Mauvaise fortune
États-Unis – Mexique, années 1910. Morning Bird, jeune autochtone rescapé du massacre de sa communauté, et Adelita, révolutionnaire insoumise, voient leur destin basculer.
1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Bichromie Les petits éditeurs indépendants
Pris dans les rouages d’une machination habilement orchestrée par des hommes d’affaires avides de pouvoir et d’argent, ils vont croiser sur leur route une foule d’anonymes aveuglés par la soif de fortune. Toutes et tous en quête d’une vie meilleure. Mais à quel prix ? Western politique et fable sociale, Mauvaise fortune révèle un monde régi par le profit où tous les coups sont permis.
| Scénario | |
| Dessin | |
|
Editeur
|
|
|
Genre
/
Public
/
Type
|
|
| Date de parution | 19 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Je ne suis pas très western, peut-être que je m'extasie sur quelque chose que l'on retrouve mine de rien bien souvent dans le genre, mais j'avoue avoir beaucoup apprécié cet album. On est loin de l'image propre de la conquête de l'ouest, pour tout dire l'ouest semble déjà avoir été conquis : les populations natives ont été écrasées, éliminées, assimilées, les révolutions ont été tues ou amalgamées par le statu quo instauré par les puissants, le pouvoir et le destin de milliers de vies résident entre les mains d'une poignée de richous ne quittant jamais le sommet de leur tour d'ivoire. On suit l'histoire de deux personnages, un jeune amérindien du nom de Morning Bird désormais orphelin errant à travers l'ouest, et une mexicaine du nom d'Adelita (dont je me contenterais du début de nom, non pas par dénigrement culturel mais par crainte de faire des phrases trop longues - dis-je dans une loghorrée désormais habituelle) ayant subi les désillusions sexistes et rétrogrades après avoir tenté de participer à une révolte.. On traite de la froideur et de la cruauté de cette époque, de l'horreur que subissent les populations jugées comme "inférieures", on aborde aussi le cynisme et le degré de manipulation jusqu'où certaines personnes sont prêtes à aller pour conserver le statu quo, ... Bref, c'est intéressant. J'avoue tout de même, léger petit défaut, que je n'aurais pas dit non à ce que tout cela soit davantage développé, que l'on s'étende plus sur nos personnages et leur situation on ne peut plus cruelle. Après, je l'avoue, le côté "récit éclair de vengeance n'ayant pas eu de conséquence lourde en apparence mais faisant tout de même passer un message à qui veut l'entendre" a son charme. Le dessin de Fano Loco est atypique, son traitement des visages et des proportions des corps est assez original, j'avoue que j'aime plutôt bien. Son trait épais et ses visages durs, joints au joli travail de bichromie, appuient bien le caractère sale et noir de l'histoire. Allez, je suis généreuse, j'arrondis au supérieur. (Note réelle 3,5).
Il y a des qualités dans ce récit, et j’aurais vraiment voulu mieux noter cet album. Mais la narration un peu décousue, et certains passages peut-être un peu trop elliptiques m’ont un peu freiné. Surtout, j’ai l’impression d’un empilement de bonnes idées, de causes à défendre, qui auraient gagné à être creusées, ou à être plus « individualisées ». Mais ça reste quand même quelque chose d’original. Un western crépusculaire. Parce qu’il se déroule dans les toutes premières années du XXème siècle. Mais aussi parce que noir, sonnant la fin d’un monde, et l’entrée dans l’ère du pognon, du capitalisme roi, du cynisme moteur, au détriment de l’humain, des minorités (ici indiennes) et des femmes. Et ce sont un Indien rescapé du massacre de son peuple, et une femme ayant perdu ses illusions au cœur d’une révolution, que nous suivons. Embarqués dans une sorte de cirque consumériste, orchestré par de cyniques hommes d’affaire spéculant sur la faiblesse des pauvres du haut de leur gratte-ciel, ils ne sont que les marionnettes d’un spectacle affreux. Sexisme/misogynie, racisme, lutte des classes, on voit que l’auteur a placé cette histoire sous des lumières « engagées ». La présentation est parfois brutale, sans transition (comme lorsque des capitalistes veulent se débarrasser des Indiens récalcitrants – dans une scène qui n’est pas sans rappeler le massacre de Wounded Knee). Malgré les quelques défauts pointés plus haut, les sujets brassés rendent la lecture intéressante. Et le dessin au scalpel, la bichromie usant d’un marron « doré », ajoutent à l’originalité de cet album, qui sort des sentiers battus.
Site réalisé avec CodeIgniter, jQuery, Bootstrap, fancyBox, Open Iconic, typeahead.js, Google Charts, Google Maps, echo
Copyright © 2001 - 2026 BDTheque | Contact | Les cookies sur le site | Les stats du site
© NADA 2025