’anticipation.


Kodansha L'horreur en bande dessinée Les petits éditeurs indépendants

Après avoir chacun reçu un mystérieux paquet contenant un casse-tête, sept inconnus, rejoints par une huitième personne à la curiosité dévorante, se retrouvent devant un étrange bâtiment cubique. Accueillis par une jolie fillette aux allures de poupée, ils se retrouvent piégés dans un labyrinthe invraisemblable dont ils ne pourront sortir qu’en déployant toute leur ingéniosité pour résoudre des énigmes défiant l’imagination !

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Septembre 2022
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus

Couverture de la série Box - Qu'y a-t-il dans la boîte ? © Le Lezard Noir 2022
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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07/04/2026 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Je découvre Daijiro Morohoshi avec cette série, que j’ai empruntée au hasard, faisant confiance au Lézard Noir pour me proposer quelque chose d’original. Le récit de Morohoshi s’inscrit dans une veine fantastique qui, peu à peu vire à l’angoisse, voire à l’horreur, comme a pu le développer dans moult séries quelqu’un comme Junji Ito. Les amateurs de ce dernier trouveront sans doute leur compte dans cette série, qui nous entraine dans un huis-clos oppressant. Quelques personnages qui ne se connaissent pas ont tous subi la même terrible et déroutante expérience : ayant reçu un casse-tête (du simple Rubik’s Cube à quelque chose de plus élaboré, en passant par des mots croisés), la résolution de ce casse-tête a entrainé un phénomène étrange et inquiétant, la disparition d’une partie d’un paysage/décor connu, ou d’une partie de corps d’un familier (ou de son propre corps). Toutes ces parties manquantes sont devenues invisibles, tout en n’ayant pas réellement disparu. Tous les personnages ayant vécu cette expérience sont invités à se trouver devant un bâtiment mystérieux (en forme d’une grande boîte – d’où le titre de la série), une porte s’ouvre, ils entrent, invités par une mystérieuse jeune fille, Kyoko. Et là ils découvrent qu’ils sont prisonniers de cette structure, aux airs de labyrinthe, et qu’ils ne pourront en sortir qu’en résolvant d’autres énigmes. La suite est donc une sorte d’escape game morbide, dans lequel la tension va monter régulièrement, l’angoisse, le fantastique étant de plus en plus imprégné d’ero-guro grotesque. Morohoshi entretient le côté ludique en livrant en fin de chaque chapitre des solutions aux énigmes et impasses auxquelles ont été confrontés les personnages (et même de nombreux jeux type « 7 différences », jeux d’illusions, énigmes en tous genre, etc.). Le personnage de Kyôko, qui apparait/disparait régulièrement, mais aussi ses apparitions ponctuelles à côté d’une case, la jeune fille jouant le rôle de « maîtresse du jeu », commentant action ou dialogues de certains protagonistes, apportent un peu d’humour et ou de fraicheur à une intrigue par ailleurs plutôt asphyxiante. Le fait que Morohoshi joue constamment sur des lignes géométriques pour le décor – épuré – voire sur des cubes, renforce le côté froid et l’unité du récit. Un récit qui s’écarte de plus en plus d’une réalité cartésienne (même les monstres apparaissent comme du Yokaïs difformes improbables). Le troisième tome fait de très nombreuses références au travail d’Escher, ce qui accentue le côté absurde et froid, le côté faux et piégeux de ce qui se présente visuellement comme la réalité. Le dessin est simple et classique, relativement épuré (là aussi proche de ce que propose Ito). Les yeux de certains personnages sont parfois un chouia trop gros par contre, avec un rendu donnant l’impression qu’ils sont maquillés). Au final je dois dire qu’il y a quand même certaines redites, quelques longueurs. Mais l’auteur a su exploiter son idée de départ et en faire un récit mêlant angoisse et aspects ludiques, ces derniers compensant les longueurs évoquées plus hauts. Une lecture détente pas désagréable, dans un style faisant un peu penser à Ito, mais en moins morbide, sans doute en plus « sage ».

07/04/2026 (modifier)